Vigie 2012
Austérité et votes se conjuguent en Europe
Pour cette dernière semaine, Les Echos prend la tête de ce classement suivi de près par Le Monde. La Croix se hisse à la troisième place du podium, devant Libération. Enfin, Le Figaro poursuit sa dégringolade et tombe cette semaine du 30 avril en dernière position.
Hollande, Europe et Allemagne : les trois tags de la semaine
Bernard Guetta dans Libération juge que « sur l'UE, Hollande eut l'avantage » et voit le candidat socialiste en « fils spirituel de Jacques Delors ». Il aurait « tout pour trouver un langage commun avec l'ensemble des Européens et parvenir à un compromis porteur entre libéraux et sociaux-démocrates ». Toujours dans Libération, l'économiste Thomas Piketty tacle : « Sarkozy a menti sur l'Allemagne ». En autre, il a « essayé de faire croire qu'il n'avait pas fait de cadeaux aux riches, alors que la France est le seul pays de l'Union européenne à avoir allégé la fiscalité des très hauts patrimoines en pleine crise des finances publiques ! ».
Les Echos se montre plus prudent : « Hollande est-il si dangereux pour l'Europe ? ». « La réponse ne peut pas être totalement négative. En Irlande, en Espagne, en Italie ou en Grèce, on attend beaucoup de son élection ».
En tout cas, l'Allemagne était bien au cœur de toutes les comparaisons européennes. Comme le souligne également Le Monde, « le "modèle allemand" a marqué le début du débat des deux candidats, mercredi 2 mai, comme il avait marqué le début de la campagne. Jusqu'à présent, il avait surtout été mis en avant par Nicolas Sarkozy ». Vigie 2012 avait dressé le même constat lors de son premier bilan et le nombre de comparaisons avec l'Allemagne le confirme.
Vote sanction contre l'austérité en Europe
« Les Grecs se prononcent sur le plan d'austérité » titre le dossier en Une de La Croix. L'article « Les Grecs votent pour ou contre l'austérité », après avoir rappelé la proposition de Papandréou, l'ancien premier ministre, d'un référendum sur les mesures en octobre dernier, explique que « le scrutin du 6 mai prend « des allures d'une consultation sur ce sujet qui frappe et divise les Grecs », le mémorandum. « Mené par Antonis Samaras – demeuré en dehors du gouvernement –, le parti de centre droit fait campagne en miroitant qu'il dispose encore de marges de manœuvre pour adoucir la cure d'austérité ». Un nouveau paysage politique se profile déjà, dans lequel le Pasok serait la « future antiquité politique ? » et « l'extrême droite grecque renforcée par le rejet de l'immigration ». Pour Le Figaro, « la Grèce joue son avenir européen dans les urnes » où « la sagesse politique n'a plus vraiment cours ».
Partout en Europe, le 1er mai a été le catalyseur de mobilisations contre l'austérité, et particulièrement en Espagne. « La Fête du travail ne pouvait être marquée en Espagne que par la colère et l'indignation, si ce n'est le désespoir des manifestants, alors qu'a été annoncé, vendredi 27 avril, un nouveau record de chômage, à 24,4% de la population active ».
Pendant ce temps, « les milliardaires anglais ne connaissent pas la crise ». C'est Le Figaro et La Croix qui soulignent ce fait. « La fortune cumulée des 1000 plus riches de Grande-Bretagne a augmenté 4,7 % l'an dernier - alors que le revenu moyen dans le pays baissait de 1,8 %. Le Royaume-Uni compte désormais 77 milliardaires en livres sterling. »
« Mario Draghi précise son pacte de croissance ». La stratégie de réduction des déficits doit mettre l'accent « sur une diminution des dépenses courantes (et non des investissements publics) plutôt que sur des relèvements d'impôts », a estimé le président de la BCE, lors du conseil mensuel des gouverneurs de la Banque centrale européenne » qui avait justement lieu au cœur de la crise, en Espagne. Il n'existe donc pour lui « aucune contradiction entre « pacte de croissance » et « pacte budgétaire » ».
Loin des yeux, mais près de la crise
« La crise de la dette souveraine déstabilise les gouvernements d'Europe centrale ». Les Echos se penchent sur des pays qui ont d'habitude peu de places dans les colonnes des journaux français. « Après la chute précoce du gouvernement slovaque de centre-droit, l'instabilité politique qui se prolonge en Slovénie et les difficultés budgétaires persistantes auxquelles est confronté l'exécutif hongrois, c'est au tour de la République tchèque et de la Roumanie de plonger dans la crise politique. Prague vient d'éviter non sans mal les élections anticipées après l'annonce de nouvelles mesures d'austérité visant à ramener le déficit budgétaire dans la limite de 3 % du PIB fin 2013. Des mesures qui comprennent notamment la réforme du système des retraites et des hausses d'impôts. »
Des manifestations contre la libéralisation prenaient de l'ampleur en Roumanie, indiquait Le Monde dernièrement. La Croix creuse le sujet. « Le gouvernement roumain chute, sur fond de crise économique ». Le gouvernement de centre droit a été renversé par une motion de censure déposée par l'opposition des sociaux-démocrates, des conservateurs et des libéraux en raison des réformes de restrictions budgétaires et de privatisations. Victor Ponta, social-démocrate, a été nommé premier ministre, et a déjà pris rendez-vous avec le FMI pour rassurer les investisseurs étrangers dont a besoin la Roumanie.
Encore plus loin, le futur 29ème membre de l'Union européenne, « vit sa première campagne "apaisée", avec l'Europe pour horizon ». Le président serbe Boris Tadic devrait remporter ce troisième mandat. Le Monde juge que « la Serbie vit la campagne électorale la plus ennuyeuse de son histoire ». Les choses sont en tout cas plus mouvementées près de la frontière. Les tensions n'ont cessé de monter entre les autorités de Pristina et « les irréductibles Serbes du Kosovo ».
Le thème du chômage en Europe marque la fin de campagne
Pour cette dernière semaine de campagne et ultime éditorial JT, les scores redescendent dans la moyenne.
Cette semaine du 30 avril 2012, TF1 reprend la tête de ce classement avec 7 minutes d'informations sur l'Europe. France 2 faiblit, avec seulement 3 minutes. Enfin, France 3 occulte complétement l'information européenne.
Chômage et croissance, les deux thèmes de la semaine
Lundi, le journal de TF1 consacre un reportage à l'augmentation du chômage dans le monde. Selon l'Organisation Internationale du Travail, six millions de personnes dans le monde perdront leur emploi en 2012, « portant le nombre de chômeurs dans le monde à 202 millions ». Cette forte hausse du chômage est, selon l'OIT, la conséquence des politiques d'austérité mise en place dans un grand nombre de pays. La journaliste souligne que c'est en Europe que la situation est particulièrement préoccupante : « le chômage flambe dans de nombreux pays, en France, il flirte avec les 10% et en Espagne dépasse les 24% ». L'OIT encourage donc les gouvernements à mettre en place rapidement des plans de relance.
Un autre reportage est ensuite consacré à la fraude fiscale en Espagne. Le pays replonge dans la récession puisqu'il s'agit du deuxième trimestre consécutif de baisse du PIB. Pour récupérer les milliards d'euros qui échappent aux caisses de l'Etat, le pays a « lancé un vaste plan contre l'économie souterraine ». Selon le journaliste, près de 20% du PIB espagnol échapperait à l'impôt, en raison des très nombreux paiements et rémunérations en liquide. En ces temps de crise, le gouvernement a donc décidé de prendre des mesures pour enrayer « ce gigantesque manque à gagner ». Les contrôles fiscaux « nombreux et poussés » se multiplient et l'Etat espère ainsi récupérer 7 à 8 milliards d'euros.
Après en avoir parlé la semaine dernière, France 2 tranche sur ce thème : « L'Europe convertie à la relance ». François Beaudonnet explique la situation. Il y a bien « quelque chose dans les tuyaux », sans pour autant un « plan Marshall ». L'Europe « fourmille d'idées ». Des propositions de « project bonds » sont en cours pour financer de grands projets, des infrastructures dans les hautes technologies ou les énergies propres, ainsi que pour donner plus de moyens à la Banque Européenne d'Investissement, « le bras armé de l'Europe ». « En clair les Européens se contentaient de dire "il faut de la croissance, maintenant ils disent "il faut la faire". » Ces différentes mesures devraient être officialisées en juin au cours de deux sommets, conclut France 2.
Mardi 1er mai, TF1 fait le tour des premiers mai. En Espagne, Grèce, Portugal et Italie, beaucoup de rassemblements ont tourné à la protestation contre la politique européenne de l'austérité.
La Une glisse également un mot sur la chancelière allemande. Angela Merkel a réaffirmé son opposition à un plan de relance européen dans une interview pour un quotidien allemand.
Mercredi, France 2, comme le JT de TF1, s'inquiète du « chômage record en Europe ». Derrière la moyenne de 10,9% se cache d'importantes disparités. France 2 parle d'« Europe coupée en deux », avec d'un côté « les bons élèves », Autriche, Pays-Bas, Allemagne, respectivement,4%, 5%, et 5,6% de chômage, tandis que de l'autre côté, « l'Europe du Sud est à la peine », Portugal, Grèce, Espagne, avec respectivement 15,3%, 21,7% et 24,1%. Ce sera le sujet « incontournable du prochain sommet européen qui se tiendra en juin ».
Jeudi, TF1 reprend le sujet à la façon du fact-checking. La chaîne a présenté des vérifications des chiffres énoncées par les deux candidats à la présidentielles leur du débat du 2 mai. Ainsi, TF1 constate la véracité de l'affirmation de N. Sarkozy basée sur des donnés du Bureau International du Travail selon laquelle le chômage en France a moins augmenté que dans les autres pays européens pendant la période de son quinquennat. Cependant, TF1 juge que l'affirmation de N. Sarkozy selon laquelle depuis 2009 aucun autre pays de l'Europe et de l'OCDE s'est mieux sorti de la crise que la France, est fausse. Selon TF1, F. Hollande a raison en soulignant que l'Allemagne et les Etats-Unis ont profité d'une relance économique plus forte.
Bouche cousue de fin de semaine oblige
Vendredi, TF1 se penche sur l'augmentation du prix des œufs en France. Toute la filière est concernée, et en un an, les prix ont augmenté de 2,7% dans les grandes surfaces. Les prix des œufs destinés à l'industrie alimentaire, notamment, explosent. Cette situation est en grande partie due à une réglementation européenne qui impose de nouvelles normes pour les poules élevées en batterie. Leurs cages doivent en effet être plus grandes, ce qui implique « des investissements lourds, obligeant certaines exploitations à fermer, tandis que d'autres sont en retard dans les travaux ». Conséquence pratique : baisse du nombre d'œufs sur le marché et augmentation des prix de ce produit.
Samedi, TF1, comme d'autres médias, s'accordent à dire que les élections législatives anticipées en Grèce du dimanche seront marquées par le mécontentement des électeurs face à la crise de la dette et les mesures de l'austérité. L'entrée au Parlement du parti néonazi Chrisi avgi (Aube dorée) semble probable.
Dans son flash du dimanche 6 mai, TF1 parvient à glisser des nouvelles de la Grèce où se jouait un « scrutin crucial sur fonds de contestation ». Cette contestation s'exprime clairement à travers l'effondrement des deux principaux partis, le parti socialiste et le parti conservateur, qui gouvernaient ensemble, et la montée du parti néonazi qui recueille près de 8% des voix. La journaliste conclut « la crise de la dette est passée par là », avant de revenir aux dernières informations sur la présidentielles.
Crédits Photo : Blog Buzzing
L'Europe attentive au choix des Français
Le Monde parvient encore une fois en tête de classement, alliant analyses européennes sur la campagne et informations sur l'Union. Les Echos est aux coudes à coude comme à son habitude, avec beaucoup d'articles sur la situation des bourses européennes. La surprise du classement de cette semaine du 23 avril réside dans cette troisième place. Libération vole la vedette au Figaro. L'un a présenté la thématique de la croissance, nouvel axe phare de la BCE mais également ancienne proposition du candidat socialiste. Le Figaro a opéré un léger retour sur des thématiques plus nationales. Sans avoir oublié aucune des informations européennes de cette semaine, La Croix finit malgré tout dernier de ce classement.
Les réactions au premier tour de la présidentielle en Europe
Cette campagne s'est déroulée « sous le regard amusé, ennuyé ou sévère de la presse étrangère » selon Le Monde. Son article opère un véritable tour du monde des opinions sur la campagne et les candidats dans les médias. D'une manière générale, ils regrettent que les sujets comme la croissance, la compétitivité ou encore la réduction des dépenses publiques soient passés à la trappe à cause de « sujets secondaires comme la viande halal ». « L'Espagne, elle, n'a pas tourné la page Sarkozy, amère d'avoir été dénigrée publiquement par le président sortant. » « En Belgique - du côté francophone en tout cas -, l'habituel intérêt pour la politique française a été décuplé par la polémique sur la publication des résultats avant la fermeture des bureaux de vote ».
Du côté des partis européens, « les sociaux-démocrates allemands se réjouissent » titre Les Echos. « La chancelière Angela Merkel continue à soutenir Nicolas Sarkozy mais de loin ». Le SPD espère profiter de cette « dynamique pour les législatives allemandes de 2013 ».
Pour Libération, « l'Europe enterre déjà Nicolas Sarkozy », à moins que ce ne soit Libération qui l'enterre. « A Bruxelles, Londres ou Berlin, officiels et médias prennent déjà acte de la défaite de Nicolas Sarkozy qu'ils ne regretteront pas. Mais tous ont été surpris par le score de l'extrême-droite.
La montée des extrême droites en Europe
Un événement antécédent au score du Front National va petit à petit être analysé dans la presse comme un signe de la montée de ces partis. En début de semaine, centré sur la France, le blocage du vote des mesures budgétaires par le Parti de la liberté aux Pays-Bas est un simple fait d'actualité. En fin de semaine, la corrélation devient une évidence et donne lieu à des articles plus transversaux sur les partis d'extrême droite en Europe. Ainsi, La Croix titre « le premier ministre des Pays-Bas démissionne » le mardi. Pour Le Monde, « aux Pays-Bas, le gouvernement libéral, minoritaire, est lâché par les populistes ». Geert Wilders, dirigeant du Parti pour la liberté, refuse d'apporter son soutien à un plan d'austérité budgétaire. Des législatives anticipées devraient être organisées. Le Figaro revient sur le rapport à l'Europe des Néerlandais. Déjà en 2003, le Non au référendum sur la constitution était le signe d'un euroscepticisme et plus particulièrement d'un « rejet d'Europe politique ». Puis, « quand Paris et Berlin ont enfreint les règles communes : cela a renforcé le syndrome d'infériorité des petits pays ».
Les Echos se détache un peu plus et remarque qu'en « Europe : l'extrême droite ne connaît pas la crise » et révèle néanmoins que « la connexion entre crise économique et poussée de l'extrême droite n'est pas automatique (…) Les partis nationaux populistes xénophobes font des scores élevés dans des pays qui résistent beaucoup mieux que la moyenne à la crise, comme la Suisse et la Norvège. » Inversement, l'Espagne apparaît comme « un cas à part ».
Vient le score du Front national, autour de 18%, et les réactions tombent. La chancelière a jugé ce score « préoccupant ». Pour le Figaro, « Angela Merkel s'inquiète de la poussée des extrêmes » ; Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen se retrouvent dans le même panier. Pour certains médias allemands, il s'agit d'un « vote de la colère ». Bruxelles aussi « s'alarme de la montée des populismes ». Et pourtant, contre la crise, la Commission persiste et signe, la réponse est d'« introduire plus d'Europe ». Contre la montée de l'extrême-droite, le chef de la diplomatie luxembourgeoise « a pointé du doigt la responsabilité de Nicolas Sarkozy ». « Si on répète tous les jours qu'on doit changer Schengen, qu'on doit avoir une politique d'immigration forte [...] et tout cela, c'est de l'eau au moulin du FN », s'est emporté le socialiste Jean Asselborn.
La notion de croissance chez Hollande et la BCE, deux écoles ?
« La Banque centrale européenne infléchit-elle sa politique ? » se demande La Croix. En effet, Mario Draghi, le président de la BCE, a proposé devant le Parlement européen mercredi « un pacte de croissance ». En France, les socialistes sont fiers d'avoir placé le débat sur la croissance et y voit un « soutien inattendu ». La droite s'empresse de contredire. « Les marchés financiers ont été enchantés d'entendre le patron de la Banque centrale européenne parler de ‘croissance', elle dont la seule mission officielle est la lutte contre l'inflation, comme le lui avait vertement reproché Nicolas Sarkozydans son discours de la Concorde du 15 avril ».
Ce « growth compact » n'est pas un exemple de relance keynésienne. La croissance est effectivement « un mot d'ordre avec des arrières-pensées ». « Le débat sur la croissance s'intensifie en Europe » et en cas de victoire de François Hollande, il sera alors difficile « d'éviter un affrontement » avec Angela Merkel.
Alors Hollande est-il « le chouchou de Bruxelles ? ». Selon Libération, « les partenaires européens se rapprochent des idées de Hollande sur la croissance, même si les recettes ne sont pas semblables ». Chacun y va de son interprétation des propos de Mario Draghi. Le « Nous devons revenir en arrière » ouvre-t-il la voie à la renégociation du traité européen ou à quelques mesures de croissance négociées qui auront moins de valeurs ? Herman Van Rompuy, le président du Conseil européen, a rappelé que ce sont « les réformes structurelles [qui] feront la différence dans la durée ».
Live Fact-Checking du débat présidentiel
Vigie 2012 s'associe à Euractiv.fr pour factchecker en live le débat entre les deux candidats François Hollande et Nicolas Sarkozy.
[View the story "L'Europe vs. deux candidats " on Storify]Le thématique croissance : surprise de l'entre-deux tours
L'Europe est au cœur de la campagne, cette semaine du 23 avril aussi. France 2 atteint le haut du podium, notamment grâce à un long reportage sur la montée des extrêmes droite en Europe. TF1 parle longuement de la récente priorité donnée à la croissance dans l'Union. Enfin, France 3 finit en queue de peloton, avec seulement deux minutes de traitement de l'actualité européenne.
Les candidats font feu de tout bois sur l'Europe
Dès le lundi, Nicolas Sarkozy lance des appels aux électeurs frontistes. Lors de son meeting à Tours, celui qui siège aux côtés des autres chefs d'Etat européens a déclaré : « Ils nous ont dit qu'ils ne veulent plus des frontières qui laissent tout passer et d'une Europe passoire ». François Bachy du service politique de TF1 estime que le bon score de l'extrême droite et de l'extrême gauche lors du premier tour est celui d'« une France en colère qui a voté NON au référendum européen en 2005. » De son côté, France 2 passe beaucoup de temps à opposer les candidats sur la polémique d'un ou plusieurs débats avant le second tour avant de laisser la place à Marine Le Pen, l'invitée du plateau, « la clef » de ce scrutin.
Selon le chef du service économie de TF1, François-Xavier Piétri, le premier tour des élections présidentielles a eu un impact sur les marchés financiers européens le lundi 23 avril. Il estime notamment que les investisseurs sont inquiets de la proposition de François Hollande de renégocier le pacte de stabilité. Les marchés européens ont été aussi perturbés par la crise politique aux Pays-Bas, suite au blocage du vote sur le budget prévoyant des mesures d'austérité. France 2 ne partage pas cette vision. Le nouveau dévissage des bourses ne se limite pas à Paris. Le spécialiste de la chaîne constate une « baisse générale en Europe ». « En fait, les marchés sont plus inquiets sur la Hollande que sur Hollande » s'amuse le journaliste.
Mardi, dans un reportage consacré à la dette publique, TF1 revient sur les différentes propositions des candidats, en insistant sur l'échelon européen. Le reportage se penche également sur la BCE et souligne la convergence des propositions des candidats à ce sujet. Sarkozy et Hollande sont ainsi d'accord pour « lui attribuer un rôle plus important afin de favoriser la croissance ». François Hollande proposerait deux moyens : « la baisse des taux d'intérêt de la BCE et le prêt direct aux Etats membres ».
La chaîne reçoit ensuite le candidat socialiste pour une interview de 20 minutes. Aucune question n'est posée au candidat au sujet de l'Europe mais celui-ci répète plusieurs fois sa volonté de « renégocier le traité européen ». Il évoque également la mauvaise direction qu'a pris l'Europe depuis 10 ans et déclare : « si je suis élu président de la République, il y aura un changement d'orientation de la construction européenne. Ça en sera fini du libre-échange, de la concurrence sans limite ». Tout en répétant qu'il est pour le sérieux budgétaire, il dénonce la trop grande austérité de l'UE. Sa première visite à l'étranger aurait lieu en Allemagne afin de converser avec Angela Merkel sur leur vision de l'Union.
L'extrême droite est partout en Europe
Dans son 20h de mardi, France 2 se demande si ce succès du vote FN au premier tour est une « exception française ». Aux Pays-Bas, Geert Wilder, le leader du parti de la liberté, vient justement de bloquer le vote de nouveaux plans d'économies du gouvernement. Ces partis « pèsent de plus en plus lourds en Europe » constate le journaliste. Selon France 2, la « poussée populiste » représente : 28% en Autriche, 27% en Suisse, 23% en Norvège, 19% en Finlande, 17% en Hongrie, 15% en Pays-Bas, 14% en Danemark, et 6% en Suède. Dans un pays sur quatre, la « droite nationale est dorénavant l'arbitre de la vie politique ». Ils partagent des traits en communs. « Ces partis exploitent les crises ». A part Jobbik, le parti d'extrême droite hongrois, qui n'hésite pas à s'afficher avec des emblèmes proches des nazis, les autres partis « se rendent présentables ». Leurs dirigeants sont « souvent jeunes, aux alentours de la quarantaine ». « Les responsables des institutions européennes » s'inquiètent mais « ils savent que quand tout va mal, c'est souvent l'Europe qui sert de bouc émissaire » conclut le journaliste.
Le jeudi, le journal de 20 heures de TF1 revient sur la crise de la dette européenne qui « pourrait s'étendre à la vertueuse Europe du Nord ». Le journaliste dresse ce constat suite à la démission du Premier Ministre néerlandais. Le gouvernement de droite des Pays-Bas gouvernait jusque-là avec l'extrême droite. Or, depuis lundi, l'extrême droite refuse de voter « les mesures d'austérité nécessaires pour sauver le triple A des Pays-Bas », et surtout respecter leurs engagements économiques vis-à-vis de l'Europe. Cette crise politique devrait amener très prochainement les Néerlandais à élire de nouveaux dirigeants.
La croissance devient le sujet numéro 1
Mercredi, les informations européennes se poursuivre. Lors de son meeting en Alsace, Nicolas Sarkozy s'est prononcé en faveur d'un referendum sur l'introduction d'une règle d'or dans la constitution française, indique la Une. Selon lui, tous les pays européens se sont engagés à adopter cette mesure.
Sur le plateau de TF1, le candidat UMP exprime sa compréhension pour la colère des entrepreneurs et des agriculteurs français qui doivent suivre certaines règles strictes alors que des produits entrent en Europe provenant « des pays qui ne suivent aucune règle ». Plus tard, il affirme qu'en Espagne le taux de chômage a augmenté sous le gouvernement Zapatero de 220% alors que le taux de chômage en France n'a augmenté sous son mandat que de 17% (voir notre Vrai Faux sur le sujet). Il répète ses propositions fortes sur l'Europe. Dans le cas où l'UE n'obtiendrait pas dans un an une disposition de réciprocité dans ses accords commerciaux, il appliquerait de manière unilatérale une règle consistant à réserver tous les marchés publics français aux seules entreprises produisant et créant de l'emploi en Europe. Enfin, il réagit à la proposition de Mario Draghi en expliquant que croissance n'est pas « contre la rigueur ». Il souligne l'importance de son engagement de ramener le déficit public à 0% d'ici 2016.
France 2 traite également de cette dernière information tout droit sorti de la BCE. L'« institution économique la plus puissante de la zone euro » est désormais « au cœur des débats » et « s'invite dans la campagne ». M. Draghi souhaite un pacte pour la croissance en plus du traité sur la rigueur. « Il sait que ses propos vont faire l'effet d'une bombe » prévient le journaliste. « Le grand argentier de l'euro » admet « revenir en arrière ». De son côté, Angela Merkel ne change pas réellement de cap et continue de prôner des « réformes douloureuses ». Quoi qu'il en soit, la croissance est le « nouveau leitmotiv » de l'Europe. F. Beaudonnet, l'expert européen de France 2, convient qu'il y a toujours eu la thématique de la croissance dans les enjeux européens sauf que « maintenant, c'est la priorité ». « Et ça bien sûr, ça va aider François Hollande ».
La crise demeure en toile de fond
Vendredi, les trois JT font référence à la situation difficile que traverse l'Espagne. TF1 commence par présenter la dernière position de la chancelière allemande. Angela Merkel, suite aux dernières propositions de M. Draghi, président de la BCE, a proposé de préparer un « agenda croissance » pour le prochain sommet du Conseil européen qui aura lieu en juin. La chaîne passe ensuite à la situation en Espagne. Le taux de chômage a atteint 24% au premier trimestre 2012 et l'agence de notation Standard & Poor's a encore une fois baissé la note de la dette publique espagnole de A à +BBB.
France 2 parle d'un « scénario à la grecque » pour l'Espagne. Les chiffres frappent encore. « Près d'un espagnol sur 4 est au chômage, 24,4% de chômeurs, 52% parmi les 16-25 ans ». « Peu de chances que ça s'améliore dans les prochains mois », à cause des « plans d'austérité qui se multiplient » et qui conduisent les Espagnols à faire appel à « l'aide et à la solidarité familiale ». Pas de relance par la consommation, l'Espagne est retombée dans la récession. « Les plans d'austérité et les plans budgétaires n'ont pas réussi à rassurer les marchés », la note du pays est dégradée.
France 3 se veut précise et annonce 24,44% de chômeurs, soit 5.639.500 personnes. Standard & Poor's a abaissé la note du pays au même niveau que l'Italie. Le dimanche, France 2 et France 3 reviennent sur la situation en Espagne, où des manifestations contre les nouvelles mesures d'austérité du gouvernement ont eu lieu.
Crédits Photo : Getty Images
"Les candidats à l'élection présidentielle et l'Europe" - Sondage CSA
Vigie 2012, en partenariat avec Euractiv.fr a commandé un sondage au CSA pour mesurer la perception qu'ont les Français de la fiabilité des arguments des candidats et leur influence au sein de l'UE. Le sondage a été réalisé le 24 et 25 avril 2012.
Ayant mis en évidence l'utilisation de contre-vérités par les candidats pendant la campagne, Vigie 2012 a voulu connaître la perception des Français sur la fiabilité des arguments des candidats et leur influence au sein de l'UE.
De manière générale, lequel des deux candidats suivants vous paraît le plus fiable lorsqu'il s'exprime ?
Nicolas Sarkozy arrive légèrement en tête avec 47% des personnes interrogées contre 43% pour François Hollande.
Parmi les candidats suivants, lequel sera le plus capable d'avoir de l'influence au niveau de l'Union européenne ?
Nicolas Sarkozy est considéré comme le plus capable d'influencer au niveau de l'Union européenne par 67% des personnes interrogées contre 23 % pour François Hollande.
Retrouvez le sondage et le communiqué Vigie 2012 :
Le retour de l'Europe dans la campagne
Cette campagne est pleine de surprises. Voilà que l'Europe revient dans les débats de cette semaine du 16 avril : croissance et BCE sont au menu. La Croix vient détrôner Le Figaro et le score des Echos et du Monde atteint des sommets. Vigie n'avait pas référencé des scores aussi élevés depuis décembre dernier. Pourtant, certains médias sont restés peu prolixes sur les thématiques européennes, focalisés sur les dires des candidats ou les enjeux nationaux. Les deux autres journaux se sont saisi de la tendance en cours, un sensible retour de la question européenne.
Un regard gêné sur les derniers propos des candidats
D'une manière générale, « les Européens se méfient des promesses de campagne ». Le Figaro explique comment les propositions des deux « favoris » ont « agacé » leurs homologues. Des promesses à la réalité, ils promettent un « atterrissage » au vainqueur. « Seul Elio Di Rupo, chef socialiste du gouvernement belge, est venu le soutenir lors d'un meeting à Lille ; mais il n'a pas ouvert la bouche ». Pour Le Monde, il s'agissait d'un véritable « dilemme » pour Elio Di Rupo. « En tant que chef de gouvernement, peut-il appuyer un candidat à la présidentielle française sans engager son gouvernement tout entier ? ». « Le MR (parti libéral francophone) et l'Open VLD (libéral flamand), deux des six partis au pouvoir, s'acharnent en effet à convaincre leurs adhérents que c'est bien une politique de centre droit qui est appliquée par le chef de cette large coalition... ». Le leader du Pasok grec, Evangelos Venizélos, a également apporté son soutien qui « peut-être encombrant » en ces temps de « pleine débâcle budgétaire » à Athènes, poursuit Le Figaro. Du côté de Nicolas Sarkozy, les soutiens ne sont pas non plus solides. Angela Merkel n'est pas enjouée des derniers propos du candidat sur la BCE. Herman Van Rompuy s'est exclamé : « Comment voulez-vous que les gens aient une image positive de l'Europe (…) si leurs dirigeants ne montrent pas qu'ils croient dans le projet ? ».
Les médias s'opposent par articles interposés. « Berlin soutient Nicolas Sarkozy sur Schengen » avance Le Figaro. Le journal parle d'un « retour inopiné du ‘tandem' franco-allemand » qui se préoccupe des « clandestins parvenus dans l'UE avec, comme destination, le cœur de l'Europe ». L'article concède que la révision de Schengen était déjà « discutée depuis des mois à Bruxelles » par les différents dirigeants et la Commission.
Pour Le Monde, l'analyse est tout autre : « Berlin se prépare à une victoire de François Hollande » . Il s'étonne « que les propos de Nicolas Sarkozy proposant, dimanche 15 avril, de modifier le mandat de la Banque centrale européenne n'aient quasiment pas été commentés en Allemagne ». Par crainte de la fin du « Merkozy », le groupe de réflexion de la CDU a anticipé et reçu des économistes socialistes. Ces rencontres sonnent peut être le glas d'une ère, ce que les critiques ouvertes de Stiglitz et Krugman au modèle allemand viendraient confirmer. Pour le moment en tout cas, « l'Allemagne réaffirme son attachement aux missions actuelles de la BCE ».
Libération souligne l'attention sur d'autres candidats et pays. Dans « Jean-Luc Mélenchon vu d'Italie », un philosophe italien décrit le programme du candidat comme la synthèse de la devise française, « Liberté, Egalité, Fraternité ». Il préférerait que les critiques se portent davantage sur l'homme au style qui suscite « quelques doutes sur le sérieux » plutôt que sur son programme.
Un continent redécouvert pour les présidentielles
« Europe : le scepticisme et la confusion dominent la campagne électorale ». Le titre des Echos est une façon polie de dire que les candidats n'ont pas eu le courage de parler aux Français de leur position sur l'Europe et de poser les véritables questions comme « la zone euro peut-elle tenir ses promesses de prospérité ? Comment réduire les écarts de compétitivité entre le nord et de sud de l'Europe ? ». Pour La Croix, « Droite et gauche s'affronte sur les modalités de la relance en Europe » et la comparaison des propos de Laurent Wauquiez et de Michel Sapin suffit à donner raison à cette analyse. Pour l'un, il faut « être plus compétitif pour encourager les exportations européennes ». Pour l'autre, la priorité est à « une politique de l'investissement et de l'emploi ».
Jean-Pierre Chevènement, Arnaud Montebourg et Guillaume Bachelay s'associent pour donner un nouvel horizon. « Nous voulons une autre Europe, solidaire et volontaire » écrivent-ils dans Libération. Pour eux, le choix se divise entre « droite austéritaire ou gauche de croissance » et il ne sera pas simplement celui de « 43 millions d'électeurs français, mais d'un demi-milliard de citoyens ou futurs citoyens en Europe ».
Une institution qui vient de changer d'opinion sur le travail
Les mesures d'austérité ne sont pas si efficaces qu'espérées. L'Italie -que la presse se plaisait à décrire comme bien partie avec son nouveau dirigeant Mario Monti - se voit contrainte de repousser ses objectifs de bon élève. Le gouvernement a annoncé que la récession s'aggraverait en 2012, rendant impossible le respect des objectifs d'équilibre des comptes. Mario Monti a inclut des mesures de relance, un volet « grands chantiers et infrastructures publiques » mais aussi « vingt milliards d'euros de garanties d'État débloqués pour permettre aux créanciers privés de les faire valoir auprès des banques ». Le Figaro s'amuse « Mario Monti manie donc la carotte de la croissance et le bâton budgétaire ».
Les Echos est définitivement pessimiste sur l'avenir du projet européen « Croissance : l'Europe à court d'idées neuves sur une relance de l'économie ». Bruxelles a lancé hier au Parlement européen un appel pour une recapitalisation de 10 milliards d'euros de la BEI, alors que le débat sur les risques récessionnistes des plans d'austérité s'amplifient.
Et l'information de la semaine, le buzz européen des quotidiens, est sans conteste celui sur le Smic européen, suite à la publication du dernier rapport de la Commission européenne intitulé « Pour une croissance riche en emploi ». L'article du Monde est probablement le plus complet et critique. Le journal cite le constat dressé par la Commission : « Des preuves diverses démontrent que la plupart des nouveaux emplois créés au cours des années récentes (même avant la crise) étaient des emplois temporaires ou fondés sur des formes de contrats alternatifs", écrit la Commission, qui ajoute : "Cela a pu améliorer la fluidité du marché du travail et permis aux entreprises d'adapter leur force de travail aux nouvelles formes d'organisation du travail ». Les autres journaux ont incité particulièrement sur la proposition de « Smic européen ». Ce n'est pourtant pas tout à fait l'idée de la Commission. Partant du constat que l'emploi ne permet plus de se protéger de la pauvreté, la Commission préconise des salaires minimums pour les sept pays sans. Le tout accompagné de préconisations de baisse des charges salariales, de libre circulation de la main-d'oeuvre et enfin de smic différencié par branche.
Un Etat membre bien oublié
Désormais loin de tous les regards, ce pays revient dans le viseur de la presse, à défaut de celui de l'Union. Des inquiétudes pèsent encore sur la Hongrie qui poursuit paisiblement son rythme de réformes conservatrices. Après un changement de président pour un eurodéputé et proche de Viktor Orban, l'interdiction de la Gay Pride à Budapest, « la Hongrie restreint l'accès aux études supérieures ». Le nombre de bourses accordées aux candidats en sciences économiques et sociales sera réduit, pour « adapter l'enseignement supérieur au marché » et les bourses contraindront les bénéficiaires à l'exercice d'une activité en Hongrie le double d'années étudiées, pour adapter l'enseignement supérieur au régime probablement.
"La France est le pays le plus jeune d'Europe"
Le 20 avril, dans son discours de Charleville-Mezieres, François Hollande a déclaré : "La France est le pays le plus jeune d'Europe"
Selon les données démographiques d'Eurostat, la France n'est pas le pays le plus jeune d'Europe.
En 2011, la tranche d'âge 0-14 ans représentait 18,5% de la population française. L'Irlande est en tête des pays européens sur cette tranche d'âge avec 21,8% de 0-14 ans et la France arrive en deuxième position. Pour la tranche 15-24 ans, la France n'arrive qu'en dixième position avec 12,4%. C'est la Lituanie qui est en tête avec 14,6% de 15-24 ans.
La France n'est donc ni en tête dans la catégorie 0-14 ans ni dans la catégorie 15-24 ans. Si on additionne ces deux tranches d'âge pour coller au plus près à la population "jeune" dont parle François Bayrou, l'Irlande est toujours en tête avec 33,5% de la population 0-24 ans alors que la France est à 30,9%.
A l'inverse, il est intéressant de signaler que la France est bien placée sur la dernière tranche d'âge de 80 ans et + puisqu'elle arrive en deuxième position derrière l'Italie avec 5,4% de la population totale pour cette tranche d'âge.
Source : Eurostat
"220 % d'augmentation du chômage en Espagne après sept années de gouvernement socialiste"
Le 23 avril, lors de son discours de St-Cyr, Nicolas Sarkozy a déclaré : "220 % d'augmentation du chômage chez nos amis Espagnols après sept années de gouvernement socialiste"
Selon les données Eurostat, le taux de chômage était de 11,2%, en mars 2004, lors de la prise de fonction de José Luis Zapatero. Lors de son départ en novembre 2011, le taux de chômage était de 22,9%, soit une augmentation de 104%.
L'affirmation de Nicolas Sarkozy est donc erronée.
Source :
Pic de campagne et crise en lame de fond
La fébrilité de cette semaine du 16 avril ne se perçoit pas sur les positions européennes. Ainsi, les scores de cette dernière semaine avant le premier tour demeurent dans la moyenne. TF1 se place sur la première marche du podium, notamment grâce à la présentation des dernières positions du candidat Nicolas Sarkozy. France 2 suit de près, à une minute d'écart. France 3, malgré un petit score, se démarque grâce à un reportage sur l'exil des jeunes Grecs en France.
Le Smic européen, au cœur de la polémique de cette semaine
Le lundi, dans son Carnet de campagne, TF1 souligne quelques commentaires de Jacques Cheminade sur la Commission européenne. « C'est une politique financière qui jette les bases de quelque chose qui risque à l'avenir d'être un fascisme » a déclaré le candidat. Prenant appui sur les événements en Espagne et en Grèce, le candidat a expliqué qu'« il risque d'y avoir le chaos, la confusion » en France.
France 2 réalise un reportage sur l' « emploi : les propositions chocs de l'Europe ». La Commission européenne propose des solutions à rebours des candidats à la présidentielle : plus de souplesse et plus de libre circulation. L'institution communautaire constate qu'il y a 10% de chômeurs en Europe mais que 4 millions d'emplois ne sont pas pourvus. Bruxelles demande à neuf Etats dont la France de lever les restrictions de circulation contre les travailleurs roumains et bulgares. La Commission recommande également de baisser les charges sur le travail (tout en augmentant les taxes sur les activités polluantes). Enfin, la nouveauté est surtout qu'elle ouvre une réflexion sur un salaire minimum en Europe, prenant position pour un SMIC décent, éventuellement déterminé par branche. Ces mesures n'ont aucun caractère contraignant mais devraient susciter débats. « Est-ce le retour de l'Europe libérale ? ». Le spécialiste de la chaîne François Beaudonnet explique la volonté de tendre vers un seul marché du travail en Europe, mais la Commission prend également en considération les écarts des SMIC en Europe (1462€ en Irlande et 138€ en Bulgarie). « Les propositions de Bruxelles vont être critiquées partout, mais déplaire a tout le monde fait parfois avancer les affaires européennes ». Cheminade, Dupont-Aignan, Arthaud ainsi que Le Pen se prononcent contre.
Le lendemain, TF1 prend le relai et explique elle aussi cette nouvelle défense d'un « SMIC européen » de la part de la Commission. Dans une interview de la chaîne, Marine Le Pen accuse Bruxelles de vouloir détruire le SMIC (voir notre dernier article). La proposition prévoit pourtant l'introduction d'un salaire minimum dans les sept Etats membres où il n'existe pas jusqu'à présent. Le montant du SMIC ne serait pas harmonisé au niveau européen, mais serait calculé selon une approche sectorielle et différenciée selon les branches. Et c'est justement ce que le candidat Jean-Luc Mélenchon critique. Il invoque la fausse timidité de la Commission d'instaurer un SMIC par branche au lieu d'un SMIC unique européen. Il poursuit son analyse et réaffirme sa volonté d'indépendance de la BCE afin qu'elle puisse prendre de mesures en vue de la stimulation de croissance et prêter directement aux Etats membres.
La crise, dissociée de la campagne des présidentielles
Mercredi, France 2 consacre un reportage à la baisse de croissance de 1,2% en Italie, un chiffre plus bas que prévu, « une récession plus grave que prévue ». Pour faire face, « Mario Monti brise un tabou » et réforme les contrats de travail. « L'hyperprotection est un héritage des années de plomb ». Une chose est sûre en Italie, il faut se préparer à un « bras de fer entre les syndicats et le gouvernement », « obligé de reformer à la demande de l'Europe ».
France 3 aussi s'engage dans un reportage sur un pays touché par la crise et plus spécifiquement sur ces jeunes Grecs qui fuient la crise économique, les cures d'austérité et le chômage. « L'euphorie du départ laisse cependant souvent place à la désillusion. » Après une année d'études à Paris, Paulina tente à la rentrée dernière de rentrer en Grèce pour trouver du travail en tant qu'attachée culturelle. Avec la moitié des jeunes au chômage, Paulina explique que même si elle trouvait un emploi, celui-ci ne serait pas suffisamment payé et elle serait obligé de rester chez ses parents jusqu'à 30 voire 35 ans. Elle a donc décidé de retourner en France. L'avenir en France n'est cependant pas si facile : la langue constitue une barrière, les loyers sont chers et Paulina n'a toujours pas de travail, elle a simplement une bourse de l'Union européenne. Elle a trouvé un stage dans une association qui s'occupe de la communauté grecque. Depuis quelques mois, la patronne de l'association reçoit de nombreux mails de jeunes grecs qui appellent à l'aide et qui souhaitent s'installer à Paris. Elle en décourage beaucoup. Visiblement, nombre d'entre eux préfèrent partir bien en Grande-Bretagne, en Australie ou en encore en Allemagne. 10 000 Grecs sont exilés en France contre par exemple 300 000 Italiens. Ils souvent issus de milieux sociaux professionnels supérieurs (ingénieurs, médecins) et doivent souvent défendre leur pays face aux critiques, expliquent un groupe de jeunes amis.
Jeudi, Nicolas Sarkozy est l'invité de Parole Directe. Il est présenté comme le candidat qui veut renégocier le traité de Schengen, introduire une réciprocité commerciale en Europe et ouvrir la discussion sur le rôle de la BCE. Nicolas Sarkozy mentionne lors de son intervention les conséquences de la crise en Grèce et les mesures d'austérité en Espagne afin d'illustrer la situation d'un pays qui, selon lui, n'est pas arrivé à tenir ses engagements en matière de réduction du déficit public. Sa politique aurait protégé la France d'une telle crise. Il critique la proposition de François Hollande d'augmenter le nombre de fonctionnaires de 60 000, réalisée dans aucun autre Etat membre de l'UE. Selon lui, la réalisation d'une telle proposition amènerait la France dans une situation comparable à celle de l'Espagne.
Le vendredi, l'Europe disparaît de la campagne. Le samedi est condamnée au silence. Le dimanche est consacré aux commentaires et analyses des résultats.
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Marine Le Pen affirme que "l'UE veut l'explosion du Smic"
L'analyse de Marie Herbet sur EurActiv.fr
Instaurer des salaires minimums pour conjurer la pauvreté, revaloriser les rémunérations, préserver les allocations chômage, veiller à la formation des travailleurs… Présenté ainsi, l'agenda de Bruxelles sur l'emploi n'a rien d'un concentré de libéralisme à l'endroit des 24,5 millions de chômeurs que compte l'Europe. Avant même qu'il ne soit rendu public, le projet a pourtant cristallisé les frayeurs, voire les fantasmes, exprimés brutalement par la candidate du Front national Marine Le Pen : « L'UE veut l'explosion du Smic. » En dévoilant son paquet emploi, le 18 avril, la Commission européenne montre un visage plus social que d'habitude. Fixer des salaires minimums permet de limiter « l'augmentation du nombre de travailleurs pauvres » et garantit « la qualité d'emplois décents », écrit-elle dans une communication. Dans une version avancée du texte, elle s'était même laissée aller à une formule qui aurait conquis les syndicats : les salaires minimums « permettent d'éviter la course destructrice vers un coût du travail toujours plus bas ». Avant d'effacer cette mention du texte final.
Signal lancé à l'Allemagne
Mais l'intention générale demeure. Ainsi, la Commission appelle à une augmentation des salaires pour « soutenir la demande globale », là où l'on constate un décrochage des rémunérations par rapport à la productivité. Portée par László Andor, l'un des rares sociaux-démocrates au sein du collège des commissaires, l'initiative européenne retient l'attention. « Il n'a pas une marge de manœuvre énorme, reconnaît Pervenche Berès, eurodéputée socialiste, mais c'est un signal clair lancé à l'Allemagne ». Pendant plus d'une décennie, le pays a misé sur une politique de modération salariale dont les revers ont été récemment démontrés et dénoncés par l'Organisation internationale du travail. Outre-Rhin, la notion de Smic concerne un nombre restreint de branches comme le bâtiment, le nettoyage industriel, ou encore les auxiliaires de santé, expliquait il y a quelques jours l'ambassadeur d'Allemagne à Paris, Reinhard Schäfers, dans les colonnes du Monde. Mais c'est un système tout en nuances que la Commission défend. Pour s'ajuster à la conjoncture, les salaires minimums peuvent être révisés à la hausse, comme à la baisse en cas de difficultés économiques… Chaque étape doit être négociée étroitement avec les partenaires sociaux. La Commission n'hésite d'ailleurs pas à signaler l'efficacité des salaires minimums « différenciés » pour « préserver la demande de main-d'œuvre ». La théorie n'est pas nouvelle : dans son commentaire, l'an dernier, sur le programme national de réforme de la France, la Commission avait en partie imputé le manque de compétitivité du pays à des mesures sur le Smic introduites entre 2003 et 2005. Le gouvernement avait à l'époque souhaité harmoniser le salaire minimum, qui se déclinait auparavant en 5 paliers différents.
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Plus de campagne = moins d'Europe
Les scores de cette semaine du 9 avril (lundi férié, les équipes étaient en veille) ne sont pas très élevés. Le Monde sauve l'honneur avec 127 points. Les Echos suit péniblement. La Croix se distingue, en venant se placer sur la dernière marche du podium. Probablement happé par la campagne nationale, Le Figaro en tombe, à la dernière place, derrière Libération.
Les plans d'austérité sévissent en Europe
La semaine dernière, JT et quotidiens dévoilaient l'augmentation des suicides en Grèce et en Italie, cette semaine du 9 avril, ils actualisent leurs informations sur les différentes mesures budgétaires. Un petit tour d'Europe s'impose.
Le Figaro s'inquiète. La crise en Espagne n'épargne plus personne. « Espagne : les riches dans le collimateur ». Les personnes gagnant plus de 100 000 euros par an « pourraient payer leurs frais de santé » actuellement payé par les régions, à « l'origine du dérapage du déficit public espagnol ». Le journal se lance alors dans une comparaison. « Le Royaume-Uni supprimera en 2013 les allocations familiales lorsque les parents gagnent plus de 88.000 livres (106.000 euros). En France, toutefois, aucun candidat ne prévoit ce genre de mesure. En matière de santé, les gouvernements successifs ont préféré accroître la part payée par tous les Français. Une solution que le ministre de l'Économie espagnol juge ne pas être ‘la panacée' ».
« Sous la pression de la crise, le modèle de décentralisation espagnol mis en cause ». Le Monde pousse son analyse et pose la question de la survie du modèle territorial espagnol. « Le débat sur la recentralisation des pouvoirs, latent depuis plusieurs mois en Espagne, a été lancé par la présidente de la région de Madrid, Esperanza Aguirre, mardi 10 avril, à la sortie d'une réunion avec le président conservateur du gouvernement, Mariano Rajoy. ». L'Espagne n'est donc pas au bout de ses peines.
« L'Italie contaminée par la crise espagnole » poursuit Le Figaro. « Le Trésor italien a emprunté, jeudi, 4,9 milliards d'euros à moyen et long terme à des taux en forte hausse par rapport au mois dernier. Rome est victime du regain de tension sur la dette en zone euro. » Le journal rappelle ensuite la réforme du travail. La présidente du patronat s'oppose aux aménagements du droit de licenciement : « Mieux vaut pas de réforme du tout qu'une mauvaise réforme », dit-elle. « Du même coup, le Parti démocrate (gauche), talonné par la confédération ouvrière CGIL, s'est raidi et demande une « profonde révision » du projet de réforme. » De son côté, Les Echos insiste sur la hausse de 40 milliards de presque tous les impôts.
« Le Portugal compte supprimer quatre jours fériés ». « La réforme du marché du travail prévoit la suppression de jours fériés, qui pourrait toucher l'Assomption et la Fête-Dieu » s'inquiète La Croix. Les Echos approfondit. Il s'agit d'une suppression de 4 jours fériés et de 3 jours de congés et de la réduction des indemnités de licenciement. Le journal fait également un rapide point sur l'augmentation des prix de l'accès aux services de santé.
En Grèce, la situation ne s'améliore pas. La dernière mesure du gouvernement ? « A louer : policier grec. Tarif : 30 euros de l'heure », ironise Le Monde. Le gouvernement a décidé d'ouvrir les services de ses policiers et leurs matériels à la location : un fonctionnaire de police 30€/h, pour 20€ de plus, un policier accompagné d'un chien, une vedette 200 €/h, un hélicoptère 1500 €. Avis aux riches restants. Les retraités auront du mal, leur revenus va diminuer de 20%, apprend les Echos.
Partout en Europe, l'expression « se serrer la ceinture » résonne. Mercredi, un dossier des Echos consacré aux « plans d'économie en Europe » dévoilent que d'autres pays, loin de l'Europe du Sud, sont également touchés : « Irlande : le SMIC en baisse de 5% », « Belgique : tour de vis sur les préretraites »…
La campagne présidentielle, vue d'ailleurs
Cette semaine plusieurs analyses sur la perception des médias étrangers sur la campagne des présidentielles sont traités dans les journaux.
« De l'étranger, une bien étrange campagne ». « Les correspondants de presse critiquent la faiblesse du débat politique. Et sont intrigués par Jean-Luc Mélenchon », voilà comment Libération et d'autres journaux résument ce regard. Les Italiens critiquent la politique spectacle, les Britanniques le manque de multiculturalisme. Ils jugent le « casting de 2012 » peu « décoiffant », les deux grands candidats étant déjà connus et se passant parfois pour ce qu'ils ne sont pas. « La coqueluche des médias étrangers est le candidat du Front de gauche. Pour son nouveau statut de troisième homme mais surtout pour son profil de « Français révolutionnaire », » qui le rendrait plus populaire que le leader de Die Linke, Oskar Lafontaine, son camarade germanique.
Dans la presse française, un personnage a su tirer bénéfice de la nouvelle période d'égalité du temps de parole du CSA. Nicolas Dupont-Aignan a eu quelques articles sous les feux des projecteurs, comme l'interview du Monde : « Je propose de quitter l'Union européenne dans sa forme actuelle ». Le candidat y définit son « protectionnisme intelligent » et autres traditionnels de son programme. Mais il propose aussi des économies sur le budget européen, un discours moins entendu : « Nous pouvons économiser les deux tiers des 7 milliards d'euros de contribution nette et garder un potentiel de 2 milliards pour de vraies actions de solidarité européenne », avant de comparer le monde de Bruxelles aux « vieilles cours des monarchies en 1787, totalement déconnectés des peuples qui grondent ».
Comme pour tenter de contrer le pessimisme ambiant sur la place de l'Europe dans la campagne (voir l'éditorial des Echos), La Croix raconte la vie quotidienne des parlementaires et fonctionnaires en tout genre dans une plume romanesque, voire pédagogique, dans son article « Ils sont les rouages du Parlement européen » (et avec vidéo à l'appui « Dans les coulisses du Parlement européen »).
Etude Vigie 2012 - 1er Tour
À la veille du 1er tour, Vigie 2012 livre son bilan européen de la campagne.
Qui en parle le plus ?
L'Europe : c'est ceux qui en veulent le moins qui en parlent le plus
Fact - checking
Après 6 mois de campagne, 50% des déclarations vérifiées des candidats sur l'Europe sont fausses.
« Un référendum a été introduit dans la constitution pour l'adhésion de tout nouvel Etat à l'UE » : Le point juridique
François Hollande a déclaré sur France 2 le 12 avril : « Un référendum a été introduit dans la constitution pour l'adhésion de tout nouvel Etat à l'UE ». Retrouvez l'analyse juridique de Vigie 2012.
La question du recours au référendum pour ratifier le traité portant adhésion d'un nouvel Etat à l'Union européenne est montée dans le débat à l'occasion de la campagne référendaire du printemps 2005. Compte tenu des réactions très négatives que la perspective d'une adhésion de la Turquie à l'UE, le président Chirac a fait inclure dans notre Constitution une nouvelle disposition, l'article 88-5, aux termes duquel : "Tout projet de loi autorisant la ratification d'un traité relatif à l'adhésion d'un Etat à l'Union européenne est soumis au référendum par le Président de la République." (article 2 de la loi constitutionnelle 2005-204 du 1er mars 2005).
Par-delà la question du peu d'effet produit sur les résultats du référendum de mai 2005, cette disposition, par sa généralité, conduisant à soumettre à référendum, outre l'adhésion de la Turquie, celles des petits pays de l'ex-Yougoslavie le jour où leur qualité d'Etat candidat serait reconnue et, ultérieurement, les conditions d'adhésion satisfaites. Sans entrer dans les considérations politiques, il est apparu que l'obligation que l'article 88-5 faisait peser sur le Président de la République, obligé de convoquer un référendum, était disproportionné lorsqu'était en cause l'adhésion de petits pays, compte tenu de la modicité de leur économie et de leur impact sur les structures institutionnelles (d'autant que le traité de Lisbonne est censé garantir le bon fonctionnement des institutions de l'Union dans un cadre élargi).
Cependant, Nicolas Sarkozy ne profite pas de la révision de la Constitution opérée en février 2008 et qui porte spécifiquement sur le titre XV relatif à l'Union européenne pour modifier l'article 88-5. La modification est introduite cinq mois plus tard à l'occasion de la révision plus générale de la Constitution, à la suite du rapport Balladur sur la modernisation des institutions de la Ve République. L'article 44 de la loi constitutionnelle du 23 juillet 2008 ajoute un nouvel alinéa dans l'article 88-5 qui réduit la portée de l'obligation de convocation d'un référendum. "Toutefois, par le vote d'une motion adoptée en termes identiques par chaque assemblée à la majorité des trois cinquièmes, le Parlement peut autoriser l'adoption du projet de loi selon la procédure prévue au troisième alinéa de l'article 89."
Par conséquent, la convocation d'un référendum sur l'adhésion de tout nouvel Etat membre est obligatoire, sauf si les deux chambres du Parlement votent dans les mêmes termes, une motion autorisant la ratification par voie parlementaire.
« L'Europe bouc émissaire de la fin de campagne »
Les Echos livre une analyse intéressante de la place de l'Europe dans cette fin de campagne.
Par François Vidal et Karl de Meyer, Les Echos 17 avril 2012
Les solutions extrêmes ont le vent en poupe. En effet, il paraît bien difficile de naviguer sur les flots européens en ces temps de tempête. D'une manière générale, les candidats ne parlent pas posititivement de l'Union. Certains font flotter un certain flou en se piquant des idées les uns aux autres. Voilà le cap donné par cet éditorial François Vidal, "L'Europe bouc émissaire de la fin de campagne".
Le journal du mardi 17 avril poursuit dans un dossier entier consacré à la place de l'Europe dans la campagne, à commencer par un article sur l' "Europe : le scepticisme et la confusion dominent la campagne électorale". Vous trouverez tous les articlers liés dans la partie "sur le même sujet".
Crise en Europe, Présidentielles en France
Des scores dans la moyenne pour France 2 cette semaine du 9 avril (lundi férié, l'équipe s'est mise en veille), avec 7 minutes de son temps consacré à l'Europe. France 3 suit avec trois minutes et enfin TF1 avec 2 minutes. Cela fait maintenant plus d'un mois que TF1 ne s'est pas classée première et la voilà troisième de cette semaine pour la troisième fois consécutive.
Les informations européennes de cette semaine sont relativement éparses, non concentrées comme d'habitude sur un ou deux grands sujets.
Semaine tournée vers l'étranger
Mardi, dans son carnet de campagne, France 3 évoque Marine le Pen qui recevait la presse étrangère à son QG de Nanterre. Elle a une fois de plus affirmé son opposition à l'euro : « je pense qu'il n'y a pas un seul Français, peut-être même pas un seul européen qui ne sache que je suis une ennemie jurée de l'euro, monnaie unique. Je l'ai dit sur tous les tons, je l'ai dit partout où j'ai pu le dire, c'est même un des marqueurs de ma campagne ».
Mercredi France 2 opte pour un angle original des conséquences de la crise grecque. Autrefois terre d'immigration, l'Europe est en train de devenir une terre d'émigration, présente la chaîne, avant de faire un focus sur les Grecs qui s'exilent à New York. Dans le quartier de la Little Greece, en pleine expansion, des émigrés commentent : « la- bas, il n'y a pas de futur », « la Grèce, c'est juste bon pour les vacances ». Le centre d'immigration du quartier a vu ses demandes de visas augmenter de 50%. Le flux soudain d'arrivées bouscule le système scolaire des établissements grecs. Face à la difficulté croissante d'obtenir des papiers, la plupart des grecs arrivent avec un simple visa de tourisme et restent ensuite illégalement, un sujet tabou à Little Greece.
Jeudi, la Deux comme la Trois portent leur attention sur le prix élevé des pièces automobiles en France. Une visite chez un vendeur de pièces détachées en Belgique, à quelques mètres seulement de la frontière, démontre une différence de prix de certaines pièces allant bien souvent du simple au double. Ailleurs en Europe, les pièces sont de 6 à 15% moins chères qu'en France. Une loi française oblige de ne monter que des pièces de carrosserie fabriquées par le constructeur. Ainsi, le monopole des constructeurs fait monter les prix. +28% d'augmentation des prix d'entretien et de réparation sur 10 ans, indique l'autorité de la concurrence. Les constructeurs automobiles défendent la propriété intellectuelle des pièces et la question de sécurité. Une lutte contre la contrefaçon devrait être mise en place, conclut le reportage. De son côté, France 3 se rend en Allemagne pour dresser le même constat : en France, le prix des pièces détachées est le plus cher d'Europe et a connu une hausse importante sur ces dix dernières années. L'idée sous-jacente est bien de l'expliquer par absence de concurrence.
France 2 passe ensuite à un sujet plus grave. En Italie (aussi), le nombre de suicides a explosé. France 2 prend l'exemple d'un menuisier, accablé de dettes, qui s'est suicidé la semaine dernière. Ce n'est pas un cas isolé. +25% de suicides en 10 ans, les PME sont en première ligne. Toutes déplorent une baisse de leur carnet de commande, la contraction des crédits et les mesures d'austérité de Mario Monti. Un autre exemple est mis en avant, celui d'une restauratrice, qui, étranglée par les taux d'intérêts, effectue maintenant une grève de la faim, contre ce qu'elle appelle le « harcèlement » des banques. En conclusion, le reporter souligne le manque de mesures spéciales en faveur des PME de la part du gouvernement Monti.
Week-end présidentiel
Le samedi, France 2 se penche sur le candidat de Debout la République. En visite chez un agriculteur cultivateur de salades, Nicolas Dupont-Aignan pose la question : « Pourquoi la Norvège et la Suisse importent les salades françaises ? ». « Posée comme cela, la question n'a l'air de rien » mais il souhaite ainsi démontrer « la nocivité du système européen » qui fait que selon lui, les pays hors-UE ont la liberté de contrôler l'entrée de produits agricoles sur leur territoire, contrairement à l'UE. Le journaliste résume la position du candidat avec un brin d'humour : « il faut changer l'Europe, c'était la démonstration du jour sans salade du candidat souverainiste ».
France 3 se concentre sur une mobilisation près de Nemours dans une usine de vitrage automobile sous-traitante de Volkswagen. L'avenir de l'équipementier sera décidé le 23 avril par le tribunal de commerce. La liquidation de cette entreprise de plus de 200 salariés est à craindre. C'est la marque allemande qui assurait la survie de l'entreprise. En stoppant ses commandes brutalement, elle a condamnée à mort l'entreprise, explique le reportage. Les salariés ont choisi d'appliquer une méthode similaire, un blocus. « Comme c'est notre client à 80% et qu'il ne veut plus nous soutenir, on lui bloque les pièces », « C'est à cause d'eux qu'on va en liquidation le 23 avril », s'exclame un ouvrier. Un autre ajoute : « Volkswagen fait des bénéfices de 15 milliards, 15 milliards vous vous rendez compte ? Nous on a besoin que de peut-être 10 à 15 millions, c'est une goutte d'eau pour eux ! ».
Dimanche, la campagne s'intensifie davantage avec les différents meetings des candidats sur les places de Paris et ailleurs, mais ce n'est pas sur la place de l'Europe, ou peu. TF1 rapporte également la proposition de Nicolas Sarkozy d'ouvrir un débat sur la croissance en Europe et le rôle de la BCE « au risque de contrarier Angela Merkel ». France 2 note également la remarque du candidat UMP qui a « pris le risque de fâcher à nouveau son partenaire allemand ». France 3 n'a pas relevé de propos sur l'Europe.
Crise : les disparités s'accentuent
Cette semaine du 2 avril, Les Echos s'envolent en haut du classement. Loin derrière, Le Monde se classe deuxième. Les écarts se resserrent sur les trois suivants, tous autour d'une quarantaine de points. Le Figaro a beaucoup moins traité l'actualité européenne alors que La Croix et Libération gardent des résultats relativement habituels.
Inquiétante Espagne
Cette semaine encore, les regards des quotidiens étaient tous tournés vers l'Espagne. En fin de semaine dernière, le gouvernement Rajoy a dévoilé le projet de budget d'austérité 2012, tablant sur 27,3 milliards d'euros d'économies budgétaires, afin de réduire le déficit public à 5,3% du PIB. Le commissaire Olli Rehn a salué la « détermination » du gouvernement. Le prochain défi : convaincre les régions autonomes espagnoles de réduire leur déficit. De nouvelles mesures d'austérité ne sont pas inenvisageables dans les mois qui viennent.
Les Echos signe un article critique et complet, s'amusant du terme d'austérité « intelligente » défendu par le gouvernement. Les budgets des ministères espagnols seront réduits de 17% en moyenne, bien plus que prévu initialement (…) Les politiques les plus touchées sont l'aide au développement (-594 millions d'euros), la défense (-351 millions d'euros), les infrastructures (-715 millions d'euros) ou encore l'aide à l'emploi (-1,55 milliard d'euros), et ce malgré le fait que le pays compte plus de 5 millions de chômeurs (quasiment 23% de la population active) (…)Pour ce qui est des recettes, le gouvernement compte collecter 12,3 milliards d'euros en plus cette année, notamment grâce à l'augmentation progressive de l'impôt sur le revenu annoncée fin décembre et à l'alourdissement de la charge fiscale pesant sur les entreprises via la suppression d'une multitude de déductions ». L'article souligne également que « l'exécutif a délibérément choisi de ne pas augmenter la TVA ».
Brillante Allemagne
A l'inverse, l'Allemagne vient d'augmenter les salaires de deux millions de ses fonctionnaires, une augmentation historique de 6,3 % sur deux ans remarquée dans les médias français. Déjà « la Bundesbank s'inquiète » « d'une spirale inflationniste ». Les Echos rappellent qu'en 2011, les salaires réels avaient reculé de 0,3 % dans la fonction publique. Les syndicats présentaient cette augmentation comme nécessaire après des années de sacrifice pour faire de l'Allemagne ce champion économique. Il n'en reste pas moins que cette mesure sera difficile à mettre en œuvre pour les collectivités.
Mais ce qui a surtout attiré l'attention en Allemagne en ce week-end pascal, au milieu des confiseries et des enfants, c'est le débat sur l'allocation d'éducation parentale. La Croix et Le Monde y font référence. Cette mesure défendue par la CSU bavaroise et lancée par la CDU de Merkel sera versée à partir du 1er janvier 2013. Elle est destinée aux parents qui élèvent leur enfant à la maison jusqu'à leurs 3 ans, et s'appuie sur le constat peu réjouissant de la démographie allemande. Or, les spécialistes dénoncent une mauvaise appréhension du problème, « une mesure d'adaptation à la décroissance plus qu'une politique de natalité ». Le retard de la politique d'équipement des communes en crèches est patent en Allemagne. Enfin, beaucoup y voient une incitation faites aux femmes à ne pas travailler et à se cantonner à un rôle de mère.
Triste Grèce
Là où les salaires n'augmentent pas, la situation sociale s'envenime. Libération rend un hommage au retraité qui s'est suicidé à Athènes. Les réactions hostiles au gouvernement se multiplient après le décès de cet homme de 77 ans, une mort signée politiquement, un lieu choisi, la place Syntagma, en face du Parlement. Seul le chef socialiste et ancien ministre des Finances, Evanghélos Vénizelos, n'a pas reconnu cet acte comme politique, il estime que devant une « décision existentielle, seul le respect s'impose ». Pas sûr que les quelques 18% du PASOK grossissent… Enfin, cet article rappelle un bien terrible constat : « Dans un pays où il y a quelques années encore, le taux de suicide était parmi les plus bas d'Europe, le ministre de la Santé évoque une augmentation de plus de 40% depuis le début de la crise ».
L'urgent MES, du nouveau ?
Les Européens continuent à s'agiter pour donner vie au Mécanisme européen de stabilité (MES). Les Echos livre les derniers scoops sur cet accouchement : « Crise : l'Europe demande au FMI de se mobiliser à son tour » . Tout d'abord, « les Allemands ont admis que le nouveau MES qui sera lancé en juillet et aura une capacité de prêts de 500 milliards d'euros, ne se substituera pas à l'actuel Fonds européen de stabilité financière (FESF), mais le complétera. Ainsi le FESF maintiendra ses programmes d'aides au Portugal, à l'Irlande et à la Grèce, tandis que le MES, qui sera doté d'ici à l'été 2014 de 80 milliards d'euros de capital, s'occupera des éventuels nouveaux plans d'aide ». « Au total, Christine Lagarde espère obtenir 600 milliards de dollars de capacité de prêts supplémentaires. » Le journal livre aussi quelques informations sur les difficiles négociations avec les autres pays, comme les Etats-Unis ou nombre de pays émergents.
L'initiative citoyenne, remarquée dans les journaux
La presse s'est intéressée à un sujet éminemment européen, l'initiative citoyenne. « Entrée en vigueur d'un droit de pétition dans l'UE » titrait Le Monde. Un million de citoyens, provenant d'au moins 7 États membres de l'UE, peuvent demander à la Commission européenne de légiférer sur un sujet précis depuis le 1er avril. Cette mesure était en réalité prévue depuis 2009, depuis le traité de Lisbonne. Tous se félicitent de la naissance d' « un quatrième pouvoir d'initiative, celui qui appartient à tous les citoyens européens ». La presse révèle néanmoins que la Commission a le droit de ne pas donner suite à une telle demande. Des initiatives ont déjà été tentées, mais trop tôt. La Fédération syndicale européenne des services publics déclare qu'elle sera la première à porter une initiative citoyenne européenne, sur la question de l'eau.
La phrase de la semaine
Pour terminer cette revue sur une note plus française. « Le président-candidat projette le gel de la contribution française à l'UE », voilà la révélation choc de la semaine. Dès 2010, dans une lettre commune à plusieurs dirigeants européens, « Nicolas Sarkozy en tête », affirmait : « La dépense publique européenne ne peut s'exonérer des efforts considérables des États membres visant à maîtriser leurs dépenses publiques ».
La contribution s'élève actuellement à près de 19 milliards d'euros, au deuxième rang derrière l'Allemagne. Il s'agit en réalité pour le candidat de l'UMP de geler l'augmentation de la contribution, soit 600 millions d'euros par an. Le Figaro rappelle que « la France reçoit annuellement de l'UE quelque 13 milliards d'euros ». Le candidat secoue encore une fois « le cocotier bruxellois », à l'image de ses précédentes positions sur Schengen.
TF1 muette et France 2 ibérique
Les scores de cette semaine un peu particulière du 2 avril sont exceptionnels. Avec un week-end de Pâques au repos, sans veille, France 2 parvient tout de même à atteindre des scores record. France 3 se préserve des résultats honnêtes, similaires à ceux de la semaine dernière. TF1 est le mauvais élève de cette semaine. La chaîne n'a jamais fait un 0 absolu. La campagne s'intensifie. France 2 a su porter son regard sur un horizon européen. Sans actualité européenne brûlante, la Deux a fait le choix de sujets de fonds.
France 2 au cœur de l'Europe
France 2 commence la semaine en traitant trois différents sujets européens en un jour. Un reportage s'intéresse à « l'éclatante réussite de l'industrie automobile allemande » alors que l'industrie française est dans un état calamiteux. « Enquête dans la méthode Volkswagen » : beaucoup d'exportations, peu de délocalisations et un travail flexible avec si nécessaire des baisses de salaires, voilà la recette. Chez Porsche, modèle haut de gamme, les prix ont augmenté de 32% en un an. Le haut de gamme se porte bien très constate la chaîne.
France 2 s'intéresse à un rapport français qui fait grand bruit, sur « la mondialisation déloyale » . Au cœur de l'actualité européenne de la campagne, ce document explique que l'Union européenne serait « trop ouverte et trop naïve », l'industrie avec « trop de normes » européenne. Les contrôles et normes imposés ne sont pas toujours respectés par les industriels. Ainsi, 76% des briquets importés en Europe ne sont pas aux normes, 11% des pneus, etc. Cet avantage compétitif peut également mettre en danger les citoyens européens. Selon le porte-parole de la Commission, l'UE est soucieuse de la santé des consommateurs et apporte un cadre qui favorise l'innovation des entreprises. Le journaliste fait remarquer que ce n'est pas à l'UE de contrôler mais bien aux Etats membres par lesquels les biens entrent sur le territoire européen. Par ailleurs, les biens non conformes sont importés par des entreprises européennes qui gèrent le cahier des charges et sont donc largement informées. Il faudra alors investir davantage pour ces contrôles.
France 2 continue de s'intéresser à ce qui se passe en Espagne, cette fois-çi de l'autre côté du décor. Alors que le pays est durement touché par la crise, il devient une destination de choix pour de nombreux Français, pour le tourisme comme pour le logement. En 3 ans, l'immobilier a perdu 40% de sa valeur donc pour les Français au pouvoir d'achat stable, c'est un « eldorado ». Un agent immobilier explique que ces biens espagnols intéressent principalement les jeunes entrepreneurs français avec des salaires encore bas et des charges relativement importantes. Mais c'est aussi la raison pour laquelle l'agent constate beaucoup de turnover. Conclusion du reportage : avec un taux de chômage deux fois plus élevé qu'en France, mieux vaut déménager avec un projet solide.
Semaine de mauvaises nouvelles
Mardi, France 2 continue sur sa lancée avec un nouveau sujet à perspective européenne. Les travailleurs français seraient « les champions d'Europe du pessimisme ». France 2 s'appuie sur une récente étude Gallup International. La motivation n'est pas au rendez-vous. Le journaliste souligne 40% de baisse de motivation en cette période de crise, ce qui est deux fois plus qu'en Allemagne. Un micro-trottoir livre le ressenti de quelques Français. La question des salaires arrivent vite en tête des préoccupations. Seulement 30% des salariés français se disent satisfaits de leur rémunération, contre 60% en Allemagne. Pourtant, 86% des Français se disent heureux de leur travail.
« Le photovoltaïque : l'Europe en échec ». Les fleurons de l'industrie du photovoltaïque sont dans la tourmente. Ils « avaient le vent en poupe » lors du grenelle de l'environnement, s'amuse le journaliste France 2, mais depuis 4 000 entreprises (sur 10 000) ont été liquidées. La concurrence chinoise vend ses produits 30 à 40% moins chers. Les tarifs de rachat de l'électricité ont aussi été réduits : -29% en Allemagne et encore plus en France. Un expert interrogé estime néanmoins que l'Europe a encore des cartes à jouer dans le haut de gamme.
Jeudi, France 2 relance le sujet ibérique et l'heure n'est pas aux rires : « Espagne : au bord du gouffre ». Les Espagnols n'ont plus foi en leur économie, constate la chaîne. Le pays a levé mercredi pour 2,589 milliards d'euros en obligations contre les 3,5 milliards espérés. Occasion de rappeler le nouveau plan d'austérité du gouvernement. Il prévoit des hausses d'impôt et une baisse de 17% des salaires des fonctionnaires et avec -1,7% de croissance prévue en 2012. Un expert financier explique que l'Espagne n'a pas fait les efforts suffisants comme ses partenaires, c'est donc une situation d'insécurité pour les investisseurs et les marchés. Un « scenario à la grecque » est-il possible pour autant ? Il n'y a « pas de risque de faillite, mais les voyants sont au rouge ». La hausse d'un point des taux d'intérêt en seulement un mois le confirmerait.
Sur France 3, la campagne des présidentielles bat son plein. Nicolas Sarkozy, dans sa présentation de sa lettre aux Français, mentionne la nécessité d'une rigueur budgétaire au vu du sort des Grecs et des Espagnols.
La Trois se penche depuis quelques temps sur la perception de la campagne des Français vivant à l'étranger. Cette semaine, l'enquête observe Londres pour constater que beaucoup de Français ne s'intéressent plus à la campagne, ce qui se manifeste par un fort taux d'abstention.
Enfin, la Trois passe brièvement sur la Grèce où un retraité s'est suicidé à cause de ses dettes insurmontables. Il est désormais devenu le symbole de la souffrance du peuple grec.
Crédits Photo : Luxeurocoins
« La dette a encore augmenté de 122 milliards, les dépenses d'intérêt de 10%, nous sommes dans une situation proche de l'Espagne et de l'Italie »
Le 30 mars 2012, Nicolas Dupont-Aignan a déclaré : "La dette a encore augmenté de 122 milliards, les dépenses d'intérêt ont encore augmenté de 10%, nous sommes dans une situation proche de l'Espagne et de l'Italie."
A la fin de l'année 2011, la dette française s'établit à 1 717,3 Mds €. A la fin de l'année 2010, elle atteignait 1 595,2 Mds €. Elle a donc augmenté de 122 Mds € en un an. En 2011, la charge de la dette était évaluée à 45 Mds €. En 2012, elle devrait être de 48,7 Mds €. Elle progresse donc de 8%.
Il est difficile de comparer les situations françaises, espagnoles et italiennes, uniquement sur la base de ces seuls critères. La dette espagnole (61 % du PIB en 2010) est moins importante que la dette française (82,3 % du PIB). Mais, le déficit y est plus important : 9,3 % du PIB en Espagne en 2010 ; 7,1 % en France. A l'inverse, la dette italienne (118,4 % du PIB en 2010) est plus importante que la dette française. Mais, le déficit y est moins important (4,6 % du PIB).
Sources :
Après l'état d'urgence, les conséquences politiques
Après des semaines mouvementées avec des thématiques variées, sur la Grèce, sur la renégociation du traité, puis sur Schengen, l'Europe est laissée quelque peu de côté cette semaine du 26 mars.
Le Monde double Les Echos. Avec Le Figaro, les points chutent. Ainsi, La Croix et Libération, à quelques points d'écart, sombrent dans le bas du classement.
« La campagne fait l'économie de la crise ». Voilà qui donne le ton de la semaine. Après des semaines mouvementées, avec des thématiques variées, sur la Grèce, sur la renégociation du traité sur la stabilité, puis sur Schengen, l'Europe est laissée quelque peu de côté. La crise européenne n'échappe pas à ce constat. « Remisé au second plan dans les discours des candidats à la présidentielle, le marasme continue pourtant de toucher les Européens. Et les indicateurs sont loin d'être rassurants » indique Libération. En Espagne, « les marchés réalisent que la dette publique y augmente rapidement (69% du PIB), malgré l'austérité (…) Evoquer, dans ce contexte, un « rebond » de la croissance est peut-être la plus étrange des appréciations ».
L'heure du bilan social et politique a sonné. Si les candidats français se prononcent peu sur ce qu'il se joue à l'étranger, la presse signent de longs articles sur la situation en Europe.
Au premier rang, l'Espagne
Le Monde consacre un dossier en Une : « Grèves, récession, déficit : l'Espagne devient le grand souci de l'Europe ». Il résume « pourquoi l'Espagne inquiète tant la zone euro ». L'article revient sur la première sonnette d'alarme : « la publication d'un déficit 2011 bien plus élevé qu'attendu, après l'arrivée au pouvoir fin décembre de M. Rajoy ». L'article revient sur la bulle immobilière, principale difficulté fiscale des régions espagnoles aujourd'hui. Dans le même dossier, Le Monde relate la « grève générale contre la réforme du marché du travail ». « La nouvelle loi prévoit en effet que les entreprises puissent imposer des réductions salariales de manière unilatérale après deux trimestres de baisse du chiffre d'affaires, et procéder à des licenciements économiques après trois trimestres consécutifs de réduction des bénéfices ». Or, les craintes suscitées par cette réforme se comprennent dans le contexte espagnol. Le Monde rappelle la dure période de récession ; les prévisions de croissance pour 2012 sont de - 1,7 % et une atmosphère de travail déjà bien dégradée avec déjà les baisses de salaires.
Libération ne passe pas à côté du sujet. « Rajoy ne cède rien à la rue ». Le journal rapporte la suite de la grève générale du jeudi, livrant au passage un chiffre sur le nombre de manifestants. « Au lendemain de la grève générale qui a jeté dans les rues plus de 800 000 personnes contre la réforme du marché du travail, le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy ne vacille pas. A l'issue du Conseil des ministres, la vice-présidente, Soraya Sáenz de Santamaría, a présenté le budget annuel (…) des coupes franches dans les dépenses publiques à hauteur de 27,3 milliards d'euros en 2012 (…) la facture d'électricité augmentera de 7% et celle du gaz de 5% ». Les syndicats négocieront encore jusqu'au 1er mai le texte sur la réforme du travail.
Le Mécanisme européen de stabilité devient urgent. Les dix-sept Etats se sont mis d'accord vendredi pour « relever de 500 à 800 milliards d'euros leur « pare-feu » contre la crise financière. L'Allemagne a lâché du lest. Mais le compromis, largement cosmétique, est loin de répondre aux attentes » de tous, notamment du FMI, de la Commission européenne et de l'OCDE.
De même en Italie, obstacle à la réforme du droit du travail
« L'Italie fait la preuve que la réforme d'un « vieux pays » est possible ! » lance Yves de Kerdel dans sa chronique. « Par bonheur, il s'est trouvé un homme,… furieusement soucieux de l'intérêt général » pour venir à la rescousse de ce pays. Un article du journal vient nuancer ce propos. En Italie, ce n'est pas le peuple qui grogne mais l'instigateur. L'article « L'ultimatum de Monti aux députés italiens » explique que « le président du Conseil menace de se démettre si le Parlement choisit de faire traîner en longueur l'examen de son projet de réforme du droit du travail ». Le Figaro souligne que pour l'OCDE cette réforme constitue « un pas décisif pour accélérer la création de postes de travail » et contrebalance son jugement final par « un pas qui, aux yeux de Monti, semble justifier un passage en force au nom de l'intérêt national ».
A Athènes, le politique s'en mêle aussi
« La classe politique grecque à l'heure des comptes ». Les élections se rapprochent à grand pas (probablement fin avril). Le Figaro tente d'y voir plus clair. « Pour avoir refusé de voter le premier plan de sauvetage (avant de soutenir le second), Antonis Samaras, le président de Nouvelle Démocratie (ND, droite), est crédité de sondages favorables », environ 30% contre 11% pour le PASOK. Mais, de son côté, « la gauche radicale pourrait même cumuler 30 % des suffrages, entre un Parti communiste brejnévien, la coalition Syriza et la Gauche démocratique…La crise va avoir l'effet d'un tsunami qui va balayer la classe politique, prédit le Pr Tsoukalis. ».
Pendant ce temps les experts européens poursuivent leur aide pour réformer le pays. La Croix, dans un dossier en Une, explique comment « la "task force" veut aider l'Etat grec à "se réparer" ».



