Pour conforter l'action de la banque publique d'investissement, Paris regarde vers l'Europe

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Un partenariat est en cours de définition entre la banque des PME et la Banque européenne d'investissement.

Une nouvelle fois, le gouvernement fait le point sur le pacte européen de croissance défendu par François Hollande depuis juin 2012.

Aucune annonce particulière n’est ressortie des échanges tenus le 29 janvier entre les représentants des collectivités et les ministres Pierre Moscovici et Bernard Cazeneuve. Mais un partenariat chemine entre la Banque publique d’investissement, au service des PME industrielles depuis le 2 janvier, et la Banque européenne d’investissement (BEI).

“Il s’agissait d’une réunion de mobilisation des services de l’Etat et des acteurs locaux”, indique Philippe de Fontaine Vive, Vice-président de la BEI, qui a également participé aux échanges.

Les modalités d’intervention de l’établissement restent à définir : elles pourront prendre la forme de “cofinancements, de refinancements, de co-investissements etc”, décline le numéro deux de l'institution. "La liaison avec la BPI permettra d'augmenter sa dotation", escompte Alain Rousset, qui présentait ses voeux à la presse le 30 janvier en tant que président de l'association des régions de France.

Dans un tel partenariat, la BPI déciderait, en tant que cliente de la BEI, de la façon dont elle souhaite être accompagnée par la banque des 27 Etats de l’UE. Les discussions vont se prolonger avec Nicolas Dufourcq, le directeur général de la BPI, laquelle tiendra par ailleurs son premier conseil d'administration le 15 février.

La BEI est en outre impliquée dans deux autres volets du pacte de croissance. L’injection d’argent frais de ses actionnaires fin décembre 2012, à hauteur de 10 milliards d’euros, se traduira sur le terrain dès le premier trimestre de cette année.

Parvenir à ce déploiement en "moins de 6 mois représente une véritable mobilisation", estime Philippe de Fontaine Vive. Pour les project bonds, ces titres obligataires émis par des « sociétés de projet » (constituées d’entreprises et d’acteurs publics), le calendrier est en revanche plus flou.

La décision de recourir aux project bonds dépend essentiellement des promoteurs du projet, rappelle Philippe de Fontaine Vive. Or, à ce stade, « les concessionnaires pressentis n’ont pas encore répondu aux appels d’offres. »

A ce jour, aucun project bond n’a été lancé en Europe, même si Bruxelles tient à étendre ce mode de financement à partir de 2014. En France, quatre projets sont cités parmi les bénéficiaires potentiels des project bonds (fibre optique en Haute-Savoie et en Auvergne, ainsi que deux tronçons d’autoroutes, en Poitou-Charente et en Rhône-Alpes.)

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