Le commerce extérieur français se dégrade au point d’atteindre un déficit de 7,1 milliards d’euros en avril, selon des chiffres dévoilés le 9 juin par les Douanes. Les résultats les plus négatifs avaient été enregistrés en février dernier (6,4 milliards) et en octobre (6,38 milliards).

Cette dégradation est la conséquence d’une hausse des importations (+1,4% en avril à 41,5 milliards) conjuguée à une baisse des exportations (-2% à 34,4 milliards). 

Repli de l'industrie

La France accuse notamment un repli de 1,5% des exportations industrielles, conséquence de la baisse des ventes de machines et d'équipements automobiles.

Parallèlement, les achats à l'étranger de produits raffinés ont augmenté de plus de 650 millions d'euros pour compenser la baisse de production des raffineries françaises. "La hausse de la facture énergétique qui en résulte, ainsi que l'acquisition de deux boeings, renchérit les importations de plus de 500 millions d'euros", précise le document des Douanes.

"A ce stade, il ne faut pas sur-interpréter cette évolution décevante", explique Michel Martinez, économiste de la Société Générale dans une note, précisant que l'évolution de la facture pétrolière a pesé pour 20% du déficit supplémentaire.

Un euro trop fort ?

Le contraste avec l'Allemagne est pourtant très marqué. Le pays a enregistré en avril un excédent commercial de 12 milliards d'euros en dépit d’une baisse record de ses exportations depuis deux ans. Un écart qui relativise l'impact de la vigueur de l'euro sur la balance commerciale. En avril, l’écart s’est creusé de 4,5% entre la monnaie européenne et le dollar (l’euro s’échangeait contre 1,48 dollar fin avril, comparé à 1,41 au début du mois).

"Les exportations vers la zone euro représentent pratiquement 60% de nos exportations, il n'y donc pas de risque de change", explique François David, président de l'assureur crédit Coface. "À cela, vous pouvez ajouter les marchés sur lesquels les entreprises françaises sont en concurrence avec des entreprises de la zone euro et où, par conséquent, la question du taux de change ne se pose pas."

"Donc, finalement, l'impact de l'euro ne concerne qu'un quart de nos exportations, c'est important mais ce n'est pas essentiel, sauf bien sûr pour quelques secteurs comme l'aéronautique."

Selon Eurostat, seuls 9 pays de l'UE affichent une balance commerciale positive en 2010.