Économie & finance
Pas encore adopté, le budget européen 2014-2020 est déjà critiqué
Du premier ministre italien à Daniel Cohn-Bendit, les partisans d’une Europe plus intégrée soulignent l’incohérence des coupes alors que les dirigeants appellent à la relance de l’économie.
De passage à Bruxelles, mercredi 30 janvier, le Premier ministre italien Mario Monti a profité de la présentation de son livre « Démocratie en Europe » pour distiller ses impressions sur les négociations budgétaires de l’UE.
Les 7 et 8 février, les dirigeants des vingt-Sept se retrouvent pour tenter de finaliser les perspectives financières pour la période 2014-2020.
En désaccord avec eux-mêmes
Selon Mario Monti, la tournure des discussions démontre le manque de cohérence entre les discours sur la croissance et les coupes réclamées.
A l’heure actuelle, la proposition initiale de la Commission européenne a déjà été amputée de 80 milliards d’euros. De nouvelles coupes à hauteur de 25 milliards supplémentaires sont évoquées.
Le budget européen de nouveau rétréci ?
En juin 2012, un pacte de croissance de 120 milliards d’euros a pourtant été approuvé par les Etats. Ce pacte risque d’être réduit à néant, a estimé M. Monti.
L’eurodéputée française Sylvie Goulard (ADLE), coauteure de l’ouvrage, a ajouté que les dirigeants de l’UE étaient en désaccord avec avec eux-mêmes.
« En juin [2012], ils ont décidé qu’il était nécessaire de rééquilibrer les mesures d’austérité grâce à certaines mesures pour la croissance et la première chose dans laquelle ils coupent, c’est la recherche et les dépenses orientées vers l’avenir », a-t-elle déclaré.
Le président du Conseil italien s’est défendu d’être partisan de « largesses » financières à l’heure de l’austérité. Il a rappelé l’importance de financements pour des projets d’infrastructures transeuropéennes et la recherche.
Rejet du Parlement ?
Daniel Cohn Bendit, le coprésident du groupe des Verts/ALE au Parlement européen, a affirmé que si les dirigeants de l’UE adoptaient le budget pour 2014-2020 conformément aux dernières propositions, « la majorité au Parlement européen le refuserait ». Les députés doivent valider ou refuser l’accord, sans toutefois avoir la possibilité de le modifier.
La vice-présidente du Parlement européen Isabelle Durant a même utilisé des termes plus forts, affirmant qu’elle espérait que le Parlement rejetterait le budget.
Même son de cloche chez les libéraux européens. Le président du groupe ADLE, Guy Verhofstadt, a jugé « stupide » de couper dans les dépenses affectées à la croissance. Il demande aussi que l’argent non utilisé par l’UE ne soit plus rendu aux Etats membres mais réaffecté ailleurs.
L’ancien Premier ministre belge a indiqué que les dirigeants des 27 en viendraient à le regretter s’ils forçaient le Parlement à repousser le budget.
Mario Monti s’est rendu en Allemagne, jeudi 31 janvier, pour rencontrer la chancelière allemande et préparer le sommet de la semaine prochaine. Il devrait rencontrer le président français, François Hollande, ce dimanche.

Réactions
JANIAUD, 1 fév. 2013
les politiques des EM sont ils comme les sachets tout prêts de potage ou de shampoing .On en prend un, on le vide et on jette l'étui Ce fut la gloire pour le shampoing DOP; Qu'ils arrêtent de se contredire et pensent à l'avenir. LE PE aurait raison
Sonia González @Soniagonfer, 1 fév. 2013
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