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Marie Herbet - 14 décembre 2011

Ce n’est pas le genre de document dont les politiques ont l'habitude de se vanter. Mariano Rajoy, qui enfilera ses habits de chef de gouvernement la semaine prochaine, en a pourtant parlé, et à dessein.

Profitant d’une rencontre avec les syndicats le 30 novembre, le conservateur espagnol a annoncé qu’il se conformerait aux vœux émis par la Banque centrale européenne. Dans une lettre envoyée au gouvernement Zapatero en août, Francfort a adressé plusieurs recommandations à Madrid. Selon le quotidien El País, celles-ci reposeraient sur une « baisse de la masse salariale » et des contrats favorisant l’emploi des jeunes.

Des orientations en apparence vagues qui ont déclenché une déferlante de réactions indignées sur le mode : “La BCE a demandé à l’Espagne de mettre en place des mini-jobs à 400 euros maximum”, soit en-decà du Smic espagnol à 641,40 euros par mois.

Opportunité politique

La banque européenne pousserait le vice encore plus loin, en acceptant de racheter de la dette espagnole sur le marché secondaire à condition que le gouvernement exécute les mesures réclamées. Interrogés par EurActiv.fr, les services de la BCE ont refusé d’infirmer ou de confirmer l’existence d'une recommandation précise sur les emplois jeunes à 400 euros. “La lettre est désormais la propriété du gouvernement espagnol, qui doit savoir ce qu'elle contient”, a répondu en substance un responsable.

Une chose est sûre toutefois : à travers ses recommandations, la BCE dit vouloir aider les gouvernements à “regagner leur crédibilité”, (un terme très employé par Angela Merkel à propos de la zone euro) mais les avis que l'institution porte restent déconnectés des opérations qu’elle réalise en matière de titres souverains. En clair, la BCE ne restera pas apathique en regardant grimper les taux d’emprunt espagnols si le gouvernement ne met pas en place les “mini-jobs”, très prisés Outre-Rhin. L’Espagne reste quant à elle connue pour ses contrats temporaires, qui concernent un travailleur sur quatre et dont elle est la plus grande utilisatrice en Europe, derrière la Pologne.

A une semaine de sa prise de fonction, Mariano Rajoy semble avoir déjà pleinement saisi l’opportunité politique que représentent les institutions européennes, pour ne pas endosser seul la responsabilité des mesures qu’il prendra, quitte à les présenter comme plus inéluctables qu’elles ne sont vraiment.

 

Jean-Sébastien Lefebvre - 25 octobre 2011

Dans la journée du 23 octobre, alors que les dirigeants de l'Union européen étaient réunis entre les murs du Conseil européen, une poignée d'Indignés a manifesté, juste devant le bâtiment. 

Tenus à l'écart par la police belge, qui avait sorti le canon à eau pour l'occasion, la petite centaine de participants a protesté contre les mesures d'austérité imposées aux peuples d'Europe et aux cadeaux faits au système bancaire. 

Parmi eux, quelques Grecs, dont Elli et Jenny, venues spécialement d'Amsterdam et Paris. Ce qu'elles souhaitent ? "Le départ de Papandréou et que les politiciens responsables de la situation soient jugés". 

Pour les deux jeunes femmes, "c'est un pays entier qu'on assassine". Alors que dans le même temps, "l'Eglise ne paie toujours pas d'impôts" et que "l'attitude des politiciens n'a absolument pas changé. Eux la crise, ils se sont protégés contre".

Elles dénoncent aussi les médias internationaux qui déforment la réalité de ce qui se passe en Grèce. "Les violences sont utilisées par la police. De nombreuses photos circulent sur Internet où on voit les casseurs en compagnie des forces de l'ordre, discuter tranquillement".

En cas de nouvelles élections, "il est hors de question de voter pour les deux grands partis. Ce ne sont que des dynasties qui règnent de père en fils" lance Elli. "C'est ça la démocratie ?"

Installé à Bruxelles depuis deux ans, Costas Anastopoulos pensait rentrer après avoir acquis assez d'expérience professionnelle en Belgique pour ensuite la valoriser en Grèce, mais aujourd'hui, il se considère comme "bloqué ici".

Son amie Maroussa Diacoyannis n'est pas d'accord. Malgré la crise, elle rentrera. D'ici un an. "Beaucoup trop de jeunes éduqués s'en vont. Ils faut que certains restent ou reviennent pour aider le pays". 

Lors de l'assemblée populaire des Indignés, en fin de matinée, les interventions se sont succédé. La libéralisation des échanges a été pointée du doigt et le nouveau plan de recapitalisation des banques envisagé par les responsables européens a été conspué alors que, dans le même temps, l'austérité est imposée au peuple. 

Ils ont demandé "un nouveau projet de société" qui ne serait pas fondé sur la "compétitivité". 

Leur message n'a donc pas été entendu par les dirigeants de l'UE puisque les conclusions du Conseil européen ont prôné exactement l'inverse. 

Rien d'étonnant.

Le 19 octobre dernier, un petit groupe d'Indignés avait été reçu par les autorités européennes. A l'issue de la rencontre, Héctor Huerga a reconnu que le mouvement aurait un faible impact sur les institutions européennes. « Nous faisons un travail de fond. Nous travaillons avec les populations, et nous savons que nous ne changerons pas la Commission européenne. Ce n'est pas notre objectif ».

Jean-Sébastien Lefebvre - 29 septembre 2011

Amadeu Altafaj est le porte parole de la Commission européenne pour tout ce qui touche aux affaires économiques. Le 28 septembre au soir, il était l’invité, en duplex de Bruxelles, d’une émission de la BBC. Régulièrement qualifié « d’idiot » par un autre invité, sans pouvoir répondre, il a quitté l’émission.

Newsnight est un programme qui débat chaque jour d'un sujet d’actualité. Une sorte de «C’est dans l’air» britannique. Sauf que mardi soir, au lieu d’y avoir un débat constructif sur la crise de l’eurozone, M. Altafaj s’est fait traité à trois reprises « d’idiot » par Peter Oborne, journaliste du Daily Telegrah, connu pour son euroscepticisme.

Sans le regarder 

Le commentateur s’en est donné à cœur joie, l’accusant, lui et les fonctionnaires européens, d’être les responsables de tous les maux de la Grèce. Le ton ne manquait pas non plus de mépris et d’arrogance.

Le porte-parole de la Commission a bien essayé de le contredire sur le fond, lui rappelant qu’en 2010, le déficit du Royaume-Uni était aussi élevé que celui de la Grèce, mais rien n’y a fait. Peter Oborne n'a même pas pris la peine de regarder son interlocuteur.

Excédé, M. Altafaj a quitté le studio de Bruxelles depuis lequel il participait à l’émission. Le présentateur l’a fait remarqué au pourfendeur de l’UE qui en a profité pour en rajouter une couche. Visiblement fier de son coup, il n'a même pas la peine de s'excuser.

Marge de manœuvre 

En soi, sortir des salles de presse de Bruxelles pour aller directement aux contacts des médias et du public est louable. Mais les représentants de l’UE doivent s’attendre à ce genre d’attaques, étant donnée la cote de popularité actuelle des institutions européennes.

La question qui se pose est celle de la marge de manœuvre des portes paroles de la Commission dans les médias, en particulier s’ils participent à des débats susceptibles de devenir rapidement politiques alors que la Commission a pour habitude de cultiver sa neutralité et la discrétion. 

Marie Herbet - 22 septembre 2011

Admis comme la norme économique pendant des décennies, le manque de régulation des activités financières est désormais analysé comme la cause des crises qui s’enchaînent depuis 2008. Trois ans plus tard, le système n’est toujours pas réformé, mais des revendications inattendues émergent. « Arrêtez-nous avant que l’on ne commette l’irréparable ! » clament en substance des traders conscients des travers de leur métier.

Pablo Escobar 

Les témoignages filmés recueillis par l’eurodéputé écologiste Pascal Canfin ont de quoi interpeller. « Beaucoup de gens sont sceptiques et continuent de croire que l’Etat ne doit pas en faire trop. Mais cette fois-ci, ce sont des professionnels de la finance qui le demandent, pas des gauchistes », argue l’élu.

Et ils n’y vont pas par quatre chemins. Tantôt la finance est comparée au dopage dans le cyclisme, tantôt au trafic de drogue. La réglementation étant en grande partie déterminée par l'industrie financière elle-même, « c’est un peu comme si Pablo Escobar avait fait la réglementation anti-drogue aux Etats-Unis», lâche un trader.

Dans le mur 

Un point de vue décapant qui rééquilibre le rapport de forces actuel : « En tant que législateur, c’est important d’avoir des contacts directs avec des opérateurs de marché. Sinon, il n’y a que des lobbyistes qui nous livrent le discours officiel, alors que les gens de marché parlent en off », explique Pascal Canfin. Certains n’ont pas hésité à lui décrire la schizophrénie du système, qui conduit les opérateurs des salles de marché françaises ou allemandes à spéculer contre la dette souveraine d’Etats européens vulnérables (Grèce, Espagne…)

Le mot final adressé par l'un des traders résonne comme un avertissement cinglant : « Quand on vit dans une société qui rémunère plus la finance que sa santé ou son éducation, je pense qu’on n’est pas loin d’aller dans le mur ».


Paroles de traders: l'intégrale (9 mn) par EurodeputesEE

- 19 septembre 2011

« Excusez-moi, on nous demande de sortir, je ne sais pas ce qui se passe mais je vous rappelle dès que possible », nous explique une assistante parlementaire, obligée de couper court à une interview sur la réforme du Paquet Monti-Kroes.

What ? Encore une astuce pour éviter de répondre à nos questions ? 

Que nenni. Vers 14h30, le Parlement européen a été entièrement évacué en raison d'une coupure de courant qui a privé le quartier européen d'électricité et s'est éternisée. Commission, Conseil, représentations nationales, cabinets de lobbies, tous les échelons de la machine européenne ont été paralysés. 

Des informations partielles ont fusé sur Twitter. Au départ quelques journalistes présents sur les lieux s'en sont donnés à coeur joie, avant que des employés ou même le compte officiel du Parlement explique la situation. 

C'est un feu, qui s'est déclaré vers 14h dans un poste de transformation situé dans le parc Léopold, juste derrière les institutions, qui serait, semble-t-il, responsable des dégâts.

Elia, le gestionnaire du réseau, a déclaré que le courant ne pourrait être restauré sans connaître la cause de ce dégagement de fumée. En raison du temps nécessaire pour remettre le réseau en état de marche, les parlementaires ont décidé de suspendre toutes les activités du jour.

Quartier libre donc pour les employés des institutions. Plusieurs heures après l'extinction, la lumière ne semblait toujours pas rétablie. Et nos questions sont toujours en suspens…

Jean-Sébastien Lefebvre - 13 septembre 2011

La situation de la Grèce ne s’améliore pas malgré les plans de sauvetage et de rigueur. Les journalistes de la rédaction d’EurActiv.gr nous ont fait part de l’ambiance politique qui règne dans le pays.

Le Premier ministre grec ne prend plus de pincettes. Le 11 septembre, il a déclaré que le pays était en « guerre » et que l’argent du plan de sauvetage européen était là pour « défendre le pays ».

Pourtant, les journalistes d’EurActiv Grèce ne font pas mention d’une quelconque union sacrée des hommes politiques grecs pour sauver le pays. Bien au contraire.

Dernièrement, le Premier ministre a été violemment attaqué par le Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie d’Athènes, un certain Constantine Michalos. Ce dernier considère «qu’imposer une nouvelle taxe sur le logement est une nouvelle preuve de l’incurie et de l’insolvabilité de ce gouvernement. Maintenant, plus personne ne peut avoir confiance dans ce gouvernement ».

Reste que cette taxe a déjà du plomb dans l’aile. Comme le relève justement le correspondant de Libération à Bruxelles, cet impôt doit être évalué via les relevés d’électricité de chaque foyer puisqu’aucun cadastre n’existe en Grèce. Or, le principal syndicat de l’entreprise publique d’électricité a déjà annoncé refuser de participer à sa mise en place.

Pourtant, le pays n’est en rien sorti d’affaire. Il ne disposerait pas de liquidité suffisante pour tenir jusqu’en octobre. Ensuite, plus rien sauf si le nouveau plan d’aide européen (109 milliards d'euros+ 60 milliards hypothétiques) entre bien en vigueur. Les Slovaques et les Belges ont cependant prévu de ratifier la nouvelle aide en décembre. 

De leur côté, les partis d’opposition se positionnent comme les défenseurs des citoyens et blâment le gouvernement pour son inaction et les nouvelles taxes qu’il veut faire mettre en place.

C'est pourtant l'ancien gouvernement conservateur, aujourd'hui dans cette même opposition, qui en dernier a maquillé les déficits de l'Etat, laissant aux socialistes le soin d'annoncer la fraude publiquement, ce qui enclencha la crise grecque à l'automne 2009. 

Marie Herbet - 24 août 2011

Son sens de l’humour ne le quitte pas, même lorsqu’il s’attaque à des sujets tout sauf risibles comme l’emprunt européen ou le taux du yuan.

Le 24 août, à la Maison de l’Amérique latine, il était de bon ton de filer la métaphore végétale pour parler fiscalité. « En voulant taxer les riches, ne craignez-vous pas que Nicolas Sarkozy vous coupe l’herbe sous le pied ? », lui lance en substance un journaliste.

« L’herbe est haute ! » rétorque sans ciller le candidat socialiste. « Et sa tondeuse est de puissance limitée. »

Une pierre dans le jardin de son adversaire politique que les journalistes accueillent par de francs éclats de rire. Le projet gouvernemental de taxer les hauts revenus, résultat « d’une supplique des plus riches de France » selon les mots de François Hollande, frappe à hauteur de 3% les fortunes s’élevant à plus de 500 000 euros par an. Dans l’esprit du député de Corrèze, le gouvernement aurait pu ratisser plus large.

Clémentine Forissier - 4 juillet 2011

Les Polonais se sont fait doubler. Des partisans de la puissance du Varsovie au sein de l’UE ont réservé avant le gouvernement le nom de domaine habituellement dédié aux présidences tournantes de l’UE, a révélé un twitt de l’auteur du blog Bruxelles2, lundi 4 juillet. 

Au lieu de www.eu2011.pl, la Pologne a du se rabattre sur www.pl2011.eu. Le faux site, à la bonne adresse, est entièrement rouge, à l'image du symbole du drapeau du pays. Sur la page, un seul slogan, en polonais et en anglais :”The initiative for the strong position of Poland in the European Union” (l’initiative pour une place forte de la Pologne au sein de l’UE). 

Les Danois, qui succèderont à la Pologne au premier janvier 2012 à la tête du Conseil de l’UE ont déjà réservé l’url habituelle : www.eu2012.dk révèle un autre twitt du journaliste néerlandais Stefan de Vries. 

Clémentine Forissier - 4 juillet 2011

Nouvelle équipe, nouveau site, nouvelles élections, nouveau blog. L’année qui s’annonce sera riche en évènements politiques. 

Plus nombreuse et plus prolixe la rédaction d’EurActiv.fr a donc décidé de relancer son blog. Mais il sera, cette fois-ci, directement intégré au site. 
 
Vous y retrouverez, au rythme où ça nous chante, toutes les absurdités, drôleries, indignations (puisque le mot est à la mode) de la bulle européenne. Les nouvelles viendront de Bruxelles ou de France, au gré de nos rencontres.  
 

Jean-Christophe Boulanger - 26 juin 2011

9 mois, un week-end d'équipe, un voyage à Pau, et des milliers de lignes de code plus tard… le nouvel EurActiv.fr est arrivé !

Chaque page a été repensée, pour vous permettre d'aller droit à l'essentiel dans un environnement agréable.

Une charte graphique remaniée

Le logo a été légèrement revu, pour conserver l'identité d'EurActiv tout en mettant l'accent sur sa spécificité française. Nous conservons le jaune emblématique du réseau EurActiv, mais dans un ton plus chaleureux.
Une nouvelle police de titraille, Adelle, exprime son caractère affirmé et dynamique.

Une nouvelle navigation par onglets

Ces onglets reprennent les quatre types de contenus présents sur le site :
1. Actualité : articles, enquêtes, interviews, dossiers, vidéos, toujours organisés par rubriques sectorielles
2. Analyses & Tribunes : reprises d'analyses tierces, bientôt des tribunes complètes, et des billets de blogs
3. Offres d'emploi : développement progressif d'une base d'offres sur les affaires publiques et la communication 
4. Agenda : les rendez-vous institutionnels et les événements organisés en France sur les affaires européennes

Une republication des vidéos et des articles de la rédaction bruxelloise

Toutes les vidéos (en anglais) et les articles (intégralement ou partiellement traduits en français) de la rédaction bruxelloise d'EurActiv sont automatiquement republiés. Pour les spécialistes ne voulant rien perdre de l'actualité européenne, il n'est plus nécessaire de lire EurActiv.fr et EurActiv.com/fr. Désormais, tout EurActiv en français est sur EurActiv.fr.

Nous serons très heureux de lire vos commentaires plus bas.

Bien sûr, nous ne nous arrêterons pas là, et fourmillons d'idées pour le(a) s(u)ite.

 

PS. Un grand merci à David, Julien et Jean-Hugues (Oxys) pour leur travail patient et passionné.