La déclaration originelle du « R20 » -le « R » renvoie à « Régions »- a déjà près de neuf mois. C’est le gouverneur de Californie, Arnold Schwarzenegger, qui avait lancé cet appel à Copenhague, après la tenue du « sommet global sur le changement climatique » en septembre 2009 à Los Angeles.

Le principe de base de cette initiative est d’aider des Régions volontaires à concevoir et mettre en place leurs plans régionaux sur le changement climatique et l’énergie. Le R20 vise à rapprocher les régions en pointe dans ce domaine, tout en développant les capacités d’un nombre réduit d’autorités infranationales de pays en voie de développement.

Parallèlement au Congrès mondial de l’énergie qui a eu lieu à Montréal (12-16 septembre), les préparations du R20 ont beaucoup progressé, mercredi 15 septembre. Le lancement officiel de la nouvelle coopération est prévu pour novembre.

Renforcer la pression

Le R20 entend faire pression pour progresser dans la lutte contre le changement climatique. Pour la présidente de l’Assemblée des régions d’Europe (ARE), Michèle Sabban, la nouvelle structure « ne sera pas un autre forum de discussions » mais un « action tank », qu’elle veut distinguer des think tanks.

Selon l’ARE et d’autres organismes soutenant le R20, l’importance des Régions sera essentielle pour appliquer un traité juridiquement contraignant qui succède au protocole de Kyoto. Les dirigeants mondiaux doivent tenter d'avancer sur le sujet, lors de sommets comme celui de Cancun.

Partenariats public-privé

Renforcer le rôle des Régions nécessitera l’approbation et le financement de nombreux projets d’énergies propres et de réseaux intelligents, ainsi que la diffusion de messages appelant le grand public à faire des économies d’énergie. 

Prenant acte des difficultés rencontrées dans les négociations climatiques sur le financement, il figure au premier plan de la réflexion du R20 en préparation, a indiqué le gouverneur de Califorfnie, 

Arnold Schwarzenegger. 

Les partenariats public-privé font parties des outils-clés du changement, comme en a témoigné Terry Tamminen à Montréal. Ce New-yorkais, investisseur en capital-risque à Pegasus Capital Advisers, a exposé son projet de « banque d’investissement verte » pour rapprocher les membres du R20, leurs projets, leurs partenariats et l’argent investi.

Les représentants industriels ont adopté une approche similaire en présentant des pistes de solutions immédiates. Parmi eux, Ricardo Cordoba, président pour l'Europe de l’ouest de GE Energy, a rappelé l’intérêt des Régions à conclure des partenariats techniques comme celui qu’il a signé avec l’ARE. Selon lui, de tels partenariats ont des retombées positives pour les décideurs qui élaborent des politiques de pertinence mondiale.

POSITIONS

Représentant le programme des Nations Unies pour le développement à Montréal, le Français Yannick Glemarec a évoqué quelques raisons empêchant les investissements dans des technologies propres. « La distribution inégale des fonds d’investissement » et le fait que « l’argent reste dans les nations de l’OCDE », sont, selon lui, des problèmes centraux. Sans ajustement de la balance entre le risque et le bénéfice, les financements nécessaires au développement d’énergies vertes n’atteindront jamais l’Afrique et les autres zones en voie de développement, a-t-il assuré.

La présidente de l’Assemblée des Régions d’Europe (ARE), Michèle Sabban a insisté sur le fait que les partenariats public-privé devaient jouer un rôle croissant dans la transformation des sociétés aux effets du changement climatique. « Nous avons créé un lien entre les plus grandes parties prenantes dans la lutte contre le changement climatique : le milieu des affaires et les autorités régions/fédérales», s’est-elle enthousiasmée. « C’est par eux que l’innovation va émerger aujourd’hui », a-t-elle ajouté.