Le député (UMP), président de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst), estime que tous les pays ne doivent pas nécessairement avoir la même politique énergétique, même si elles doivent converger vers des objectifs communs.

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Energies renouvelables: les prévisions montrent que l'UE est sur la bonne voie d'atteindre l’objectif de 20 %Assemblée nationale
Rapport d'information sur l'énergie éolienne
Vous avez reçu, le 23 juin, quatre députés du Bundestag sur le thème de l’énergie. Pourquoi?
Nous les avons reçus dans le cadre du groupe d’amitié France-Allemagne. Ils ont notamment fait un déplacement d’étude dans la Manche et ont visité les sites de Flamanville et celui de La Hague, pour leur information. Ils ont également demandé à me rencontrer, en tant que président de l’Opecst. Je les ai reçus.
Beaucoup disent que la France a beaucoup à apprendre de l’Allemagne en matière d’énergie renouvelable. Est-ce aussi votre cas?
Toutes les politiques doivent converger vers deux objectifs: la lutte contre le changement climatique et la sécurité d’approvisionnement. Pour autant, une politique européenne ne signifie pas que tous les pays doivent avoir la même politique énergétique. Il faut tenir compte des particularités nationales. Il ne faut pas voir seulement les politiques par un petit bout de la lorgnette.
Prenons l’exemple du Danemark. Ce pays est très orienté vers l’environnement, du moins c’est ce qu’ils nous disent quand nous les rencontrons. Mais le kilowatt-heure danois contient 314 grammes de CO2. En France, selon les chiffres de l’Agence internationale de l’énergie, il est entre 85 et 90 grammes en moyenne. Lorsque les Danois installent des éoliennes, ils ont un recours massif au charbon.
Dans un entretien accordé au journal Les Echos en février, le PDG d’E.ON (numéro un allemand de l'énergie) estimait que la régulation des prix en France empêchait une réelle concurrence sur le marché de l’énergie. Partagez-vous ce point de vue?
Si le consommateur français veut échanger les prix de l'électricité dont il bénéficie aujourd’hui contre les tarifs allemands, je suis d'accord. Mais je ne suis pas sûr qu’il y retrouve son compte.
On pointe là un très grave défaut, y compris dans la politique européenne. On veut organiser la concurrence en prenant une partie de «la rente nucléaire». Mais un certain nombre de marchands, qui veulent bénéficier de cette rente, ne sont pratiquement pas producteurs.
S’ils veulent avoir accès à la rente, qu’ils prennent, par exemple, une participation dans l’EPR de Flamanville! Sinon, ces «marchands à la sauvette» vont gagner leur vie en vendant l’électricité, mais n’investiront rien. Or, l’entreprise [EDF, NDLR] qui peut investir est précisément celle qui n’aura aucun intérêt à le faire, car elle sera privée d’une partie de la rente nucléaire… Dans ses conditions là, et si l’on ne fait pas les investissements nécessaires, nous risquons d’être confrontés à un blackout complet. Il faut être très vigilant à ne pas casser la capacité de ceux qui vont investir. L’électricité n’est pas une marchandise comme les autres.
Or, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), il faudra investir, dans le monde, 30 000 milliards d’euros dans les infrastructures énergétiques d’ici 2030.
La Commission a dénoncé récemment un manque de transparence sur les marchés énergétiques de 20 pays européens, dont la France. Qu’en pensez-vous?
Bruxelles ne veut pas des prix régulés pour le consommateur. Mais il faut être vraiment un idéologue bruxellois pour avoir cette foi aveugle dans le marché et s'imaginer que le consommateur va pouvoir avoir la liberté de choisir. En réalité, il a surtout la liberté de voir les prix augmenter.




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