La Banque centrale européenne pourrait aider indirectement la Grèce. Le président de la BCE, Mario Draghi, l'a laissé entendre, jeudi 9 février, lors d'une conférence de presse qui a suivi la décision de la Banque de laisser son taux directeur inchangé à son plus bas niveau de 1%.

Au préalable, et pour recevoir la nouvelle aide de l'UE et du FMI de 130 milliards d'euros décidée en octobre 2011, les partis politiques grecs doivent accepter de nouvelles mesures d'austérité.

12 milliards de dollars

La Grèce, qui a besoin de ce plan pour éviter un défaut désordonné, a demandé à la BCE de restituer ses profits sur ses avoirs obligataires grecs, ce qui pourrait représenter au moins 12 milliards de dollars.

Devant la presse, Mario Draghi est longtemps resté muet sur ce que pourrait faire l'institut d'émission pour Athènes. Il a finalement déclaré que la BCE pourrait distribuer aux Etats les bénéfices tirés des avoirs obligataires grecs.

Les Etats de la zone euro pourraient ensuite transférer cet argent à la Grèce. Cette méthode permettrait à la BCE de ne pas dépasser son mandat qui lui interdit de financer les pays.

Clé de répartition

"Le FESF c'est l'Etat. Donc si la BCE donne de l'argent à l'Etat, c'est du financement monétaire. Si la BCE distribue une partie de ses bénéfices à ses Etats membres suivant une clé de répartition, ce n'est pas du financement monétaire", a dit Mario Draghi.

Cette clé de répartition mesure la participation des pays membres aux financements de la BCE en fonction de leur population et de leur taille économique. Les pays pourraient décider ou pas de transférer à la Grèce les profits reçus de la BCE.

Celle-ci a consacré quelque 38 milliards d'euros à l'achat de titres obligataires grecs, qui ont une valeur faciale de 50 milliards d'euros, et l'institution a également perçu des intérêts sur certains de ses titres.

Plan d'aide insuffisant

Le plan d'austérité avalisé par la classe politique grecque, combiné à une importante décote que devraient consentir les créanciers privés d'Athènes sur leurs obligations grecques et à un éventuel coup de main de la BCE, doit permettre de ramener l'endettement de la Grèce à un ratio représentant 120% du produit intérieur brut (PIB) d'ici 2020, contre 160% aujourd'hui.

Mario Draghi a déclaré qu'un accord entre la Grèce et les créanciers privés sur un échange de dette était proche.

Mais les bailleurs de fonds pensent que le deuxième plan d'aide de 130 milliards d'euros pour la Grèce n'est plus suffisant pour remettre le pays sur les rails.