A quelques jours de la parution des prochaines perspectives financières européennes pour la période 2014-2020, et pour répondre aux sempiternelles critiques, notamment de la presse britannique, autour de l'utilisation, de la répartition et du poids du budget européen, la Commission a décidé de jouer cartes sur tables.

Les porte-paroles de l'UE ont utilisé le réseau social Twitter entre samedi 25 et dimanche 26 juin pour attirer l'attention sur un document qui ferait partie d'une nouvelle stratégie de communication censée contrer des perceptions erronées de l'action de l'UE. 

De façon plus officielle la Commission a adopté vendredi 24 juin une nouvelle stratégie pour se prévaloire des fraudes au Budget européen, mais il semble que Bruxelles veuille aussi faire taire les fausses rumeurs.

Intitulé "le budget expliqué", ce document réfute six idées reçues: l'UE "coûte trop cher", son financement est "démesuré", décidé de manière " non démocratique", fait l'objet de nombreuses fraudes, est "constamment en hausse", et la majorité des dépenses est allouée à son appareil bureaucratique.

"Pour en savoir plus sur le budget de l'UE – son fonctionnement et ses dépenses – nous nous fions généralement à des articles parus dans les médias ou sur des sites web indépendants. Si la plupart de ces articles sont informatifs et fondés sur des faits, certains reposent parfois sur des faits déformés, des approximations ou de véritables mensonges. Ces récits, souvent repris par d'autres, se répandent, compromettant la qualité du débat public sur les finances de l'UE", explique la Commission.

Haro sur les eurosceptiques

Pour chaque "mythe", la Commission cite différents médias, ou Wikipedia, qui véhiculent ce qu'elle considère comme des informations erronées. Plusieurs sources sont mentionnées, dont le Times, le Telegraph, le Mail Online et le Daily Express.

En réponse aux affirmations de la presse eurosceptique selon laquelle l'UE coûterait trop cher, la Commission affirme que "c'est tout simplement faux". 

"La comparaison avec la journée d'affranchissement de l'impôt est parlante, ajoute Bruxelles. Lorsqu'on calcule combien de jours de travail sur l'année sont nécessaires pour payer les impôts annuels, le fardeau fiscal national implique que la population travaille jusqu'au printemps, voire jusqu'en été, pour payer ses contributions. Par contre, pour couvrir ses contributions au budget de l'UE, l'Européen moyen ne devra travailler que quatre jours, jusqu'au 4 janvier".

Coupures de presse non vérifiées

Une partie du document réfute une récente étude menée par Open Europe, un groupe de réflexion eurosceptique, qui révèle "100 exemples de fraudes et de gaspillage dans l'UE ". Cette étude a attiré l'attention de nombreux médias et a été souvent citée en Europe et au-delà.

"Open Europe prétend illustrer à quel point le budget de l'UE est improductif, mais sa liste n'est rien d'autre qu'une série de caricatures, qui reposent pour la plupart sur des coupures de presse non vérifiées, rassemblées sur plusieurs années", écrit la Commission.

Les efforts déployés par l'exécutif européen semblent trahir une certaine nervosité par rapport à la négociation budgétaire qui s'annonce. Selon une information communiquée à EurActiv, José Manuel Barroso, le président de la Commission, a demandé à tous les commissaires de fournir des exemples de la grande valeur ajoutée de l'argent dépensé par l'UE, en comparaison à des investissements similaires au niveau national.

Certains commissaires n'auraient pas apprécié cette initiative de M. Barroso, ont déclaré des sources à EurActiv.com.

DATES-CLES :

29 juin : adoption du nouveau cadre financier et d'une proposition sur les ressources propres par le collège des commissaires
1er janvier 2014 : début de la prochaine période budgétaire de l'UE