Le banquier central européen pourrait vouloir attendre de connaître les effets des baisses de taux d'intérêt et de l'apport massif de liquidités aux banques avant de faire un pas supplémentaire pour soutenir l'activité.
Revue de presse
La Banque centrale européenne (BCE) devrait appeler les gouvernements de la zone euro, jeudi 12 janvier, à intensifier leurs efforts de consolidation budgétaire en attendant d'observer les effets des mesures de soutien à l’économie et aux banques prises fin 2011.
Le Conseil des gouverneurs devrait laisser le principal taux d'intérêt inchangé à 1,0%, après deux baisses consécutives (en novembre puis décembre), selon une majorité d’experts.
Pression de la BCE
"Nous pensons que la BCE va prendre une position attentiste, le temps de voir comment fonctionnent les mesures qu'elle a mises en place", explique un économiste de Goldman Sachs, Dirk Schumacher, qui s'attend par ailleurs à ce que la BCE exerce "une pression accrue (…) sur les gouvernements pour qu'ils jouent leur rôle (…) à l'approche du sommet de Bruxelles le 30 janvier".
Le banquier central européen se trouve face à une situation complexe. Il doit à la fois prendre en compte la perspective d’une récession dans la zone euro et les menaces qui pèsent sur le système financier, mais aussi le scénario d’une éventuelle déflation.
De 2,8% en décembre, l’inflation dans la zone euro pourrait retomber à un niveau inférieur à 2% d’ici quelques mois. Un scénario qui pourrait ouvrir la voie à une nouvelle baisse des taux d'intérêt « au cours de l’une des trois prochaines réunions », selon Christian Schulz, économiste de la banque Berenberg, qui estime toutefois que la probabilité d’un tel scénario ne dépasserait pas 40%.
Avec un taux d’intérêt à son plus bas niveau, comme après la faillite de Lehman Brothers à l’automne 2008, la BCE ne dispose déjà plus que d’une marge de manœuvre limitée si la situation économique et financière devait continuer à se détériorer dans la région.
Du côté des Etats
Le président français, Nicolas Sarkozy, avait déclaré le mois dernier que l'apport massif de liquidités à trois ans aux banques (489 milliards d'euros) pourrait permettre de soutenir les Etats, à travers l'achat d'obligations italiennes ou espagnoles. Les montants record des dépôts des banques à la BCE montrent toutefois que cette démarche est loin d'avoir été entamée.
"Je ne crois pas que (Mario Draghi) dise aux banques ce qu'elles doivent faire de leur argent, estime Christian Schulz, également ancien économiste de la banque centrale. Il est possible que cela se traduise par un petit soutien aux Etats (…) mais les grandes banques vont continuer de réduire leur bilan et rester autant que possible à l'écart des titres d'Etat."
La BCE résiste toujours fermement aux pressions exercées par certains pays, comme la France et l'Irlande, qui veulent lui faire adopter une politique d'assouplissement quantitatif ("quantitative easing") sur le modèle des banques centrales américaine et britannique.





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