José Manuel Barroso a écarté la proposition, envisagée notamment par Michel Barnier, de créer une agence de notation publique de l’UE.

Documents officiels
Commission européenne
Discours de Michel Barnier à l'inauguration de l'Esma
Le projet d’une agence de notation publique de l’UE vient de passer à la trappe.
Le président de la Commission européenne a rejeté l’idée, mardi 6 septembre. « Il n'y a pas d'intention de créer une quelconque agence », a-t-il déclaré.
Le commissaire européen au Marché intérieur, Michel Barnier, et le ministre des Affaires étrangères allemand, Guido Westerwelle, s’était prononcés début 2010 en faveur d’une telle proposition, estimant que le paysage des agences de notation était trop concentré.
Lundi 11 juillet, Michel Barnier avait également suggéré d’interdire toute dégradation de la note d’un pays bénéficiaire d'une aide internationale par les agences de notation.
Celles-ci ont été accusées, cet été, d’avoir attisé la méfiance des marchés quant à la capacité des pays européens surendettés à atteindre leurs objectifs de réduction du déficit public, contribuant ainsi à l’aggravation de la crise dans la zone euro.
Des solutions aux problèmes budgétaires
José Manuel Barroso a par ailleurs souligné la volonté de l'Union européenne d’adopter une approche à long terme convaincante pour régler les problèmes budgétaires des Etats et mettre en place une gouvernance de la zone euro.
"L'impact de ces progrès deviendra apparent au cours des trois prochaines années", a-t-il déclaré.






Réactions
Robert Bidochon (non vérifié), le 12/09/2011
Prenons un peu de recul avec ce problème d’agences de notation. La position de BARROSO est affligeante, parce qu’il refuse la proposition de Michel BARNIER sans rien proposer d’autre. Or, on ne peut pas en rester là.
LE BILAN. IL EST NOIR.
Elles ont très gravement failli en accordant de bonnes notes à ce que l’on appelle des actifs toxiques. Quelles conséquences en tire Monsieur BARROSO ? Qu’on ne change pas une équipe qui perd. Comment se fait-il que les populations américaines ruinées par les subprime n’aient pas déclenché des class actions à leur encontre ? Sans doute parce que le système est verrouillé.
Elles se comportent comme des dresseurs de cirques, et font sautiller les chefs d’Etat à chacun de leurs claquements de fouet. En cela, les agences montrent le mépris qu’elles ont vis-à-vis des élus, et montrent clairement que le pouvoir est passé entre leurs mains. C’est intolérable.
Pire, elles imposent les conditions du rétablissement de leurs bonnes notes. Par exemple on lit dans la presse que la Grèce devrait vendre des Iles. Qui a les moyens de les racheter ? Ceux–là même qui ont créé et fait perdurer grâce leur soutien les actifs toxiques. On avance même la vente inéluctable du Parthénon. Et elles croient sans rire que cela ne conduira pas tôt ou tard à une révolution ? (Eventuellement sanglante, si l’exaspération atteint son paroxysme) ? Et si l’Egypte est un jour en difficulté, iront-elles jusqu’à lui suggérer de vendre les pyramides à tel ou tel richissime oligarque (qui fera installer sur le site une piste pour son jet privé ?)
Enfin, comment garantissent-elles l’absence absolue de corruption ? Comment garantissent-elles l’absence de conflit d’intérêt ? Qui assure le contrôle de ces deux points ? Les rapports de contrôles sont-ils publics ? Sinon, pourquoi ?
Forçant légèrement le trait, on peut même dire qu’en tout état de cause il est pathétique qu’une dizaine de types, décident, sur un coin de table de cuisine, autour d’une bière, du sort de centaines de millions de citoyens, sans aucun contrôle démocratique.
ALORS QUE FAIRE ?
Tout d’abord modifier les accords internationaux qui font constamment référence à ces agences.
Ensuite, interdire à peine de sanctions pénales à des agences de noter des Etats européens, tant qu’elles ne noterons pas, sur la base de normes fixées par les Autorités européennes dont le Parlement européen, chacun des trois piliers du développement durable, à savoir l’économie, le social et l’environnement. C’est l’application pure et simple de l’article 3 du traité de l’Union Européenne qu’il faudrait relire et interpréter aussi bien dans son esprit que dans sa lettre. L’Europe a dit non à l’ultra libéralisme et à la seule dimension financière. Elle doit en tirer toutes les conséquences.
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