Le président de la Commission européenne a réagi à la décision de l'agence Moody's de dégrader la note du Portugal de quatre crans.
Revue de presse
Le Figaro
Barnier prévient les agences de notation
La Commission européenne a vivement critiqué, mercredi 6 juillet, la décision de Moody's de placer la note du Portugal en catégorie spéculative et a prévenu qu'elle allait désormais sévir contre les agences de notations.
Le président de l'exécutif communautaire, José Manuel Barroso, a accusé les trois agences Standard & Poor's (McGraw Hill), Moody's et Fitch (Fimalac) d'encourager la spéculation au sein de la zone euro. Il a ajouté qu'il était souhaitable de les rendre responsables devant les juridictions civiles et de les mettre en concurrence avec une nouvelle agence européenne.
Confusion
Ce n'est pas la première fois que la Commission s'attaque de front aux agences, mais sans succès jusqu'à maintenant. En mars, les commissaires Olli Rehn et Michel Barnier avaient publié un communiqué commun reprenant ces différentes pistes après un abaissement des notes espagnole et grecque, déjà par Moody's.
"Nous regrettons profondément la décision d'une agence de notation d'abaisser la note portugaise. Nous regrettons ce fait, nous regrettons aussi la méthodologie choisie et la date choisie", a dit José Manuel Barroso lors d'une conférence de presse, à Strasbourg.
"Franchement, les décisions prises hier par une agence de notation n'ajoutent pas à la clarté et à la transparence. Elles ajoutent un élément spéculatif supplémentaire à la situation", a-t-il poursuivi, rappelant que les agences de notations n'étaient "pas infaillibles" et n'avaient pas réussi à anticiper convenablement la crise de 2008.
De manière simultanée, un porte-parole de la Commission a jugé que cette décision était un "épisode regrettable" et mettait en évidence le "comportement contestable" des agences.
Responsables civilement
Les relations entre les agences de notation et les autorités européennes se sont considérablement tendues depuis le début de la crise grecque fin 2009. L'UE accuse Fitch, Moody's et Standard & Poor's d'avoir un biais négatif vis-à-vis des plans de soutien européens à la Grèce, au Portugal et à l'Irlande.
Deux mesures de régulation ont déjà été adoptées. Elles obligent les agences à s'enregistrer pour exercer dans l'UE et celles-ci sont désormais placées sous la supervision de la nouvelle Autorité européenne des marchés financiers (AEMF), qui peut aller jusqu'à leur retirer leur licence en cas de non respect des règles.
Mercredi, le commissaire européen au Marché intérieur, Michel Barnier, leur a lancé un avertissement à peine voilé au sujet de cette possibilité.
"J'invite les agences, sous le contrôle des superviseurs, à être extrêmement vigilantes au plein respect des règles en vigueur et à évaluer avec objectivité et lucidité la situation des pays qu'elles notent", a-t-il dit dans une déclaration écrite, tout en insistant sur le fait qu'elles s'étaient déjà "lourdement trompées dans un passé récent".
Peu de chances d'aboutir
Il a par ailleurs indiqué qu'il était légitime de s'interroger sur l'opportunité de suspendre la notation d'un pays bénéficiant d'un plan d'aide international et que cet aspect serait traité dans une nouvelle régulation européenne du secteur qui sera présentée à l'automne.
Même si cette réforme est réclamée par une majorité d'Etats membres de l'UE et par les eurodéputés, elle a toutefois peu de chance d'aboutir rapidement.
Suspendre la notation d'un pays bénéficiant d'un plan d'aide ou rendre les agences civilement responsables se heurte à une série de problèmes techniques et les points de vue sont extrêmement divergents sur la forme et les missions d'une éventuelle agence européenne, indique-t-on à Bruxelles.





Réactions
Robert Bidochon (non vérifié), le 07/07/2011
Qu'est-ce qui empèche la Commission auropéenne de légiférer sur ces agences ?
La Loi européenne pourrait proposer des solutions pour répondre aux quesremarques ou questions suivantes :
1 - Il est sans précédent sur la planète qu'un homme seul (ou une petite équipe) puisse délivrer un certificat de solvabilité à un pays, avec les conséquences financières et donc fiscales immédiates pour les citoyens, sans aucun contre pouvoir, sans aucun droit de réponse préalable, émanant des citoyens.
Cela semble totalement inouï dans une démocratie. Cela paraît même contraire aux droits de l’Homme. Ces décisions peuvent précipiter des citoyens dans la pauvreté et la misère, et, si l’histoire donne finalement tort aux prédictions des agences … Eh bien tant pis. C’est complètement fou.
2 - On ne sait rien sur la moralité des collaborateurs de ces agences, qui, au minimum devraient prêter serment dans les pays qu’ils examinent, avec les conséquences que cela entraînerait en cas de non respect des termes du serment. On sait seulement que dans le passé, ces agences se sont vautrées dans les conflits d’intérêts (Au fait, les équipes qui ont failli dans les années précédant la crise ont-elles été licenciées ?)
3 - On ne sait rien non plus sur leurs clients, ni les cahiers des charges qu’ils leurs imposent. Elles n’ont même pas un correspondant officiellement déclaré dans chacun des pays jugés, qui serait leur représentant pénalement responsable, en cas de faute.
4 - Bien sur, cela n’arrivera jamais en Europe,… mais, si des oligarques malhonnêtes (hélas cela existe) souhaitaient racheter à bas prix les meilleurs actifs des pays en difficultés, le scénario ne se déroulerait pas autrement. Il faut anticiper ce problème, car de nombreux actifs grecs vont être bientôt vendus. Or, dans certains pays, des oligarques se sont considérablement enrichis à l’occasion de privatisations….
5 - Il est clair qu’un débat dans les Parlement des 27 pays et au Parlement européen sur ce sujet s’impose, et d’urgence. Il devra êtr suivi d'une propositons législative de le Commisison,.
6 - Il est inouï de constater qu'à ce jour, rien n'a été fait.
C'est un exemple typique de ce que l'on appelle "la mondialisation par le vide politique".
Robert BIDOCHON
Réagissez