Peter Mandelson appelle à une réforme de l'UE et à un référendum au Royaume-Uni

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L'ancien commissaire européen au commerce Peter Mandelson a appelé les pro-européens à se montrer vigilants, réclamé un référendum sur l'avenir du Royaume-Uni en Europe et affirmé que les institutions de l'UE devraient être réformées.

M. Mandelson, qui a abandonné son poste à la Commission en 2008 pour rejoindre le gouvernement travailliste de Gordon Brown pendant quelques mois, a déclaré vendredi (4 mai) que l'Europe se dirigeait inexorablement vers une union plus politique reflétant la convergence budgétaire qui a émané de la crise de la zone euro.

« La gouvernance de l'UE devra changer », a affirmé M. Mandelson lors de son élocution à Oxford. Il préconise une série de réformes des institutions européennes, après s'être entretenu avec « de nombreux chefs de gouvernement, ministres, chefs d'entreprise et éminents universitaires ».

Une Commission plus restreinte et une nouvelle « commission exécutive de l'UE »

Il propose de restreindre la Commission européenne actuelle et de fusionner ses fonctions avec le Conseil, « afin de former un conseil de direction complet avec tous les États membres » et de créer « une petite commission exécutive européenne, sur le modèle de la Banque centrale européenne ».

M. Mandelson ne fait, selon lui, que réitérer les propos de l'ancienne première ministre et eurosceptique notoire Margaret Thatcher : « Pour la Grande-Bretagne, les réalités de la mondialisation sont européennes. »

Deux stratégies européennes émergent au Royaume-Uni : l'une est profondément eurosceptique et favorable à la sortie complète de l'UE ; l'autre vise à maintenir la Grande-Bretagne au sein de l'Europe, mais à une distance respectable, a-t-il expliqué.

M. Mandelson pense que le gouvernement de David Cameron favorise la seconde stratégie, qui revient selon lui à faire du pays « le Hong Kong ou le Canada de l'Europe ».

L'Euro sortira sans doute plus fort de la crise

Selon M. Mandelson, ces deux stratégies auraient le même effet, celui d'isoler le pays d'un projet européen uni autour du marché unique, au détriment du Royaume-Uni.

Il s'est posé en fervent défenseur de la monnaie unique, remettant en cause la structure de cette devise plutôt que son existence et affirmant qu'elle devrait sortir plus forte de la crise.

Peter Mandelson a appelé à un référendum quant à la position de son pays en Europe, et ce afin d'envisager toutes les conséquences possibles sur l'avenir du Royaume-Uni. Il a néanmoins reconnu que peu de ses compatriotes partageaient son avis.

Il a ainsi souhaité tirer la sonnette d'alarme à l'intention de la nouvelle génération de dirigeants d'entreprises et politiques.

« Les citoyens britanniques doivent mesurer les enjeux de la situation. Le mandat européen garanti par le gouvernement d'Edward Heath dans les années 1970 a fait son temps », a souligné M. Mandelson.

Dans le même temps, le parti travailliste de M. Mandelson a remporté jeudi (3 mai) les élections locales contre les conservateurs et les libéraux démocrates. Les partenaires de la coalition au pouvoir ont perdu les commandes de nombreux conseils locaux, notamment à Birmingham et Southampton, sur fond de mesures d'austérité impopulaires et de récession à double creux.

Le vétéran travailliste Ken Livingstone n'a cependant pas réussi à détrôner le charismatique maire de Londres, le conservateur Boris Johnson.

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