Quel regard portez-vous sur les débats sur la future politique de cohésion, en cette période de restrictions budgétaires?

La coopération territoriale demeure une priorité forte et doit continuer à se décliner dans toute sa diversité. La politique de cohésion ne doit pas être une variable d’ajustement du prochain budget communautaire. Les moyens financiers affectés à la politique de cohésion doivent être clairement identifiés et suffisants.

Ne pensez-vous pas qu’à un moment de la négociation, il faudra faire un choix entre la PAC et la politique de cohésion?

Je ne suis pas sûr qu’il faille parler en termes de choix exclusif d’autres politiques. Ce n’est pas un député français qui dira que la PAC a été inutile pour notre pays. Il faut une PAC bien structurée. 

Aujourd’hui, les régions françaises ont plutôt du mal à dépenser les crédits qui leur sont alloués. Selon vous, à quoi est-ce dû?

Les collectivités qui peuvent bénéficier de fonds n’en sont informées que tardivement. Par ailleurs, la complexité des dossiers à monter fait que certaines collectivités y renoncent. Je connais également des cas où les collectivités obtiennent des crédits mais sont obligées de les rembourser après coup.

Quelles sont les solutions pour y remédier?

Il faut simplifier, expliquer, informer. Ce travail doit être accompli par tous, aussi bien au niveau européen, où les technostructures ne sont peut-être pas assez proches des préoccupations locales, que par les Etats qui n’expliquent pas assez. Enfin, les collectivités locales ne font peut-être pas assez d’efforts pour aller en direction de ce qui peut les aider.

Je préside la Fédération des maires de villes moyennes, qui représente des communes entre 20 000 et 100 000 habitants. Dans des collectivités de notre niveau, il est indispensable aujourd’hui d’avoir un service «Europe». Je ne parle pas d’un service de 25 personnes, mais il faut qu’au moins un cadre soit dédié à cette politique.

Vous venez de prendre la tête de la Maison européenne des pouvoirs locaux français, basée à Bruxelles. Quelles seront vos priorités?

Nous voulons être les lobbyistes des collectivités locales françaises à Bruxelles. Il y a beaucoup de rapports à établir entre notre maison européenne et le comité des régions. Il faut également porter les préoccupations de toutes les collectivités française face aux pouvoirs de l’«hydre bruxelloise» que l’on considère parfois avec un peu de suspicion. Il faut apprendre à se connaître et à travailler ensemble.

Nous sommes dans le cadre de l’élaboration d’une politique de cohésion. Il est nécessaire de prendre en compte les besoins spécifiques des zones urbaines. La politique régionale européenne ne doit pas être renationalisée.