La prochaine rencontre des dirigeants sera une déception car le consensus politique s'essouffle, selon des sources présentes lors des discussions préliminaires du groupe.

Le secrétaire d'Etat américain au Trésor Timothy Geithner (à gche) © Commission européenne
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Présidence de la République française - Elysée
Déclaration finale dans la perspective du sommet de Pittsburgh
Les négociations sont mal parties. Les délégations qui se préparent à la réunion du G20 sont de plus en plus irritées par la suffisance canadienne, selon un expert politique qui a suivi de près les négociations entre sherpas à Berlin la dernière semaine de mai. Les dirigeants doivent se réunir pour une rencontre préliminaire à Busan en Corée du sud le 4 juin pour forger un consensus sur certaines mesures visant à amortir les futurs renflouages.
Mercredi 26 mai, la Commission européenne a proposé d'imposer une taxe sur les bilans des banques pour aider à assouplir de possibles faillites. Cependant, ce consensus est d'ores et déjà remis en cause, les représentants français et allemand étant mécontents du manque d'enthousiasme pour une telle taxe, notamment du côté canadien, a confirmé à EurActiv.com une source proche des discussions de Berlin. De plus, le secrétaire d'Etat américain au Trésor Timothy Geithner a déclaré à la presse à Séoul qu'un accord était improbable malgré le soutien européen en faveur d'une taxe. « Il n'existe pas de soutien universel en faveur d'une taxe bancaire au sein du G20, tout au moins pour le moment. Et je ne pense pas que cela change en Corée », a-t-il affirmé.
Craintes américaines
Le message porté par la délégation canadienne est que leur banque sont bien réglementées et bien taxées. C'est pourquoi ils ne voient pas de raison d'introduire des taxes, a ajouté cette source. Les délégations craignent désormais que des problèmes similaires à ceux qui bloquent l'adoption d'une taxe bancaire ne se posent pour d'autres mesures, comme les salaires des banquiers ou les exigences de capital.
D'autre part, un responsable de Washington interrogé par EurActiv.com a prédit que le G20 produirait un accord symbolique sur l'augmentation des exigences de capital et sur la réduction de la taille des banques « too big to fall », deux principes déjà acceptés lors du sommet de Pittsburgh. « Ce sommet ne permettra pas de beaucoup avancer », a poursuivi cette source, proche du processus de réforme du gouvernement américain.
Elle s'est également attardée sur le sentiment d'angoisse qui règne au Capitole quant aux évènements en Europe, comme la crise de la dette grecque. Les Américains craignent que cela n'ait affaibli la capacité de l'Union à adopter une politique macro-économique coordonnée au G20. Selon cette source, le gouvernement américain regarde de près l'UE, de peur que les récentes initiatives pour sévir contre le secteur financier ne puissent déstabiliser le secteur bancaire américain avant que celui-ci n'ait récupéré de la crise.
La ministre française des Finances Christine Lagarde a critiqué l'initiative récente de l'Allemagne de bannir les ventes à découvert à nu le mois dernier et a appelé l'UE à établir une approche commune en amont du G20.
Contexte
L'opposition du Canada, du Brésil et de l'Australie à une taxe bancaire est connue depuis les négociations antérieures du G20 à Pittsburgh aux Etats-Unis. Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a déclaré qu'il était déçu par le rythme lent des progrès lors des négociations de Pittsburgh, qui ont surtout permis de déboucher sur un consensus sur les stratégies de sortie de crise au moment opportun.
Depuis lors, l'UE et les Etats-Unis ont discuté des moyens d'empêcher les banquiers de prendre des risques inconsidérés dans le secteur, comme la lutte contre les salaires trop élevés ou la mise de côté de capitaux en cas de futures insolvabilités. Le sommet du G20 de juin 2010 a été désigné comme le Jour J pour certaines de ces propositions. Les dirigeants doivent se rencontrer à Busan, Corée du sud, le 4 juin pour se préparer au G20 canadien des 26 et 27 juin.





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