PAC : la France sauve les meubles

-A +A

Les fonds de la politique agricole commune vont baisser de 13%. Le coup de rabot de la part des agriculteurs français sera seulement de 3%.

C'est un point d'honneur pour les gouvernements français qui se succèdent. François Hollande n'a pas dérogé à la règle. Après 26h de négociations sur les perspectives financières 2014-2020 de l’UE, le chef de l'Etat s'est réjoui d'avoir défendu le budget agricole… surtout pour la France.

L’enveloppe de la politique agricole commune (PAC) « a été pour l’essentiel préservée, notamment pour les agriculteurs français et j’y ai particulièrement veillé » a déclaré François Hollande lors de sa conférence de presse finale, vendredi 8 février.  

Meilleure répartition

Sur les sept prochaines années, 373,5 milliards d’euros seront consacrés à l'agriculture, soit 47,5 milliards de moins que sur la période précédente (421 milliards). Mais cette baisse de 13% sera seulement répercutée à hauteur de 3% en France.

Selon les chiffres du gouvernement, l’enveloppe ne bouge presque pas. Les exploitants français recevront 47 milliards d’euros d'aides directes et 8,8 milliards du Fonds européen agricole de développement rural (Feader).

Au total, la France percevra 55,8 milliards entre 2014-2020 au lieu des 57,3 milliards de la période 2007-2013.

François Hollande a toutefois insisté sur la nécessité de mieux répartir les aides entre les différentes catégories. Aujourd’hui, elles profitent surtout aux céréaliers, alors que le prix des céréales n’a jamais été aussi élevé. A l’inverse, les éleveurs, dont le secteur est en crise, ne touchent presque rien.

Le Parlement en mars 

Mais les dépenses agricoles ne seront pas indexées à l’inflation. D’ici 2020, leur part dans le budget communautaire se rapprochera des 30%, contre 40% aujourd’hui.  

Pour le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, « l’accord obtenu est un bon accord qui préserve les crédits de la PAC. Il est satisfaisant pour la France et pour l’Europe.»

Le président de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) a reconnu que la France avait su "préserver les intérêts de son propre pays".

Inquiet d'un éventuel rejet de l’accord par le Parlement européen, le président des Chambres d’agriculture a appelé les députés à « prendre en compte [l’] équilibre global » de l’accord financier.  Selon Guy Vasseur, un non « générerait une incertitude budgétaire annuelle dans le financement de la PAC ».

Député européen UMP, Michel Dantin estime en revanche que la baisse du budget agricole est « un très mauvais signal pour l’avenir de l’agriculture et de la filière agroalimentaire ainsi pour que les consommateurs », alors que la réforme de la PAC va entrer dans sa dernière ligne droite.

L’enveloppe budgétaire connue, le Parlement européen va pouvoir finaliser sa position. Un vote en séance plénière est prévu en mars.

Pour en savoir plus, lire : « Le Parlement européen douche les ambitions écologiques de la réforme »

Publicité