Cet article est traduit de l'anglais par EurActiv Bruxelles, partiellement ou en intégralité (article source).
« Un grand nombre » d’obligations grecques pourraient être passé des institutions financières participant à l’initiative volontaire du secteur privé à d’autres établissements qui parient sur le defaut de paiement du pays. Cela mettrait les négociations en danger, a expliqué à EurActiv un grand économiste.
Il est impossible d'évaluer l'ampleur de cette « migration » des obligations depuis que les négociations sur l’initiative du secteur privé ont commencé l'année dernière, en raison du manque de transparence sur les marchés, a expliqué Sony Kapoor, le directeur général du groupe de réflexion économique Re-Define.
Les négociateurs en chef Charles Dallara et Jean Lemierre (les co-présidents du comité directeur de l'Institut de la finance internationale (IIF), un organisme qui représente les investisseurs privés ont quitté Athènes vendredi dernier (13 janvier), en affirmant que les autres parties à l'accord n'avaient pas respecté leurs conditions.
Conflit entre les créanciers
L'accord proposé vise à convaincre les créanciers d'échanger leurs obligations contre de nouvelles dont la valeur nominale serait divisée par deux et qui viendraient à échéance dans de nombreuses années. Selon les autorités grecques, 206 milliards d'euros pourraient faire l'objet d'échange. Si tous les créanciers participent à cette opération, ils récupéreraient 103 milliards d'euros de nouvelles obligations.
Il existe toutefois un conflit entre ces créanciers, représentés par l'IIF dans les négociations, dans la mesure où certains d'entre eux prennent la réduction de la dette au sérieux alors que d'autres misent sur la faillite du pays.
Ce conflit a été évoqué par Peter Sutherland, ancien commissaire européen à la concurrence (1985-1989), lors de son discours au séminaire du European Policy Centre ce lundi (16 janvier).
Selon M. Sutherland, l'implication des créanciers privés dans l'initiative du secteur privé était « absolument essentielle », car certaines institutions disposent également de contrats d'échange sur risque de crédit comme garantie contre l'insolvabilité de la Grèce. Elles ont donc « intérêt à voir la Grèce faire défaut ».
M. Kapoor a déclaré que cet intérêt des créanciers qui attendent simplement le défaut de paiement agaçait ceux qui sont disposés à prendre part à l'accord et représentait l'une des raisons principales de la rupture des négociations la semaine dernière.
« Il s'agit d'un problème classique d'action collective », a-t-il affirmé. « D'une manière collective, l'accord volontaire est dans l'intérêt de certains créanciers. Mais si 90 % des obligations étaient échangées volontairement contre 10 %, la Grèce ne ferait certainement pas défaut et ces 10 % pourraient s'avérer très rentables », a ajouté M. Kapoor en expliquant la colère de ceux qui souhaitent participer à l'accord.
MM. Dallara et Lemierre reviendront à Athènes
Un porte-parole de l'IIF interrogé par EurActiv s'est refusé à tout commentaire quant à l'idée qu'un nombre élevé d'obligations migrait vers des institutions couvertes par des contrats d'échange sur risque de crédit. Le porte-parole a déclaré : « La priorité actuelle des négociateurs représentant les investisseurs institutionnels majeurs est de déterminer si un accord quelconque est envisageable. Le cas échéant, la prochaine étape sera de faire en sorte qu’autant d'investisseurs que possible y participent ».
Les négociateurs de l'IIF, MM. Dallara et Lemierre, ont confirmé hier (17 janvier) qu'ils retourneraient à Athènes aujourd'hui pour reprendre les discussions avec le gouvernement grec.
Dans le même temps, l'agence de notation de crédit Fitch a déclaré mardi que la Grèce serait dans l'incapacité de rembourser sa dette. Selon l'agence, cette faillite se produira toutefois de manière ordonnée.
« Cela va se produire. La Grèce est insolvable, elle va donc faire défaut », a déclaré à Reuters Edward Parker, le directeur général de Fitch pour les groupes souverains en Europe, Moyen-Orient et Afrique, en marge d'une conférence à Stockholm.




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