Du Qiwen, l'ambassadeur chinois à Athènes, s'est félicité des « relations d'amitié étroites » entre la Chine et la Grèce. Il a répété que le gouvernement chinois était prêt à aider la Grèce à régler ses problèmes dette.

Lors d'une conférence organisée par l'association grecque d'études européennes et le centre d'excellence européen Jean Monnet, le diplomate a souligné vendredi dernier (20 janvier) la contribution de la Chine à la résolution de la crise de la dette dans la zone euro, tout en faisant référence à l'avenir des relations gréco-chinoises.

« Partenaires dans la prospérité »

« La Chine, la Grèce et l'UE sont des partenaires qui œuvrent pour la prospérité, ensemble, nous pouvons faire mieux », a-t-il déclaré, ajoutant que le renforcement de l'Europe était aussi dans l'intérêt de la Chine.

Du Qiwen a affirmé qu'aujourd'hui, la tendance était à la mondialisation. Une tendance encouragée par l'évolution rapide de la science, des technologies et la modification du paysage mondial, un élément qui va « changer notre mode de vie, notre façon de travailler et de communiquer ».

Il a poursuivi en affirmant que l'Europe était l'un des acteurs derrière ces tendances et qu'elle en avait déjà largement tiré profit. Il a ajouté que l'UE resterait « un leader dans de nombreux domaines ».

Il a également rappelé que la Chine avait soutenu l'UE dans ses efforts pour enrayer la crise de la dette en augmentant ses contributions au FMI, en achetant des obligations de pays de la zone euro et en investissant en Europe. Il a souligné que les 11 premiers mois de l'accord bilatéral de 2011 entre l'UE et la Chine avaient permis de générer 517 milliards de dollars (398 milliards d'euros) et que les exportations européennes vers la Chine avaient augmenté de 26,8 %.

La Chine reste réticente à l'idée d'aider l'UE à augmenter la capacité de son fonds de sauvetage via une augmentation de ses contributions au FMI. Elle estime en effet que le Fonds monétaire international devrait d'abord être réformé avant que Beijing ne s'engage à verser plus d'argent.

Intérêts pour l'industrie maritime et les transports

Du Qiwen a déclaré que Beijing avait accru ses contributions au FMI et il a souligné que son pays avait acheté de la dette grecque sur la demande d'Athènes. « La Banque d'investissement chinoise a mis sur pied un fonds spécial avec un montant initial de 5 milliards de dollars (3,84 milliards d'euros) pour fournir des services financiers à l'industrie maritime grecque, entre autres », a-t-il expliqué.

Il a fait allusion à la coopération gréco-chinoise en matière de tourisme avec Air China, la compagnie aérienne qui devrait reprendre ses vols directs vers Athènes.

Le diplomate a également souligné que son pays s'était engagé à doubler le commerce bilatéral entre les deux pays pour atteindre 8 milliards de dollars (6,15 milliards d'euros) en cinq ans à partir de 2011. Il a précisé qu'au cours des dix premiers mois de 2011, les exportations grecques vers la Chine avait cru de 83,5 %.

Il a affirmé qu'il existait un sentiment selon lequel « tout ce que la Chine achète augmente de prix et tout ce qu'elle vend diminue ». Dans le cas du vin, de l'huile et du marbre grecs, cette règle s'applique aussi, car la Chine souhaite que les agriculteurs et les producteurs grecs en tirent plus d’avantages sur le plan économique, a-t-il expliqué.

Interrogé par EurActiv Grèce sur la dégradation récente de la notation de huit membres de la zone euro par l'agence Standard & Poor's, l'ambassadeur a déploré l'irresponsabilité de ces agences.

« La plupart du temps, l'économie chinoise est à la merci des décisions [...] de ces agences de notation qui manquent parfois d'un sens des responsabilités envers l'économie mondiale. »

Il a ajouté que la Chine avait récemment monté sa propre agence de notation, Dagong. Cette agence avait d'ailleurs prévu la dégradation des Etats-Unis il y a deux mois : « Notre agence est fiable la plupart du temps dans ses prévisions, elle se montre beaucoup plus responsable », a-t-il déclaré.