Peut mieux faire. Selon un rapport, publié le 11 février 2010 par la Commission, le bilan pour la période 2004-2007 est globalement positif. « Les concentrations de nitrates dans les eaux de surface (y compris les rivières, les lacs et les canaux) sont restées stables ou ont diminué dans 70 % des sites de surveillance», note le texte. Par ailleurs, le rapport indique que dans 66 % des sites de surveillance, la qualité des eaux souterraines (en dessous de la surface du sol) est stable ou en voie d’amélioration.

Pourtant, ces progrès sont inégaux. Certaines régions affichent des taux de concentration en nitrates « préoccupants », indique la Commission dans son communiqué. En France, plusieurs régions sont visées, notamment la Bretagne. La concentration en nitrates des eaux y serait supérieure à la norme européenne de qualité de l’eau, fixée à 50 mg/l. Dans certaines régions, le respect des normes de qualité des eaux reste pour l’Union européenne « un défi complexe et permanent », déclare le nouveau commissaire chargé de l’environnement, le slovène Janez Potočnik.

L’activité agricole est la cause principale de pollution de l’eau, du fait de l’utilisation des engrais et de la très forte productivité des sols. La Commission a félicité les efforts du monde agricole dans l’utilisation des technologies innovantes, qui permettent de réduire l’excrétion d’engrais, mais appelle le secteur à intensifier ses efforts.

Elle invite en outre les Etats à renforcer leurs actions dans les régions touchées par de fortes concentrations en nitrates, notamment en matière de surveillance des zones particulièrement exposées et de développement des programmes d’actions renforcées.

POSITIONS :

« Il faut faire extrêmement attention lorsque l’on parle d’amélioration », précise le responsable du pôle eau de France Nature environnement, Bernard Rousseau. Celle-ci dépend pour beaucoup de la variabilité climatique, notamment de la pluviosité.  Il se méfie de ces effets d’annonces de la Commission, «ces cocoricos pour justifier des politiques que l’on ne mène pas ».

 En France, les situations de la nappe de Beauce ou du plateau de Langres laissent sceptiques sur une amélioration réelle. Il souligne par ailleurs la relativité des normes européennes. « Une concentration en nitrates de 50 mg/l n’est pas la panacée, et d’un point de vue scientifique reflète déjà une très grande contamination de l’eau », estime-t-il.