Le Parlement européen veut mettre un terme au travail des enfants dans les plantations de cacao

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Les Européens font partie des plus grands consommateurs et producteurs de chocolat. Les membres du Parlement européen souhaitent cependant introduire des mesures plus strictes pour s'assurer que les fèves de cacao ne sont pas récoltées par des enfants.

Hier (14 mars), les eurodéputés ont approuvé une résolution appelant la Commission européenne à se montrer plus stricte lors de la négociation de ses accords commerciaux, afin d'éviter que de jeunes enfants travaillent à la production de fèves de cacao pour la fabrication de chocolat, de maquillage et d'autres produits de consommation.

« L'ensemble des décideurs politiques et des parties prenantes impliqués dans la production de cacao doivent assumer leurs responsabilités en vue d'éradiquer le travail des enfants de la production de cacao », a déclaré l'eurodéputé portugais Vital Moreira (Socialistes et Démocrates), le rapporteur du Parlement sur la résolution.

Ce texte, approuvé à Strasbourg à main levée, prévoit également de mettre en place un « mécanisme de traçabilité agréé et contrôlé par une tierce partie pour la chaîne d'approvisionnement du cacao ».

Les eurodéputés demandent aux gouvernements, aux industries et aux commerçants de pousser leurs cultivateurs et producteurs à respecter les conventions sur le travail des enfants de l'Organisation internationale du travail (OIT).

Environ 200 millions d'enfants travaillent dans les cultures de cacao en Afrique orientale, en Asie du Sud-Est et en Amérique latine, les principales régions productrices. Les chiffres de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture montrent que la part des exportations africaines de cacao demeure à 78 %, la Côte d'Ivoire et le Ghana étant les plus grands exportateurs de cacao au monde.

L'eurodéputé britannique Robert Sturdy est en faveur d'un système d'étiquetage pour que les consommateurs puissent « voter avec leur portefeuille contre le travail des enfants ».

« Tous les enfants méritent le meilleur départ possible dans la vie », a déclaré l'eurodéputé conservateur lors d'un discours après le vote. « Malheureusement, trop d'enfants n'ont même pas accès à un enseignement des plus basique, car ils sont utilisés pour la production de cacao. »

Les amoureux du cacao

Malgré la stagnation économique dans les pays riches, la demande en cacao ne fait que croître à l'échelle mondiale et l'Europe représente 40 % de sa consommation.

Les conventions internationales sur le travail, les accords commerciaux conclus par l'UE et les efforts de certains représentants du secteur comme l'Association européenne pour le cacao visent à mettre un terme à l'exploitation des pré-adolescents. Les enfants continuent cependant de représenter une part vitale de la main-d'œuvre dans les fermes familiales qui cultivent le cacao et dans les centres de traitement.

Un rapport de 2007 présenté par l'OIT révélait que 30 % des enfants travailleurs au Cameroun avaient moins de 14 ans et qu'ils devaient travailler jusqu'à 11 heures par jour. Ils effectuent bien souvent des travaux dangereux impliquant notamment l'utilisation de pesticides sans dispositif de protection et ils transportent de lourdes charges.

L'International Labor Rights Forum, une organisation basée à Washington, affirme que des milliers d'enfants travaillant dans des plantations de cacao en Afrique occidentale sont victimes de trafic et d'esclavage.

L'Accord européen de Cotonou qui promeut la coopération en matière de commerce et de développement avec les pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, demande aux gouvernements partenaires de se conformer aux normes de l'OIT sur le travail des enfants.

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