Bien que l'UE soit le principal donateur pour le Pakistan, pays détruit par les inondations, la haute représentante aux Affaires étrangères, Catherine Ashton, s'est récemment vue empêcher de prendre la parole lors d'une réunion extraordinaire sur l'aide à ce pays sinistré. Le message de l'Union a ainsi été délivré par le ministre belge des Affaires étrangères, Steven Vanackere, dont le pays exerce actuellement la présidence tournante de l'UE.

« C'est une question de protocole. Elle n'a pas encore été résolue, et nous ne savons pas précisément ce que nous allons recevoir comme réponse, ni quand nous allons la recevoir. Nous espérons que ce sera dans quelques jours », a affirmé à EurActiv.com une source du Conseil européen, institution présidée par Herman Van Rompuy.

« La question des droits de parole de l'Union a été soulevée par Catherine Ashton dans une lettre adressée au secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, et elle attend toujours une réponse, mais nous ne pouvons pas en dire plus pour le moment », a précisé cette même source.

Pour le moment, l'Union européenne a seulement un statut d'observateur aux Nations unies. Toutefois, avec le traité de Lisbonne et la nomination d'un président permanent du Conseil et d'une Haute représentante pour les Affaires étrangères, la position de l'UE aux Nations unies semble devoir être revue de toute urgence.

D'après le quotidien polonais Rzeczpospolita, la France et le Royaume-Uni, qui ne supporteraient pas de perdre leur influence au Conseil de sécurité des Nations unies, étaient à l'origine réticents à accepter cette idée. Mais ils sont parvenus à un compromis selon lequel la diplomate en chef de l’Union aura le droit de parler au nom de l'UE à l'Assemblée générale mais pas au Conseil de sécurité.

Il semblerait que la demande de l'UE incite aussi d'autres organisations, comme la Ligue Arabe, l'Union africaine et ANASE (Association des nations de l'Asie du sud-est) à chercher à obtenir un statut similaire. La réponse que recevront ces organisations est incertaine, les Nations unies ne souhaitant pas ouvrir une boîte de Pandore des nouveaux droits de parole.