Amadeu Altafaj est le porte parole de la Commission européenne pour tout ce qui touche aux affaires économiques. Le 28 septembre au soir, il était l’invité, en duplex de Bruxelles, d’une émission de la BBC. Régulièrement qualifié « d’idiot » par un autre invité, sans pouvoir répondre, il a quitté l’émission.

Newsnight est un programme qui débat chaque jour d'un sujet d’actualité. Une sorte de «C’est dans l’air» britannique. Sauf que mardi soir, au lieu d’y avoir un débat constructif sur la crise de l’eurozone, M. Altafaj s’est fait traité à trois reprises « d’idiot » par Peter Oborne, journaliste du Daily Telegrah, connu pour son euroscepticisme.

Sans le regarder 

Le commentateur s’en est donné à cœur joie, l’accusant, lui et les fonctionnaires européens, d’être les responsables de tous les maux de la Grèce. Le ton ne manquait pas non plus de mépris et d’arrogance.

Le porte-parole de la Commission a bien essayé de le contredire sur le fond, lui rappelant qu’en 2010, le déficit du Royaume-Uni était aussi élevé que celui de la Grèce, mais rien n’y a fait. Peter Oborne n'a même pas pris la peine de regarder son interlocuteur.

Excédé, M. Altafaj a quitté le studio de Bruxelles depuis lequel il participait à l’émission. Le présentateur l’a fait remarqué au pourfendeur de l’UE qui en a profité pour en rajouter une couche. Visiblement fier de son coup, il n'a même pas la peine de s'excuser.

Marge de manœuvre 

En soi, sortir des salles de presse de Bruxelles pour aller directement aux contacts des médias et du public est louable. Mais les représentants de l’UE doivent s’attendre à ce genre d’attaques, étant donnée la cote de popularité actuelle des institutions européennes.

La question qui se pose est celle de la marge de manœuvre des portes paroles de la Commission dans les médias, en particulier s’ils participent à des débats susceptibles de devenir rapidement politiques alors que la Commission a pour habitude de cultiver sa neutralité et la discrétion.