La situation de la Grèce ne s’améliore pas malgré les plans de sauvetage et de rigueur. Les journalistes de la rédaction d’EurActiv.gr nous ont fait part de l’ambiance politique qui règne dans le pays.

Le Premier ministre grec ne prend plus de pincettes. Le 11 septembre, il a déclaré que le pays était en « guerre » et que l’argent du plan de sauvetage européen était là pour « défendre le pays ».

Pourtant, les journalistes d’EurActiv Grèce ne font pas mention d’une quelconque union sacrée des hommes politiques grecs pour sauver le pays. Bien au contraire.

Dernièrement, le Premier ministre a été violemment attaqué par le Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie d’Athènes, un certain Constantine Michalos. Ce dernier considère «qu’imposer une nouvelle taxe sur le logement est une nouvelle preuve de l’incurie et de l’insolvabilité de ce gouvernement. Maintenant, plus personne ne peut avoir confiance dans ce gouvernement ».

Reste que cette taxe a déjà du plomb dans l’aile. Comme le relève justement le correspondant de Libération à Bruxelles, cet impôt doit être évalué via les relevés d’électricité de chaque foyer puisqu’aucun cadastre n’existe en Grèce. Or, le principal syndicat de l’entreprise publique d’électricité a déjà annoncé refuser de participer à sa mise en place.

Pourtant, le pays n’est en rien sorti d’affaire. Il ne disposerait pas de liquidité suffisante pour tenir jusqu’en octobre. Ensuite, plus rien sauf si le nouveau plan d’aide européen (109 milliards d'euros+ 60 milliards hypothétiques) entre bien en vigueur. Les Slovaques et les Belges ont cependant prévu de ratifier la nouvelle aide en décembre. 

De leur côté, les partis d’opposition se positionnent comme les défenseurs des citoyens et blâment le gouvernement pour son inaction et les nouvelles taxes qu’il veut faire mettre en place.

C'est pourtant l'ancien gouvernement conservateur, aujourd'hui dans cette même opposition, qui en dernier a maquillé les déficits de l'Etat, laissant aux socialistes le soin d'annoncer la fraude publiquement, ce qui enclencha la crise grecque à l'automne 2009.