Au milieu de deux rangées de lapins en cage, une quinzaine de personnes se promènent. Quatre députés européens français PPE, Sophie Auconie, Maurice Ponga, Michel Dantin et Marie-Thérèse Sanchez Schmidt, ont fait le déplacement, en ce jeudi 4 mars au salon international de l’Agriculture. Au menu: échanges avec les producteurs et avenir de la politique agricole commune (PAC). 

Sophie Auconie (Nouveau Centre) est venue «prendre le pouls d’un secteur confronté à l’Europe depuis longtemps». «Il faut qu’on les associe très en amont aux textes que nous propose la Commission européenne», souligne-t-elle. «On a besoin de l’Europe par rapport à la concurrence internationale.»

Direction la «planète viande», où les élus sont interpellés par le président d’Interbev ovins, l’interprofessionnelle du bétail et de la viande, Emmanuel Coste. «Nous travaillons sur la contractualisation, dit-il. Mais nous aimerions avoir l’encadrement européen.» 

Pendant la visite, c’est Michel Dantin qui joue le guide. L’ancien conseiller de Michel Barnier au ministère de l’Agriculture connaît les lieux par cœur. Il se fait volontiers l’avocat du nouveau commissaire européen, le Roumain Dacian Ciolos, et de sa capacité à écouter la profession et à réformer la PAC, en collaboration avec deux de ses collègues européens, Joaquin Almunia [Concurrence] et Michel Barnier [Marché intérieur]. A condition que les trois hommes soient sur la même «longueur d’ondes».

Et lorsque la petite troupe rencontre François Hollande, l’ancien premier secrétaire du PS leur lance: «Vous voyez Stéphane Le Foll de temps en temps?» Au même moment, l’eurodéputé socialiste, très investi sur les sujets touchant à l’agriculture, participe à Bruxelles à un atelier sur l’avenir de la PAC, avec d’autres élus de son parti (lire encadré).

Régulation «intelligente et efficace»

De passage sur le stand des représentants de la race charolaise, Michel Dantin continue de promouvoir le nouveau commissaire. «Par rapport à la ligne anglo-saxonne que nous avons connu pendant quelques années, nous nous retrouvons avec un commissaire européen latin. Son rapport avec les produits est le même que nous. Quand il était ministre, il a toujours été en phase avec la France», affirme-t-il.

Puis direction la FNSEA, où les élus sont accueillis par le président du syndicat Jean-Michel Lemétayer. «Alors, on va avoir un bon papier sur la future PAC, à l’automne?», lance Le métayer. Mais Michel Dantin affirme que la négociation n’est pas encore lancée, et que pour l’instant, l’heure est à la mise en œuvre du bilan de santé de la PAC. «Aujourd’hui, un certain nombre de commentateurs ont conclu les discussions alors qu’elles n’ont pas encore commencées», affirme le député.

Michel  Barnier

Le nouveau commissaire au Marché intérieur, le Français, Michel Barnier, croisé au détour d’une allée, exprime un sentiment similaire. «Le débat va commencer», martèle-t-il. «Il y a un accord général au sein du collège pour préserver une capacité européenne de production, pour garantir la sécurité alimentaire en quantité et en qualité», poursuit-il, en affirmant qu’il ne faut pas réduire la réforme de la PAC à la volonté d’un groupe de commissaires. «Dans le domaine agricole, comme dans le domaine financier, il y a besoin d’une régulation intelligente et efficace. Nous en avons besoin peut-être un peu plus encore dans la production agricole», poursuit-il.

De son côté, Sophie Auconie estime que la PAC n’est pas la préoccupation imminente des agriculteurs. «Avant la PAC, il faut leur proposer des volumes avec des prix rémunérateurs. N’importe quel chef d’entreprise a besoin à la fois d’avoir un produit qui lui permet de dégager une marge, et de savoir à quel prix il va vendre son produit. Aujourd’hui, les agriculteurs ne peuvent rien anticiper».