Coup d’accélérateur dans la course aux postes de pouvoir [FR]

  
L'essentiel des services de la Commisison sont installés dans le Berlaymont, à Bruxelles

Quelques heures après l’annonce des résultats des élections européennes, les principaux eurodéputés ont entamé les discussions sur les alliances politiques, en vue de nommer les prochains présidents de la Commission et du Parlement européens.

Joseph Daul, président du groupe de centre-droit PPE-DE, a relevé le défi lancé hier soir (8 juin), en proposant une grande coalition entre le Parti populaire européen (PPE), les libéraux du groupe ADLE et le Parti Socialiste européen (PSE) pour reconduire M. Barroso.

Lors du même évènement de presse, le président du PPE Wilfried Martens a admis que le choix d’un candidat du PPE pour le poste de président du Parlement européen ne serait pas une tâche facile. Il a même rappelé qu’il y quelques temps son groupe avait été obligé de tenir un scrutin secret en son sein pour s’accorder sur un candidat unique.

M. Martens a admis que même en cas d’alliance entre son groupe et l’Alliance des Démocrates et Libéraux pour l’Europe (ADLE), le PPE n’obtiendrait pas la majorité parlementaire, puisqu’il aurait alors 348 eurodéputés, alors que la majorité est atteinte avec 379 sièges. Il a donc spécifiquement mentionné les socialistes comme partenaire potentiel dans ce cas-ci également.

Le dirigeant de l’ADLE, Graham Watson, qui fut le premier à annoncer officiellement sa candidature pour le poste de président de l’assemblée européenne (EurActiv 08/01/09), a semblé ne pas être d’accord avec l’idée d’une grande coalition, il préfère une coalition idéologique entre le PPE et l’ADLE.

M. Watson a insisté sur le fait que le choix devrait refléter les résultats des élections, et il considère l’ADLE comme faisant partie de l’alliance de centre-droit. Il a aussi déclaré que le PPE ne devrait pas insister pour obtenir le poste de président du Parlement.

Le cas pourrait se présenter que, si le PPE poursuivent le poste de président de la Commission européenne, ils pourraient envisager de donner la présidence du Parlement européen aux démocrates libéraux et aux socialistes, a-t-il ajouté. Je n’exclurais pas un tel effort d’imagination, même au PPE, a-t-il dit dans un éclat de rire.

Mais un tel accord avec le PSE et l’ADLE résulterait probablement dans une division du mandat de cinq ans à la tête du Parlement européen entre les deux groupes. M. Watson a déclaré de manière répétée qu’il était candidat pour cinq ans pleins.

En ce qui concerne la reconduction de José Manuel Barroso comme président de la Commission européenne, M. Watson n’est pas d’accord avec la vision du PPE selon laquelle M. Barroso devrait être reconduit maintenant, dans le cadre du traité de Nice, et les commissaires choisis après le second référendum irlandais attendu en octobre.

Le président sortant du Parlement, Hans-Gert Pöttering, a déclaré récemment qu’il voulait que l’élection du président de la Commission se tienne le 15 juillet, lors de la première session partielle de la nouvelle assemblée (EurActiv 20/03/09).

Je pense que M. Barroso n’a rien à craindre, a poursuivi M. Pöttering. Il est le seul candidat, donc peut-être devrions-nous prendre le temps d’appréhender ces procédures de manière logique, et régler toute l’affaire – président de la Commission et collège des commissaires – dans le cadre du traité de Lisbonne, s’il est adopté, a ajouté M. Watson.

Des ambitions pour une meilleure communication européenne

M. Watson a aussi divulgué ses plans pour combattre le faible taux de participation aux élections européennes et le manque général d’intérêt pour les affaires européennes, s’il est élu comme président du Parlement européen.

Tout d’abord, nous avons besoin d’une vraie politique de communication de la part des institutions européennes. Nous devrions commencer en donnant à Euronews le statut de diffuseur de service public dans tous nos pays, par exemple, afin que les personnes obtiennent des informations régulières à propos de ce qui se passe à Bruxelles, a déclaré M. Watson.

Il a suggéré qu’un pourcentage d’eurodéputés puisse être élu sur des listes paneuropéennes, permettant à des campagnes paneuropéennes d’avoir lieu et de commencer à remplacer les 27 campagnes nationales. Il a aussi plaidé pour que les commissaires soient choisis parmi les rangs du Parlement européen, pour que, selon ses mots, chaque commissaire ait un mandat d’élu au suffrage direct, ce qui permettra aux citoyens de voir l’impact de leur vote sur la nouvelle Commission européenne.

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