France et Allemagne appellent à une taxe carbone aux frontières de l’UE [FR]

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Le président français Nicolas Sarkozy a déclaré que dans les prochains jours, les deux pays mettraient sur la table une proposition de correction d’éventuelles distorsions du commerce et de la compétitivité ; ces distorsions sont causées par un futur accord international sur le changement climatique qui doit être signé plus tard dans l’année à Copenhague.

Nous allons demander – la France et l’Allemagne – la création d’un mécanisme aux frontières de l’Europe dans l’hypothèse de la présence de déséquilibres dans l’accord de Copenhague, a déclaré M. Sarkozy lors d’une conférence de presse suivant le sommet des dirigeants européens, à Bruxelles hier (17 septembre).

Ces propositions, a-t-il dit, seront rendues publiques dans les prochains jours.

Selon le président français, l’idée d’une taxe carbone d’ajustement fait son chemin dans l’esprit des dirigeants européens, alors que les négociations internationales au niveau de l’ONU peinent à trouver leur rythme de croisière.

Au départ, la France était très isolée sur la question, a expliqué M. Sarkozy. Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a déclaré la semaine dernière que toute discussion sur des mesures d’ajustements extérieures était prématurée, puisque la priorité de l’UE était de parvenir à un accord mondial à Copenhague (EurActiv 14/09/09).

Mais M. Sarkozy a affirmé que l’idée progressait désormais dans l’esprit des dirigeants de l’UE parce qu’elle était de mieux en mieux comprise, non comme une mesure protectionniste, mais comme un moyen de rééquilibrer les termes du libre échange et de la concurrence.

Autrement, il s’agit d’aide massive à la relocalisation, a insisté M. Sarkozy. Nous ne pouvons pas taxer les entreprises européennes et exempter les autres, a-t-il conclu.

La déclaration finale du sommet européen d’hier incite fortement les économies émergentes à augmenter leurs contributions financières au combat contre le changement climatique dans le monde en développement. Tous les pays, exceptés les moins développés, devraient contribuer, selon la déclaration, étant donné que des financements seront alloués selon les besoins afin que les pays en développement reçoivent plus que ce qu’ils donnent.

La Commission européenne estime que le financement total pour aider les nations en développement à adopter des sources d’énergies économes en carbone et à s’adapter à l’augmentation attendue des inondations et des tempêtes en raison du changement climatique pourrait s’élever à 100 milliards d’euros annuels en 2020 (EurActiv 11/09/09).

Hier, les dirigeants européens ont cependant souligné que cette estimation présupposait des actions d’atténuation appropriées dans le chef des pays en développement, en particulier ceux qui sont économiquement plus avancés, en référence à la Chine en particulier, puisque Pékin détient de vastes réserves de devises étrangères.

Le financement public, ont ajouté les dirigeants européens, devrait refléter la capacité du pays à payer et ses responsabilités en termes d’émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Cette déclaration peut être considérée comme une autre référence à la Chine, qui a pris la place des Etats-Unis en 2006 en tant que leader mondial des émissions de dioxyde de carbone.

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