Profitant d’une rencontre avec les syndicats le 30 novembre, le conservateur espagnol a annoncé qu’il se conformerait aux vœux émis par la Banque centrale européenne. Dans une lettre envoyée au gouvernement Zapatero en août, Francfort a adressé plusieurs recommandations à Madrid. Selon le quotidien El País, celles-ci reposeraient sur une « baisse de la masse salariale » et des contrats favorisant l’emploi des jeunes.
Des orientations en apparence vagues qui ont déclenché une déferlante de réactions indignées sur le mode : “La BCE a demandé à l’Espagne de mettre en place des mini-jobs à 400 euros maximum”, soit en-decà du Smic espagnol à 641,40 euros par mois.
Opportunité politique
La banque européenne pousserait le vice encore plus loin, en acceptant de racheter de la dette espagnole sur le marché secondaire à condition que le gouvernement exécute les mesures réclamées. Interrogés par EurActiv.fr, les services de la BCE ont refusé d’infirmer ou de confirmer l’existence d'une recommandation précise sur les emplois jeunes à 400 euros. “La lettre est désormais la propriété du gouvernement espagnol, qui doit savoir ce qu'elle contient”, a répondu en substance un responsable.
Une chose est sûre toutefois : à travers ses recommandations, la BCE dit vouloir aider les gouvernements à “regagner leur crédibilité”, (un terme très employé par Angela Merkel à propos de la zone euro) mais les avis que l'institution porte restent déconnectés des opérations qu’elle réalise en matière de titres souverains. En clair, la BCE ne restera pas apathique en regardant grimper les taux d’emprunt espagnols si le gouvernement ne met pas en place les “mini-jobs”, très prisés Outre-Rhin. L’Espagne reste quant à elle connue pour ses contrats temporaires, qui concernent un travailleur sur quatre et dont elle est la plus grande utilisatrice en Europe, derrière la Pologne.
A une semaine de sa prise de fonction, Mariano Rajoy semble avoir déjà pleinement saisi l’opportunité politique que représentent les institutions européennes, pour ne pas endosser seul la responsabilité des mesures qu’il prendra, quitte à les présenter comme plus inéluctables qu’elles ne sont vraiment.




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