Tel est pris qui croyait prendre? Depuis deux ans, les trois grandes agences de notation sanctionnent les pays européens pour la mauvaise gestion de leurs finances publiques et les voilà maintenant sous surveillance européenne.

L'Autorité européenne des marchés financiers (AEMF) a annoncé, mardi 6 décembre, qu’elle avait dépêché des inspecteurs dans les locaux de Standard & Poor’s, Fitch Ratings et Moody’s, début novembre, afin d’examiner la manière dont elles notent les dettes souveraines. 

"Procédure de rating saine" 

L’enquête se poursuivra jusque fin décembre et devrait aboutir à la publication d’un rapport au plus tard en avril 2012, selon des informations de la Tribune.

"[Les agences] doivent prouver que leur procédure de rating est saine, […] dépourvue de conflits d'intérêts et qu'elles ont un règlement interne approprié", a expliqué un porte-parole de l’agence de supervision européenne, créée cette année. "S'il arrivait que nous détections une infraction, l'AEMF aurait le pouvoir de mettre les agences à l'amende et de suspendre leurs notations; nous pourrions même retirer leur licence", a-t-il poursuivi.  

Standard & Poor's critiqué

Une démarche qui prend tout son sens dans un contexte d’aggravation de la crise de la dette et alors que Standard & Poor's a menacé, lundi 5 décembre, d’abaisser la note souveraine de 15 pays de la zone euro, dont la France et l’Allemagne.

L'agence de notation a fait l'objet de vives critiques, mardi, après avoir annoncé sa décision à quelques jours seulement d’un (énième) sommet crucial pour la zone euro.

Le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, a notamment accusé les agences d’avoir été «l’un des éléments moteurs de la crise en 2008 ». Ces dernières avaient en effet noté « AAA » des actifs qui se sont finalement avérés toxiques. Il estime que la méthodologie de S&P est devenue plus politique qu’économique.