Le commissaire à l’Agriculture campe sur sa réforme

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Dans une tribune publiée par EurActiv Bruxelles, Dacian Ciolos réaffirme ses ambitions écologiques pour la nouvelle politique agricole commune. Il va devoir affronter les Etats et le Parlement.

Un an et demi après ses propositions sur la réforme de la Politique agricole commune (PAC), le commissaire à l’Agriculture continue de batailler pour les faire accepter par les Etats membres et le Parlement.

Le 8 février, les chefs d’Etat et de gouvernement ont décidé d’allouer 373 milliards d’euros à la politique agricole de l’UE pour la période 2014-2020. Les vingt-Sept en ont aussi profité pour délimiter les contours de leur vision de la future PAC. Si, en apparence, ils reprennent les grands principes proposés par Dacian Ciolos, les gouvernements cherchent surtout à obtenir la plus grande flexibilité possible dans leur application.

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La réforme propose de conditionner « plus de 100 milliards d’euros » du budget au respect de normes environnementales, soit près de 30% des fonds, rappelle Dacian Ciolos dans une tribune publiée par EurActiv Bruxelles.

« Il s’agit d’un soutien financier sans précédent pour la préservation de la biodiversité, des ressources naturelles, et du combat contre le changement climatique », écrit-il.

Le commissaire demande des règles simples « et concrètes » comme la diversification des cultures, le maintien de prairies permanentes et 7% de réserves écologiques. Si la Commission est prête à donner une marge de manoeuvre aux Etats dans les mesures à appliquer, Dacian Ciolos veut que leur efficacité soit garantie grâce à un contrôle de l'UE.

Il réaffirme par ailleurs son opposition à la multiplication des versements des aides aux agriculteurs pour financer des mesures identiques, comme le propose le Parlement européen. De tels mécanismes sont d'ailleurs illégaux. 

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Pour Dacian Ciolos, en agriculture, l’ambition écologique et l’ambition économique sont complémentaires. «La PAC investira à la fois dans l’environnement et la compétitivité à long terme. En agriculture, il n’y a pas […] de durabilité sans la préservation des ressources naturelles. Mais, dans le même temps, les ressources naturelles ne peuvent être préservées sans une agriculture compétitive et rentable. »

Face aux réticences du Parlement et des Etats à le suivre, le commissaire va devoir défendre sa réforme jusqu'au dernier moment. Les députés voteront lors de la plénière de mars sur le texte, avant d'entamer les négociations avec les ministres de l'Agriculture. 

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