Les entreprises japonaises ont souffert de l'accord de libre-échange (ALE) conclu entre l'UE et la Corée. Tokyo espère donc rapidement conclure son propre ALE, ont confié les négociateurs des deux parties à EurActiv.

En mai dernier, l'Union européenne et le Japon se sont engagés à entamer des « négociations préliminaires », mais ils ne sont pas parvenus à définir un calendrier précis et restent en désaccord sur les questions touchant le secteur de l'automobile ainsi que d'autres domaines sensibles.

Des analyses visant à déterminer la portée de ce futur accord, réalisées par la Commission européenne, devraient bientôt aboutir et donner le feu vert pour le début des négociations, selon l'eurodéputé socialiste Vital Moreira.

Cet eurodéputé portugais, qui préside la commission du commerce international du Parlement européen, a expliqué qu'il avait mené  une délégation se rendant au Japon ce mois-ci et remarqué que l'ambiance n'était plus la même que lors de ses précédentes missions du début de l'année.

Les entreprises japonaises mettent la pression

La sphère politique semble en effet plus déterminée à conclure un accord et les entreprises japonaises s'organisent en secteurs afin de pouvoir avoir droit au chapitre, a précisé M. Moreira lors d'un symposium sur les perspectives d'un accord qui a eu lieu à Bruxelles hier (18 octobre).

S'agissant de la pierre d'achoppement sur les barrières non commerciales (des règlementations et des normes locales qui entravent le commerce), le Japon reconnaît aujourd'hui qu'il s'agit d'un problème majeur pour les Européens et qu'il est nécessaire d’engager des négociations à ce sujet.

M. Moreira a expliqué qu'auparavant, les Japonais refusaient tout simplement que ces barrières fassent partie des négociations.

« L'ALE coréen leur a fait changer d'avis, l'industrie est galvanisée et fait pression sur le gouvernement japonais », a-t-il déclaré.

Arnaud Brunet, le directeur en charge des relations extérieures européennes chez Sony, a affirmé : « L'accord coréen a été une sorte d'électrochoc pour les entreprises japonaises, surtout qu'il est survenu à une époque [suite au tsunami] très difficile pour le pays ».

Ne pas rater d'opportunité

Kojiro Shiojiro, l'ambassadeur du Japon auprès de l'UE, avait confirmé l'impact de cet accord coréen lors d'un entretien accordé précédemment à EurActiv.

Hier, il a déclaré : « Le Japon et l'Europe ne devraient pas passer à côté de cette chance de négocier un accord. C'est une bonne opportunité, mais je ne sais pas combien de temps cela durera, c'est la raison pour laquelle nous souhaitons finaliser les analyses de portées rapidement et conclure un accord aussi vite que possible ».

Bruno Julien-Malvy, un fonctionnaire travaillant au comptoir japonais à la DG Commerce de la Commission européenne, a expliqué que les analyses de portées étaient presque terminées et que la Commission réalisait actuellement des analyses d'impact pour déterminer quels seraient les effets d'un tel accord.