Le traité de Lisbonne sur les institutions de l’UE a consacré la fonction de président du Conseil européen. Selon le commissaire français, ce poste devrait, à terme, fusionner avec celui de président de la Commission.

José Manuel Barroso, Président de la Commission européenne aux côtés d'Herman Van Rompuy, Président du Conseil européen © Conseil européen
Documents officiels
Commission européenne
Discours de Michel Barnier, 9 mai 2011
Michel Barnier a de l'ambition pour l'UE. A l’occasion de la journée de l’Europe, lundi 9 mai, le commissaire français au Marché intérieur et aux Services a prononcé un discours aux accents fédéralistes devant des étudiants de l'université Humboldt à Berlin.
Deux en un
« La nouvelle Europe doit être une véritable “Fédération des Etats nations”, a déclaré le responsable européen. Il lui faudra bien un jour un président ou une présidente de l’Union européenne qui cumulera la mission de présider le Conseil européen et la fonction d’animer le collège des commissaires », autrement dit, la Commission européenne.
Actuellement, ces deux postes sont distincts. Le premier – nouveauté du Traité de Lisbonne sur le fonctionnement des institutions européennes - est détenu par le Belge Herman Van Rompuy, et le second par le Portugais José Manuel Barroso.
Ces propositions n’ont rien à voir avec le travail des personnes actuellement en place, assure-t-on dans l’entourage de Michel Barnier. L’objectif est de rendre, à terme, l’action de l’Union européenne “plus lisible” . Cette fusion des postes permettra aussi aux responsables européens de mieux “rendre compte” aux citoyens de l’action de l’Europe.
Même pas besoin de réformer
L’idée n’est pas neuve. Elle avait déjà été évoquée lors de la Convention sur l’avenir de l’Europe en 2002, mais "sans être réellement discutée", explique Piotr Kaczynski du Centre of European Policy Studies. "C’est la première fois qu’une personnalité de ce rang se prononce en sa faveur", ajoute-t-il.
Quels pourraient être les avantages de cette fusion? Avant toute chose, rendre l’Union plus visible. Les présidences multiples brouillant les cartes sur les rôles de chacun. « L’exécutif européen en sortirait renforcé. Et il serait probablement plus efficace », ajoute le chercheur.
Cette proposition ne nécessite pas de réformer le traité de Lisbonne. « En 2014, le Parlement européen devra désigner un nouveau président de la Commission européenne, qui sera issu du groupe politique vainqueur des élections européennes. Dans la foulée, il faudra aussi renouveler le président du Conseil. Pourquoi, dans ce cas, ne pas choisir la même personne pour les deux postes? Rien ne l’interdit dans le texte », explique Piotr Kaczynski.
Suffrage universel direct
Mais, selon le chercheur, ce scénario est peu probable. « 5% de chance. 6 depuis Michel Barnier s’y est déclaré favorable ».
Reste que l’ambition du commissaire irait même plus loin. Selon lui, l’élection des dirigeants de l’Union européenne devrait, à terme, avoir lieu au suffrage universel direct, explique son entourage. Comme c’est le cas, depuis 1979, pour les parlementaires européens.






Réactions
2cents (non vérifié), le 10/05/2011
Michel Barnier a de l'ambition pour l'UE. A l’occasion de la journée de l’Europe, mardi 9 mai.
Alors
soit Lundi 9 Mai,
soit Mardi 10 Mai....
:-)
Jean-Sébastien Lefebvre, le 10/05/2011
Ce dilemme vient d’être corrigé. Merci.
2cents (non vérifié), le 10/05/2011
Parfait !
Du coup, ce commentaire pourrait aussi disparaitre... ;-)
Pierre (non vérifié), le 10/05/2011
" Déliberer est le fait de plusieurs, Agir est le fait d'un seul"...... Ch de Gaulle
Bravo Michel Barnier, après le Traité simplifié,c'est la seule initiative constitutionnelle raisonnable à court terme et à long terme, sérieuse. Pas besoin de conventions, de commissions ad hoc,ni d'assemblée constituante ( voir l'échec du Traité constitutionnel ) . Le poids de l'unique Président de l'Europe sera considerable et donc le poids de l'Europe sera automatiquement considérable. C'est ce que tout le monde veut !
2cents (non vérifié), le 10/05/2011
"C'est ce que tout le monde veut !"
Je dirais plutôt "C'est ce que les fédéralistes veulent !". Car les autres, je ne suis pas certain... Il suffit de voir les dérives nationalistes de part et d'autres, pour être convaincu du contraire.
Lucas (non vérifié), le 11/05/2011
Le Général a bâti la 5e République selon sa vision, celle d'un pouvoir Présidentiel. La citation est jolie, mais on peut trouver mieux, me semble-t-il...
Plus sérieusement,
La séparation des pouvoirs, leur non-confiscabilité éventuelle (Sarkozy et (contre-exemple) Berlusconi, par exemple) et leur efficacité doivent être pensés et démocratiquement votés.
Il faut équilibrer les rapports de force, et bâtir une Europe des Peuples.
Christophe (non vérifié), le 10/05/2011
Félicitations pour cet article sur un sujet visionnaire!
En pour, il y a des 'doubles hats' qui ont bien marché, comme Solana. Ou les regimes presidentiels, mais c'est un parallele trop francais pour etre efficace en Europe....
En contre, il y a ceux qui ne marchent pas (encore?): Ashton. Et surtout, le vieil adage 'divide (top jobs) and rule'.
Il y a un lien avec une initiative (encore) moins radicale et moins institutionnelle: la présidentialisation de la comm.
http://www.euractiv.com/fr/avenir-europe/la-commission-prevoit-une-revol...
Extrait:
"La crédibilité et la réussite du projet européen ne peuvent marcher que si la Commission est perçue comme le gouvernement de l'UE. Nous pouvons y arriver en centrant notre communication sur la personne du président..."
Je crois qu'on en parlera encore dans 10 ans.
Christophe
Anonyme (non vérifié), le 10/05/2011
C'est un discours courageux qui a du souffle et qui dit ce que beaucoup de gens pensent sans oser le dire car c'est politiquement incorrect !
Cette idée de la même personne à la tête de la Commission et du Conseil est à approfondir et pourrait donner enfin plus de poids aux 497 millions d'européens sur la scène internationale. Mais on peut s'attendre à ce que les personnels des Etats-membres bloquent cette idée, comme toujours ...Comment faire pour les obliger à sortir des égoismes nationaux étroits et mortifères ?
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