La xénophobie prend une nouvelle dimension avec Nicolas Sarkozy, selon un eurodéputé britannique

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Le président français, Nicolas Sarkozy, en pleine campagne pour les élections présidentielles, réalise qu'il ne pourra pas gagner sans « accepter les idées » de l'extrême droite, a déclaré hier (21 mars) un éminent eurodéputé.

L'eurodéputé britannique Claude Moraes (Socialistes & Démocrates) a déclaré que Nicolas Sarkozy était clairement en train de tenter de récupérer les électeurs de Marine Le Pen, la présidente du Front National d'extrême droite.

Mais selon lui, il est encore plus grave qu'il confère à l'idéologie de Mme Le Pen « une nouvelle dimension » en la rendant acceptable pour un public centriste. Il a ajouté que ce message se propageait en Europe.

Le problème n'est pas seulement le « manque de principes » de M. Sarkozy. Ce qui est inquiétant, c'est que ce type de discours touche des millions de personnes d'ethnies et de vécus différents qui se sont installées en Europe et se sentent de plus en plus stigmatisées, a-t-il expliqué.

Les élections présidentielles françaises sont prévues pour le 22 avril, avec un second tour le 6 mai.

L'eurodéputé a ajouté qu'il était « assez extraordinaire » que M. Sarkozy, hongrois d'origine, explique aux Français qu'il y a trop d'étrangers en France. M. Moraes est lui-même né en Inde de parents indiens et il a déménagé avec eux en Grande-Bretagne à l'âge de six ans.

Il a reçu le prix de l'eurodéputé de l'année remis par le Parliament Magazine pour son travail dans les domaines de la justice et des libertés civiques.

Rapport sur le racisme

M. Moraes s'est exprimé lors de la présentation du rapport indépendant pour 2010-2011 du Réseau européen contre le racisme (ENAR) qui a été publié hier à l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la discrimination raciale.

L'ENAR est un réseau rassemblant plus de 700 ONG qui œuvrent dans tous les Etats membres de l'UE. Son rapport annuel est rédigé à partir des 27 rapports nationaux.

Il dresse le bilan de la crise économique en raison de laquelle les immigrés et les minorités ethniques ont été encore plus touchés par le chômage et la précarité sur le lieu de travail.

« Il est inquiétant de constater que le contexte politique empire », a déclaré le président de l'ERAR, Chibo Oneyji. Il a mis en exergue le succès des partis d'extrême droite en Europe et le fait que la crise économique continuait d'exacerber les craintes de la population.

L'eurodéputée britannique Jean Lambert (Verts/ALE) a affirmé que l'UE n'utilisait pas sa stratégie Europe 2020 qui prévoit de réduire le nombre d'Européens vivant sous le seuil de pauvreté et d'augmenter le taux d'emploi (voir « Contexte »). Elle a ajouté qu'elle émettait des doutes quant à cette stratégie et aux plans d'action nationaux qui ne semblaient pas être une grande priorité.

Lorsqu'EurActiv lui a demandé ce qu'elle comptait faire pour régler le problème, elle a répondu qu'il serait utile d'entamer un dialogue entre le Parlement européen et les parlements nationaux sur la manière dont Europe 2020 devrait être mise en oeuvre.

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