À l'occasion d'une visite officielle aux Etats-Unis, le président François Hollande a plaidé pour une accélération des négocations de l'accord de libre-échange entre l'UE et les Etats-Unis. En France, le partenariat fait débat.

Reçu avec faste à la Maison Blanche pour une visite d'État de trois jours, le président français a fait valoir que les États-Unis et l'Union européenne avaient intérêt à aller vite pour conclure le Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (PTCI).

« Nous avons tout à gagner à aller vite. Sinon, nous savons bien qu'il y aura une accumulation de peurs, de menaces, de crispations », a estimé le chef de l'État lors d'une conférence de presse commune avec Barack Obama.

« Si nous sommes de bonne foi, si nous sommes respectueux des positions des uns et des autres, si nous sommes attachés (...) à la croissance, nous pouvons aller vite », a-t-il plaidé.

Les États-Unis et l'UE souhaitent aboutir à un accord avant l'expiration du mandat de l'actuelle Commission européenne, en octobre 2014, même si certains experts s'attendent à ce que les pourparlers se prolongent jusqu'en 2015.

Le plaidoyer du président français en faveur d'un accord rapide intervient alors que des voix s'élèvent dans sa propre majorité contre un accord jugé dangereux pour certains pans de l'économie européenne comme l'agriculture.

« On est en train de négocier des règles qui sont des choix de société », a mis en garde mardi le député écologiste Yannick Jadot sur RFI, évoquant le débat sur les organismes génétiquement modifiés (OGM) ou la menace d'une dérégulation rampante de l'économie.

Le consensus entre Barack Obama et François Hollande sur ce dossier illustre le rapprochement entre Paris et Washington, opposés il y a seulement quelques mois sur ce dossier.

Traditionnelle pomme de discorde entre les deux pays, la notion d'exception culturelle que la France a imposée à la Commission européenne dans ses négociations avec les États-Unis avait suscité des menaces de représailles de Barack Obama lui-même. Depuis, les relations se sont apaisées entre les deux dirigeants.

« Je veux remercier François pour sa coopération », sur ce dossier, a dit Barack Obama à la presse, jugeant l'accord vital pour la croissance de l'économie mondiale.

« Confiance mutuelle restaurée »

Le « partenariat transatlantique de commerce et d'investissement » serait le plus important accord de libre-échange jamais conclu, puisqu'il couvrirait près de 50 % de la production économique mondiale, 30 % du commerce international et 20 % des investissements directs étrangers.

La détente franco-américaine sur ce dossier intervient alors que les deux pays assurent avoir tiré les enseignements des révélations d'Edward Snowden, l'ancien consultant de la National Security Agency (NSA) qui a dénoncé l'espionnage systématique des pays européens par les États-Unis.

« Sur la question NSA, à la suite des révélations qui ont été celles de Snowden, nous avons établi une clarification entre le président Obama et moi-même sur le passé », a souligné le chef de l'État français.

« Ensuite, nous avons travaillé à une coopération qui puisse permettre de lutter contre le terrorisme et en même temps de respecter des principes et nous avançons dans la voie de cette coopération », a dit François Hollande.

« Il y a une confiance mutuelle qui a été restaurée et qui doit être fondée sur le respect de chacun de nos pays et également sur la protection de la vie privée, de ce qu'on appelle les données personnelles, de ce qui fait que chaque individu peut malgré les progrès technologiques être sûr qu'il n'est pas surveillé », a-t-il ajouté.

Barack Obama a par ailleurs accepté de soutenir François Hollande dans sa volonté de faire de la conférence de Paris en 2015 un succès dans la lutte contre le réchauffement climatique via un nouvel accord mondial pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.