Dans la journée du 23 octobre, alors que les dirigeants de l'Union européen étaient réunis entre les murs du Conseil européen, une poignée d'Indignés a manifesté, juste devant le bâtiment.
Tenus à l'écart par la police belge, qui avait sorti le canon à eau pour l'occasion, la petite centaine de participants a protesté contre les mesures d'austérité imposées aux peuples d'Europe et aux cadeaux faits au système bancaire.

Parmi eux, quelques Grecs, dont Elli et Jenny, venues spécialement d'Amsterdam et Paris. Ce qu'elles souhaitent ? "Le départ de Papandréou et que les politiciens responsables de la situation soient jugés".
Pour les deux jeunes femmes, "c'est un pays entier qu'on assassine". Alors que dans le même temps, "l'Eglise ne paie toujours pas d'impôts" et que "l'attitude des politiciens n'a absolument pas changé. Eux la crise, ils se sont protégés contre".
Elles dénoncent aussi les médias internationaux qui déforment la réalité de ce qui se passe en Grèce. "Les violences sont utilisées par la police. De nombreuses photos circulent sur Internet où on voit les casseurs en compagnie des forces de l'ordre, discuter tranquillement".
En cas de nouvelles élections, "il est hors de question de voter pour les deux grands partis. Ce ne sont que des dynasties qui règnent de père en fils" lance Elli. "C'est ça la démocratie ?"

Installé à Bruxelles depuis deux ans, Costas Anastopoulos pensait rentrer après avoir acquis assez d'expérience professionnelle en Belgique pour ensuite la valoriser en Grèce, mais aujourd'hui, il se considère comme "bloqué ici".
Son amie Maroussa Diacoyannis n'est pas d'accord. Malgré la crise, elle rentrera. D'ici un an. "Beaucoup trop de jeunes éduqués s'en vont. Ils faut que certains restent ou reviennent pour aider le pays".

Lors de l'assemblée populaire des Indignés, en fin de matinée, les interventions se sont succédé. La libéralisation des échanges a été pointée du doigt et le nouveau plan de recapitalisation des banques envisagé par les responsables européens a été conspué alors que, dans le même temps, l'austérité est imposée au peuple.
Ils ont demandé "un nouveau projet de société" qui ne serait pas fondé sur la "compétitivité".

Leur message n'a donc pas été entendu par les dirigeants de l'UE puisque les conclusions du Conseil européen ont prôné exactement l'inverse.
Rien d'étonnant.
Le 19 octobre dernier, un petit groupe d'Indignés avait été reçu par les autorités européennes. A l'issue de la rencontre, Héctor Huerga a reconnu que le mouvement aurait un faible impact sur les institutions européennes. « Nous faisons un travail de fond. Nous travaillons avec les populations, et nous savons que nous ne changerons pas la Commission européenne. Ce n'est pas notre objectif ».






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