Alors que les négociations d'adhésion de l'Islande ont commencé le 27 juillet, David Cameron, en visite à Ankara, a réaffirmé son soutien à l'adhésion turque.
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Les dates marquantes du processus d'adhésion de la Turquie à l'UE
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Jean-Pierre Jouyet plaide pour "un partenariat privilégié" entre l'UE et la Turquie
Les entraves à l’adhésion turque à l’Union européenne ulcèrent David Cameron. Lors de sa visite officielle à Ankara, le premier ministre britannique a condamné, le 27 juillet, les résistances bloquant les négociations d’adhésion du pays, ouvertes en 2005.
« Quand je pense à ce qu'a fait la Turquie pour défendre l'Europe en tant qu'alliée de l'Otan et ce que la Turquie fait maintenant en Afghanistan aux côtés des alliés européens, cela me met en colère de constater que votre marche vers une adhésion à l'Union européenne peut être découragée de la façon dont elle l'a été », a-t-il déclaré.
La France et l’Allemagne pour cibles
« Je pense que c'est une erreur de dire que la Turquie peut monter la garde devant le camp, mais sans être autorisée à entrer dans la tente. Aussi, je resterai votre avocat le plus déterminé pour une adhésion à l'Union européenne et pour une plus grande influence à la table de la diplomatie européenne », a promis David Cameron. Une déclaration en forme de critique à l’égard de la position franco-allemande sur le dossier d’adhésion turc.
Paris et Berlin souhaitent en effet développer un « partenariat privilégié » avec la Turquie, plutôt qu’une adhésion totale.
Une option jugé insultante par le négociateur en chef auprès de l'UE pour l’adhésion de la Turquie, Egemen Bağış, dans un entretien à EurActiv.com en octobre 2009.
« Les choses peuvent changer »
David Cameron prend d’autant plus au sérieux les blocages de l’adhésion turque que le Royaume-Uni a connu une situation similaire.
Le premier ministre a ainsi cité le général de Gaulle, décrivant le Royaume-Uni comme « un pays qui n'est pas européen… son histoire, sa géographie, son économie, son agriculture, et le caractère de son peuple […] », alors qu’il opposait son veto à l’adhésion communautaire du pays - à deux reprises, en 1963 et 1967.
« Nous savons ce que c'est que d'être exclu du club. Mais nous savons aussi que ces choses peuvent changer », a poursuivi David Cameron, en signe d’encouragement.
A l’heure où la Turquie réalise aujourd’hui plus de la moitié de ses échanges commerciaux avec l'UE, Ankara voit son aspiration communautaire renforcée par le fort soutien apporté par David Cameron. Ce soutien n’est cependant pas nouveau et devra convaincre ses homologues européens, aux premiers rangs desquels la France et l’Allemagne.
« Nous sommes favorables à la poursuite des négociations, nous ne sommes pas favorables au point d'arrivée », soit l'adhésion réclamée, avait d’ailleurs indiqué le 26 juillet, Pierre Lellouche, secrétaire d'Etat français aux affaires européennes, rapporte le Monde.
Une demande d'adhésion au long cours
L’intérêt communautaire de la Turquie a déjà une longue histoire d’un demi-siècle. Dès 1959, le pays demande en effet à devenir un membre associé de la Communauté européenne économique (CEE). L’accord d’Ankara, signé en 1963, prévoit la mise en place progressive d’une union douanière entre les deux zones.
Côté adhésion, la Turquie dépose une demande officielle à la CEE en avril 1987. Dix ans plus tard, son éligibilité à cette adhésion - à l’Union européenne - est confirmée par le Conseil européen de Luxembourg.
Entre temps, l’UE a instauré une union douanière avec la Turquie, en 1995. Différents partenariats révisés ont été signés durant la dernière décennie entre l’UE et la Turquie. La question de son adhésion stagne néanmoins depuis l’ouverture officielle des négociations fin 2005. Sur les 35 « chapitres » prévus dans la négociation d’adhésion, seule celui « Science et recherche » a été clôturé, en 2006, et des sujets restent bloqués comme le dossier chypriote.



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