Les dirigeants de l'UE se sont accordés sur des contrôles de leurs réacteurs. Mais les modalités de ces opérations restent à préciser.

Simulations de tsunamis ou d’attaques terroristes: les critères des tests seront définitivement arrêtés en juin. © Droits réservés
Documents officiels
Conseil européen
Conclusions du Conseil européen, 24 et 25 mars 2011Portail du gouvernement - Premier Ministre
Lettre de François Fillon à l'Autorité de sûreté nucléaire, 24 mars 2011Conseil de l'Union européenne
Conclusions de la rencontre des ministres européens de l'Energie, 21 mars 2011Présidence de la République française - Elysée
Déclaration du président de la République sur le Japon, 16 mars 2011Commission européenne
Conférence de presse Günther Oettinger, 15 mars 2011
Positions
Western European Nuclear Regulators'Association
Normes de sûreté nucléaire pour les nouvelles centrales
Les Européens veulent tirer les conséquences de la catastrophe japonaise. Les dirigeants de l’UE se sont donc entendus, mardi 25 mars, sur la nécessité de tester la sécurité des 157 réacteurs nucléaires répartis dans 16 pays de l’UE.
«Les contrôles seront menés par les autorités nationales compétentes», précisent les conclusions de la rencontre. Une phrase qui peut être interprétée de plusieurs manières. Pour la France, il est clair que les autorités de chaque pays doivent tester leurs propres centrales. «Le mix énergétique est de la compétence des Etats membres», a insisté Nicolas Sarkozy devant la presse, reprenant une phrase du texte final de la réunion.
Mais d’autres, dont le commissaire européen en charge de l’Energie, Günther Oettinger, aimeraient que les centrales européennes soient contrôlées par des équipes multinationales, composées d’experts nationaux.
Critères
«Pour la crédibilité des tests, il est mieux de recourir à des groupes multinationaux», estime une source diplomatique.
Mais la France semble avoir pris les devants, en chargeant l’Autorité de sûreté nucléaire de mener cet audit.
Simulations de tsunamis, de tremblements de terre, de coupures d’électricité ou d’attaques terroristes: les critères seront définitivement arrêtés en juin, au niveau européen, en concertation avec la Commission, les Etats membres et des experts.
Réserves britanniques
Puis les tests pourraient être menés à l’automne, et les résultats connus avant la fin de l’année. «Les résultats devront être rendus publics», peut-on lire dans les conclusions du sommet. Une transparence notamment poussée par la France et l’Allemagne.
Les Etats décideront eux-mêmes la suite qu’il conviendra de donner à ces contrôles. «Si les tests n’étaient pas concluants, en France, [les centrales] seront fermées», a affirmé le président Nicolas Sarkozy. La chancelière allemande et son homologue espagnol sont allés dans le même sens. Les trois pays regroupent plus de la moitié du parc nucléaire européen. L'Allemagne a déjà annoncé le démantèlement programmé de sept centrales.
En revanche, le premier ministre britannique, dont le pays abrite 19 réacteurs, a été plus réservé sur cette question au cours du débat, rapporte une source diplomatique.
Voisinage
De leur côté, l’Autriche, l’Irlande et la Grèce se seraient montrés particulièrement «sensibles» à cette question. L’Autriche est opposé à l’énergie nucléaire. Le pays a été l’un des plus fervents partisans de tests communs sur les centrales européennes. Vienne réclame régulièrement l'arrêt des réacteurs de ses voisins slovène et slovaque.
Interrogé sur la centrale alsacienne de Fessenheim, qui date de plus de trente ans, Nicolas Sarkozy a exclu, pour l’instant, de la démanteler. «Je n’ai pas de raison de prendre cette décision. En revanche, ce qui serait choquant serait de ne pas y appliquer les tests de résistance», a-t-il précisé.
Les conclusions du sommet mentionnent aussi la nécessité d'examiner les centrales des Etats voisins de l’UE. «Il n’existe pas vraiment de moyens de pression pour faire respecter cette demande», admet cependant, en coulisses, un diplomate européen.




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