Les Irlandais devraient approuver le traité budgétaire avec une marge « confortable »

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Selon des sources du gouvernement, le nouveau pacte budgétaire de l’UE devrait être adopté lors du référendum en Irlande avec 60 % des voix, mais avec un taux de participation de seulement 50 %. Contrairement à la ratification du traité de Lisbonne, cette fois-ci le vote des Irlandais importe peu à l’Union.

Le pacte budgétaire souhaité par l'Allemagne ne devra être ratifié que par 12 des 17 pays de la zone euro pour entrer en vigueur (voir « Contexte »). Le refus de la population irlandaise serait toutefois un coup dur pour cette initiative clé de l'Europe, alors que la situation ne fait que s'aggraver en Espagne et en Grèce.

« On peut dire sans crainte que le « oui » l'emporte avec 60 % des voix », a affirmé une source gouvernementale citant les sondages. Le dépouillement a débuté à 8h ce matin et les résultats officiels devraient être annoncés plus tard dans la journée.

Ce référendum, le troisième que l'Irlande consacre à la législation européenne en quatre ans, remet Dublin sous le feu des projecteurs, alors que le pays a bénéficié d'une aide 85 milliards d'euros de l'UE et du FMI. Aujourd'hui, d'autres pays, notamment la Grèce, sont au coeur des préoccupations de la zone euro.

Tous les sondages d'opinion publiés depuis l'annonce du référendum en février dernier annonçaient la victoire confortable du « oui », un résultat qui apaiserait les tensions quant au futur financement de l'Irlande. Le faible taux de participation (50 %) a toutefois suscité des inquiétudes parmi les fonctionnaires qui craignaient que cette apathie ne joue en faveur du « non ».

Jusqu'où l'Irlande est-elle prête à s'engager ? 

L'Irlande est considérée par ses partenaires européens comme l'enfant modèle de l'austérité. En signe de sa bonne conduite et du retour de son économie à la stabilité, les dépôts détenus par les banques irlandaises ont grimpé jeudi à leur plus haut niveau en 14 mois.

En Espagne, en revanche, d'autres chiffres publiés jeudi ont révélé que les déposants, alarmés par la situation désespérée de leurs banques, commençaient à transférer de l'argent à l'étranger à un rythme jamais observé auparavant, ce qui n'est pas sans rappeler la situation de l'Irlande avant son renflouement, lorsque des dizaines de milliards d'euros avaient quitté le pays.

En Irlande, les débats se sont surtout concentrés sur une clause du traité qui stipule que seuls les pays qui le ratifieront pourront bénéficier d'un éventuel renflouement européen. Le ministre des finances a prévenu qu'en cas d'échec du référendum, le pays serait « plongé dans l'inconnu ».

L'Irlande, dont l'économie est maintenue à flot par un renflouement, tout comme la Grèce et le Portugal, espère mettre un terme à ce programme fin 2013, en opérant un retour sur les marchés obligataires.

Le gouvernement avance toutefois que le nouveau fonds de sauvetage, le MES (Mécanisme européen de stabilité), se révèlerait crucial dans l'éventualité où le sentiment d'incertitude qui se répand en Europe entraverait son retour sur les marchés.

Alors que les partisans du « non », dirigés par le parti Sinn Fein et quelques syndicats, affirment que l'Europe n'oserait pas couper les vivres à l'Irlande, le patronat a prévenu qu'un rejet du traité menacerait les investissements étrangers.

« Si les investisseurs se demandent jusqu'où l'Irlande serait prête à aller pour conserver son statut de membre de l'Union européenne, le « oui » au traité budgétaire prend tout son sens », a expliqué Philip Lane, professeur d'économie au Trinity College Dublin.

« Le « non » enverrait un signal plus faible. »

Huit pays ont déjà ratifié le traité

Le Danemark, État membre de l'UE qui n'utilise pas la monnaie unique, a tout de même ratifié hier le pacte budgétaire. Ce pacte a également été ratifié par d'autres pays : la Grèce, la Lettonie, la Pologne, le Portugal, la Roumanie et la Slovénie.

Étrangement, les grands pays de la zone euro n'ont pas encore ratifié le pacte budgétaire. Les dirigeants européens ont fixé la date butoir du 1er juillet pour ratifier le traité. Cette date coïncide avec l'entrée en vigueur du Mécanisme européen de stabilité (MES), le fonds de sauvetage permanent de l'UE.

Prochaines étapes: 
  • 1er juillet 2012 : date butoir pour la ratification du pacte budgétaire dans les 17 pays membres de la zone euro.
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