Viande de cheval: tests ADN et mobilisation d'Europol en réponse à la fraude

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La Commission a annoncé que 8500 tests ADN seront effectués dans les usines de transformation. L'agence de police européenne sera chargée de coordonner les enquêtes. L’Allemagne est à son tour touchée.

A l’issue de la réunion des ministres de l’Agriculture concernés, mercredi 13 février à Bruxelles, le commissaire à la protection des consommateurs a annoncé une surveillance accrue des circuits agro-alimentaires.

La Commission européenne préconise des contrôles renforcés d'ADN sur les produits à base de viande commercialisés dans l'UE, afin de déterminer l'ampleur du scandale de la viande de cheval retrouvée dans plusieurs préparations censées être au boeuf.

Renforcer l'étiquetage 

"Ces tests seront faits sur l'ADN des produits à base de viande dans tous les Etats membres", a déclaré, Tonio Borg.

Ces contrôles, sur une période initiale d'un mois, concerneront notamment les usines traitant de la viande de cheval, afin de savoir si des résidus de médicaments potentiellement dangereux pour l'homme ne sont pas entrés dans la chaîne alimentaire, a-t-il précisé. Les premiers résultats sont attendus à la mi-avril.

Lors de la réunion, M. Borg a souligné que la Commission allait aussi accélérer ses travaux en vue de renforcer la réglementation sur l'étiquetage de la viande commercialisée dans l'UE.

Ce scandale de la viande de cheval ne présente a priori aucun danger pour la santé publique mais une telle tromperie sur la nature des produits a provoqué un tollé, notamment en Grande-Bretagne où l'idée de manger du cheval est taboue.

L'Allemagne aussi 

Depuis que l'affaire a éclaté la semaine dernière, à la suite de contrôles de routine effectués en Irlande sur des steaks hachés surgelés, les enquêtes ont mis en lumière un circuit complexe de distribution de la viande. Au total, neuf pays ont été cités jusqu'ici, à différents niveaux, comme la Roumanie, le Luxembourg, Chypre et la France.

En Allemagne, la chaîne de supermarchés Real a annoncé à son tour mercredi la découverte de viande de cheval dans des lasagnes surgelées. Elle avait déjà retiré ces plats de ses rayons vendredi dernier.

"Cela a des conséquences sur l'intégrité de la chaîne de commercialisation des produits alimentaires, une question de très grande importance pour de nombreux pays. Maintenant que nous savons que c'est un problème européen, il faut trouver une solution européenne", a affirmé à Bruxelles le ministre irlandais de l'Agriculture, Simon Coveney, dont le pays préside actuellement l'UE.

Europol mobilisé 

Pour son homologue britannique Owen Paterson, les tests qui ont permis de mettre au jour le scandale devraient être désormais menés de façon plus systématiques.

La coordination de l’enquête au niveau européen sera confiée à Europol, l’agence de police communautaire.

Les ministres sont aussi favorables à un renforcement de l'étiquetage, précisant surtout le pays d'origine de la viande utilisée. Pour l'instant, cet étiquetage n'est obligatoire que pour le boeuf frais et doit être étendu à partir de décembre 2014 à l'agneau, au porc et à la volaille.

Lors d'une conférence de presse avant la réunion de la soirée, Tonio Borg avait souligné l'importance de l'étiquetage du pays d'origine des produits agroalimentaires.

"Il est évident que quelque part le long de la chaîne, quelqu'un (...) a frauduleusement ou peut-être négligemment étiqueté un produit de manière trompeuse", a-t-il dit.

Réponse française jeudi 

"Tous les pays par lesquels cette viande a transité sont évidemment suspects. Par pays, je veux dire les entreprises de ces pays qui ont traité le produit en question", a-t-il ajouté.

La branche britannique de l'entreprise de produits surgelés Findus a entamé le rappel de ses lasagnes de boeuf la semaine dernière sur le conseil de son fournisseur français, Comigel, qui affirme que la viande douteuse vient de Roumanie.

Le Premier ministre roumain, Victor Ponta, a assuré qu'aucune fraude n'avait été commise dans son pays.

En France, les ministres de l'Agriculture et de la Consommation doivent rendre public jeudi en fin d'après-midi le résultat de l'enquête administrative sur "la fraude sur la commercialisation de viandes bovines et chevalines."

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