La naissance d’un géant financier réunissant la place de Francfort avec celles de New York, Paris, Amsterdam, Bruxelles et Lisbonne n’aura pas lieu.

Agissant en tant que garante de la libre concurrence dans l’UE, la Commission européenne a décidé, mercredi 1er février, d’interdire l’opération de fusion entre Deutsch Börse et Nyse Euronext.

90% du marché mondial

Bruxelles redoute « la création d'un quasi-monopole pour les transactions en Bourse », car les deux groupes auraient, selon les estimations de la Commission, détenu 90% du marché mondial des produits dérivés européens.

Les garde-fous proposés par les opérateurs, dont le projet avait été initialement annoncé en février 2011, n’ont pas convaincu l’exécutif européen. La vente de certains actifs de la plateforme Liffe (appartenant à Nyse Euronext) et l’ouverture de la chambre de compensation de la nouvelle entité créée pour certains nouveaux contrats, ont été jugées insuffisantes.

"Pas pertinent"

La décision européenne a été mal accueillie par Jean-Paul Gauzès, député européen du PPE. Estimant que la fusion aurait "constitué un ensemble cohérent et stratégique", l’élu juge que "la raison invoquée" par Bruxelles n’est "pas pertinente au moment où les efforts européens tendent au renforcement de la réglementation" des produits dérivés.

Un constat similaire est dressé par la place boursière française. Pour Gérard Mestrallet, président de Paris Europlace, l'Europe passe à côté d'une "opportunité importante". "Cette fusion aurait, également, permis d’apporter une réponse concrète aux objectifs de convergence des pratiques de marché avec les Etats-Unis", estime Europlace dans un communiqué.

Au sein du collège des commissaires, le Français Michel Barnier a tenu à organiser un débat sur ce sujet. L'Espagnol en charge de la concurrence, Joaquin Almunia a cependant eu le dernier mot.