La fédération bancaire française demande à Bercy des précisions sur cette taxe dont les contours sont encore inconnus.
Positions
Fédération Bancaire Française
Une taxe sur les banques est un handicap pour la croissance économique
La taxe bancaire qui sera mise en oeuvre par l'Allemagne, le Royaume-Uni et la France constituera un "handicap majeur" pour l'économie européenne a jugé, mercredi 23 juin, la Fédération bancaire française (FBF) qui réclame à Bercy des éclaircissements sur ses modalités.
Cette taxe, annoncée conjointement mardi par les trois pays, vise à garantir une contribution proportionnelle aux risques que font peser les établissements bancaires sur le système financier et devrait être assise sur le bilan des banques.
Les dispositions encore inconnues de ce nouveau prélèvement seront introduites dans le budget 2011 et pourraient rapporter, selon la ministre de l'Economie Christine Lagarde, jusqu'à un milliard d'euros à l'Etat français.
"Nous attendons maintenant que le ministère des Finances nous donne des détails, puisque nous n'en avons en réalité aucun, ni sur l'objectif poursuivi, ni sur l'assiette, ni sur les modalité ou le niveau", a déclaré à Reuters Ariane Obolensky, la directrice générale de la FBF.
"Si on enlève un milliard de fonds propres aux banques françaises en l'état actuel des ratios réglementaires, cela représente 12 milliards de crédit en moins pour l'économie", poursuit-elle.
Les banques françaises, qui avaient milité contre cette taxe, sont également inquiètes des nouvelles normes prudentielles internationales qui devraient également imposer des fonds propres plus élevés aux banques afin de réduire leur profil de risque.
"Il serait prématuré de prendre des décisions sur une taxe avant de connaître le nouveau cadre réglementaire sur les fonds propres et ses conséquences", a ajouté Ariane Obolensky.
La FBF fait valoir que la majorité des pays membres du Groupe des Vingt (G20) est opposée au principe de cette taxe et que "sans accord international, l'économie européenne n'en sera que plus pénalisée".
Les observateurs s'attendent à ce que le G20, réuni ce week-end en sommet à Toronto, rejette l'idée d'une taxe bancaire mondiale.
Mais de nombreux responsables européens, comme le commissaire au Marché intérieur Michel Barnier, militent pour que l'Europe, même seule, aille de l'avant.





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