Le personnel de l’UE fera grève pour protester contre les coupes budgétaires

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Des milliers de membres du personnel travaillant dans les institutions européennes feront probablement grève aujourd’hui (8 novembre) à Bruxelles afin de protester contre d’éventuelles coupes budgétaires. Si cette manifestation ne porte pas ses fruits, les syndicats envisagent d’organiser une autre grève pendant le sommet européen de ce mois-ci.

 

Des syndicats ont appelé à la grève aujourd'hui afin de protester contre la pression des États membres en faveur de réductions des coûts de personnel et de fonctionnement des institutions européennes dans le budget pour 2014-2020.

 

« L'objectif de la grève est de protester contre les intentions claires de réduction du budget de l'Union européenne de telle sorte que des projets principaux passeront probablement à la trappe », a déclaré Sylvie Jacobs, la présidente de l'Union Syndicale Fédérale.

 

« Nous ne pourrons plus travailler pour l'Europe parce que nous n'aurons plus suffisamment de personnel et de budget pour que les choses fonctionnent », a-t-elle expliqué à EurActiv.

 

Les 27 États membres de l'UE se querellent actuellement à propos du budget 2014-2020. La bataille atteindra son paroxysme lors du prochain sommet des 22 et 23 novembre à Bruxelles.

 

Le premier ministre britannique, David Cameron, a menacé d'opposer son veto sur tout accord qui ne gèle pas complètement les dépenses au niveau de 2011. L'Allemagne et les Pays-Bas demandent également une diminution des dépenses de l'UE.

 

En 2011, la Commission a proposé de réduire de 5 % le nombre de fonctionnaires de l'UE (actuellement de 55 000) à l'horizon 2020. À l'époque, le salaire mensuel des fonctionnaires variait entre une base de 2 600 euros et 20 000 euros pour un commissaire. La plupart des fonctionnaires bénéficient également d'allégements fiscaux spéciaux.

 

Mme Jacobs a indiqué qu'elle savait que les membres du personnel de l'UE étaient critiqués en raison de leur position stable en ces temps économiques difficiles. « Mais là n'est pas la question », a-t-elle ajouté.

 

« Bien sûr nous ne sommes pas satisfaits et nous protestons contre les réductions en préparation, mais le problème principal, c'est que le personnel sera tellement sollicité qu'il ne pourra plus remplir sa mission. Nous estimons que la situation est critique non seulement pour nous, mais également pour toute l'Europe. »

 

La présidente du syndicat a regretté que les fonctionnaires européens soient souvent décrits comme des paresseux extrêmement bien payés alors que ce n'est pas le cas, selon elle. Bien que les membres du personnel aient été privilégiés par le passé, une réforme importante a été adoptée en 2004 afin d'introduire des réductions de salaire draconiennes pour les nouveaux venus.

 

Une grève pendant le sommet ?

 

Le syndicat a indiqué qu'il considérerait la grève comme un succès si au moins 4 000 membres du personnel y participaient.

 

Une autre grève est prévue le 16 novembre, mais les dirigeants des syndicats ont menacé de la reporter pour qu'elle coïncide avec le sommet des 22 et 23 novembre qui sera consacré aux négociations budgétaires.

 

L'Union Syndicale Fédérale attendra la réaction du Conseil de l'UE et des États membres avant de fixer la date d'une autre grève.

 

« Si nous recevons une réponse positive qui vise à accepter un dialogue social avec les représentants syndicaux dans les négociations, une deuxième grève ne serait peut-être pas nécessaire. Il est cependant fort probable que nous fassions de nouveau grève pendant le sommet », a indiqué Mme Jacobs.

 

La présidente du syndicat a souligné que, selon elle, certains États membres avaient oublié la valeur européenne de la solidarité. Après plusieurs décennies sans conflit en Europe, les gens semblent avoir oublié ce qu'est l'Europe, a-t-elle ajouté.

 

La grève devrait être considérée comme un soutien à la proposition de budget de la Commission et du Parlement.

 

« Accepter que nous soyons tous dans le même bateau et connaître une situation économique difficile, ce n'est pas la même chose. [On peut] ensuite pousser les choses à l'extrême et [arriver à] un point où il n'y a pas de raison d'aller travailler parce qu'il sera impossible d'affronter le travail », a indiqué Mme Jacobs.

Prochaines étapes: 

 

  • 9 et 23 nov. : des membres du personnel des institutions européennes pourraient faire grève.
Liens externes: 

 

Commission européenne

Syndicats

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