Par Damien Abad est député européen Nouveau Centre, membre du groupe PPE

La crise de l'euro contraint tous nos pays à la discipline budgétaire.
Réduire notre niveau d’endettement public est à la fois un impératif économique mais aussi une exigence morale vis-à-vis des générations actuelles comme futures. Nous ne pouvons vivre indéfiniment au-dessus de nos moyens.
Mais le budget européen ne peut se résumer à une seule politique d’austérité ; nous avons aussi besoin d’investir dans l’avenir. Car autant s’endetter pour financer des dépenses de fonctionnement est désastreux, autant s’endetter pour investir dans l’avenir peut être vertueux.
La mobilité vecteur de changement
A côté de budgets nationaux qui n’en finissent plus de creuser leur déficit de fonctionnement, le budget européen, bien que limité en montant, a au moins le mérite de consacrer 93% de ses dépenses aux investissements d’avenir.
Et le projet de budget pour 2012 ne déroge pas à la règle, lui qui ambitionne d’être orienté vers la solidarité et le soutien de la croissance et de l’emploi.
Ainsi, je plaide avec ardeur pour que le budget européen soit un budget orienté en direction de la jeunesse, l'une des premières victimes de la crise. A ce titre, l'augmentation de 5% du budget alloué au programme "life-long learning" constitue un signal important. De même, en soutenant le programme "Jeunesse en mouvement" et la création d'un Erasmus des apprentis, je souhaite réaffirmer l'importance de la mobilité, du volontariat et de la solidarité comme vecteurs de changements.
Est-il nécessaire de rappeler que moins d'un tiers des Européens entre 25 et 34 ans possèdent un diplôme de niveau universitaire, contre 40 % aux États-Unis et plus de 50 % au Japon ? Que trop souvent les qualifications intermédiaires ne correspondent pas aux attentes du marché du travail ? Il y a un réel besoin, une réelle urgence, à s'occuper de la jeunesse, non seulement parce qu'elle est l'une des premières victimes de la crise, mais aussi parce qu'elle est l'espoir de l'Europe de demain.
Afin que ce projet de budget s’inscrive pleinement dans la « stratégie UE 2020 », nous augmentons également de 55 millions d'euros les crédits liés à la formation professionnelle et de 13 millions d'euros ceux en faveur de la recherche et de la compétitivité des PME.
Entre 2007 et 2010, le programme européen pour l'innovation et la compétitivité a permis la création de 338 310 emplois. Et grâce au 7ème Programme-cadre pour la Recherche et le Développement, en 2010 plus de 2 000 PME et associations de PME ont investi dans la recherche et le développement.
Réduire les coûts de fonctionnement
Jeunesse, recherche, éducation, emploi et formation, je souhaite que ces priorités politiques du Parlement européen, afin qu’elles ne restent pas lettre morte, trouvent leur traduction concrète au niveau budgétaire lors des négociations avec le Conseil.
Qui dit négociations avec le Conseil, dit compromis. Et dans une période de réduction drastique des déficits nationaux, l'Union européenne se doit de se joindre à l'effort collectif. C'est d'ailleurs le sens même de mon engagement sans faille à réduire les coûts de fonctionnement du Parlement européen : gel des allocations, réduction de 5% des frais de voyages et de 10 Millions d’euros de dépenses liées aux frais d’interprétariat.
Mais j’ai l’intime conviction que, ne pas sacrifier notre génération, ce n'est pas seulement se libérer aujourd'hui de nos dettes mais c’est aussi préparer nos emplois de demain, par des programmes de formation, de recherche et de soutien à l'investissement.
A la table des négociations avec le Conseil où j’aurai la chance de siéger, nous ne céderons rien sur l’essentiel, à savoir les jeunes, la recherche et plus globalement, les dépenses d’avenir.
Sans oublier la promotion d’une Europe des producteurs, à travers une politique agricole forte et renouvelée mais aussi une politique industrielle audacieuse et dynamique. Car une Europe sans industrie et sans agriculture, c’est une Europe sans âme, sans souveraineté et sans croissance.
Enfin, j’ai la faiblesse de penser que l’Europe de demain, ce sera aussi l’Europe des grands projets en matière numérique, d’infrastructures, de recherche, d’innovation ou encore d’énergie.
Financer les surcoûts d'ITER
ITER, souvent décrié, en est pourtant une formidable illustration. Voilà un projet qui, en lien avec d’autres projets de diversification énergétique et d’énergies renouvelables, pourrait permettre à l’Europe de prendre le chemin de l’indépendance énergétique.
Comme pour GALILEO, il y aura des surcoûts et comme pour GALILEO, je souhaite que des solutions soient trouvées pour financer ces surcoûts sans que cela ne se fasse au détriment d’autres programmes de recherche et développement.
De mon point de vue, il n’y a pas d’un côté l’austérité et de l’autre la relance. La discipline budgétaire sans l’investissement dans l’avenir serait impuissante et l’investissement dans l’avenir sans la discipline budgétaire serait irresponsable.
Dans un climat international toujours plus difficile, je crois en un budget européen comme outil qui sert à entériner l'Europe des citoyens, affermir l'Europe des travailleurs et consolider l'Europe des producteurs.
Discipline, solidarité et croissance, tels seront les trois maître mots que j’aurai à l’esprit lors des négociations qui vont s’engager entre la Commission, le Conseil et le Parlement en vue de la conciliation.
Pour ce qui concerne les négociations en vue des prochaines perspectives financières 2014-2020, en tant que jeune, centriste et européen convaincu, je défendrai avec ardeur une idée simple : celle de faire de l’Europe une Europe fédérale et de faire du budget européen un budget fédéral qui représente davantage que le 1% du PIB cumulé des Vingt-Sept et qui dispose de véritables ressources propres, telle qu’une taxe sur les transactions financières.






Réactions
Bonne nouvelle... (non vérifié), le 21/11/2011
... Damien Abad vote François Hollande ! Merci pour notre avenir !
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