La baisse des parts de marché et la hausse de l'endettement public sont pointés du doigt. En dépit d'un important excédent de sa balance courante, l'Allemagne passe entre les mailles du filet.

© Union européenne, 2012
Documents officiels
Commission européenne
Communiqué de Presse: Commission's first Alert Mechanism ReportCommission européenne
Alert Mechanism ReportEurostat
Les indicateurs d'Eurostat aident à la détection des déséquilibres macroéconomiquesParlement européen
Résolution du 15 décembre 2011 sur la surveillance des déséquilibres macroéconomiques
Deux évolutions macroéconomiques inquiètent la Commission en France. Depuis cinq ans, la France a perdu presque 19,4% des parts de marchés à l'étranger. C'est un signe de sa faible compétitivité, a déclaré le commissaire en charge des affaires économiques Olli Rehn mardi 14 février à Bruxelles.
Or, selon les indicateurs retenus par la Commission, la baisse des parts de marché ne devrait pas dépasser les 6%.
Deuxième facteur d'inquiétude, le niveau de l'endettement public s'élève à 82% du PIB. Or, le seuil est fixé à 60%. Par ailleurs, l'agence de notation Moody's, qui n'est pas convaincue de la capacité du gouvernement français à réduire durablement sa dette, a abaissé mardi 14 février la perspective de la note Aaa de la France.
Le tableau de bord établi par Bruxelles comporte une série d'indicateurs assortis de "seuils d'alerte", visant à prévenir ou à corriger les déséquilibres macroéconoimques susceptibles de nuire à la stabilité de l'UE. Il fait suite à une série de textes adoptés au mois de décembre pour renforcer la gouvernance de l'Union.
La France figure sur une liste de 12 pays européens (Belgique, Bulgarie, Chypre, Danemark, Finlande, Hongrie, l'Italie, Slovénie, Espagne, Suède, Royaume Uni) jugés à risque par la Commission.
Ils feront tous l'objet d'une analyse approfondie pour savoir si les déséquilibres macro-économiques peuvent constituer un danger pour le pays même et l'Union européenne dans son ensemble. Les premières conclusions sont attendues au mois de mai.
La Commission décidera ensuite d'adresser ou non des recommandations spécifiques à chacun. Ces derniers sont tenus de présenter des mesures politiques susceptibles à réduire les déséquilibres, complétées par un calendrier de mise en œuvre.
En cas de non-respect des recommandations de la Commission, cette dernière peut infliger des sanctions aux Etats "délinquants" de la zone euro.
L'excédent allemand
L'Allemagne ne fait pas partie des pays sous surveillance, malgré le fait que la plus grande économie de l'Europe dégage un important excédent de sa balance courante. Depuis 3 ans, ce dernier s'élève en moyenne à 5,9% et atteint ainsi un niveau légèrement au-dessous du "seuil d'alerte" fixé à 6% par la Commission.
Dans son analyse, l'exécutif européen a ainsi adopté la position du Conseil, au sein duquel le gouvernement allemand a longtemps fait pression pour ne pas se faire épingler pour ses excédents.
Cette position va à l'encontre des préconisations formulées par le Parlement dans les textes sur la gouvernance macroéonomique de la zone euro adoptés à l'automne. Les élus souhaitaient que le seuil pour les excédents soit au même niveau que celui pour les déficits, c'est-à-dire à 4%. Si la Commission avait opté pour ce traitement égalitaire des déficits et des excédents, l'Allemagne se trouverait maintenant également dans le viseur de l'exécutif européen.
Approche biaisée
"Une des préoccupations du groupe socialiste était de s'assurer que les déséquilibres seraient regardés de manière symétrique", a regretté l'eurodéputée Pervenche Berès (S&D) à Strasbourg mardi 14 février. Elle déplore une "approche biaisée" de la Commission. A en croire Bruxelles, tous les pays devraient se trouver en excédent de balance courante, une perspective "peu réaliste", selon Mme Berès.
La discussion autour de l'excédent allemand s'inscrit dans un débat plus général sur la durabilité du modèle économique Outre-Rhin.
Pour la gauche française, la compétitivité de l'Allemagne, dû au faible coût du travail, s'explique par les bas salaires, l'inexistence d'un salaire minimum et la précarité d'une grande partie des travailleurs. Au contraire, la droite française et notamment le président français Nicolas Sarkozy ont érigé le modèle allemand en exemple. La TVA sociale, proposée par le gouvernement, prétend s'inspirer du succès Outre-Rhin et vise à faire baisser les charges qui rendraient le travail trop cher en France.
Membre de l'UMP, le député européen Jean-Paul Gauzès est cependant allé dans le même sens que sa collègue socialiste en commentant le texte présenté par la Commission.
Le commissaire en charge des affaires économiques Olli Rehn a pour sa part estimé que l'économie allemande n'était pas fondée sur des bas salaires, mais sur l'innovation et la compétitivité industrielle, a-t-il déclaré mardi 14 février. Pourtant, la Commission a accepté d'examiner de plus près, "dans les mois à venir", les importants excédents de certains pays, dont l'Allemagne.







Réactions
JANIAUD (non vérifié), le 15/02/2012
recherche developpement DE 2.8% d'un PIB 1.6 fois supérieur dont 60% apporté par l'industrie , Fr 2.18 dont 65% apportés sur crédits publics y compris via le crédit d'impot . Des réformes incessantes en Fr, un soutien public et régional permanent en DE. Voila le vrai problème
Paul JANIAUD
Arminius (non vérifié), le 16/02/2012
Le vrai problème c'est de vouloir réduire l'Union Monétaire à une course entre les deux favoris.
Le but de l'Union Monétaire était et devrait être politique.
Il y a 17 membres à part entière dans l'Union Monétaire et c'est dans l'intérêt de tous les membres que les discussions devraient avoir lieu et que les décisions doivent être prises.
le pacs ou axe entre l'Allemagne et la France est en fait un grand handicap pour le bon fonctionnement de l'UE.
Une vraie union fiscale, avec abandon partiel de souveraineté budgétaire est une prémisse à la réussite de L'union Monétaire et de l'UE.
Arminius (non vérifié), le 16/02/2012
La bonne performance et la croissance de l'économie allemande c'est faite aux dépens des économies des autres pays de l'Union Monétaire.
Une monnaie unique sans une vraie Union Fiscale avantage forcement les économies les plus compétitives aux dépens des plus faibles.
Si la France et non l'Allemagne avait l'économie la plus compétitive le titre de l'article aurait été, à un détail prés, le même: "La Commission inquiète de la faible compétitivité de l'économie allemande"
La loi du plus fort ne peut fonctionner au sein d'une union monétaire que si elle est arbitrée et limitée grâce à ou par une vraie union fiscale, avec abandon partiel par les membres d'une part de leur souveraineté budgétaire.
Mais allez expliquer cela à des Allemands ou à des Français!
Je pense que nous avons loupé le coche au moment du « Oui » à la réunification de l'Allemagne.
Kohl et Mitterrand sont donc les responsables principaux du désastre actuel.
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