Angela Merkel veut renforcer l’allemand dans les institutions de l’UE

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Les conservateurs d’Angela Merkel veulent renforcer l’utilisation de l’allemand en Europe s’ils sont réélus en septembre. Dans leur programme de campagne, ils demandent que la langue de Goethe soit traitée sur le même pied que l’anglais et le français dans les institutions de l’UE.

« L'allemand est la langue maternelle la plus fréquemment parlée et l'une des trois langues de travail de l'Union européenne », peut-on lire dans un projet de programme de l'Union chrétienne-démocrate (CDU) d'Angela Merkel et de son parti frère l'Union chrétienne-sociale en Bavière (CSU).

 

« Nous ferons pression en faveur du renforcement de la langue allemande en Europe. Notre objectif est qu'elle soit traitée sur le même pied que l'anglais et le français au Parlement européen, à la Commission [européenne] et au Conseil [européen]. »

 

L'anglais et le français sont les deux langues de travail dominantes de l'UE depuis quelques décennies. L'utilisation du français se raréfie toutefois depuis 2004, lorsque l'Union a accueilli 12 États membres supplémentaires, notamment des pays de l'Europe de l'Est, où l'anglais est la deuxième langue la plus courante.

 

La situation varie cependant fonction de l'institution.

 

L'allemand est rarement utilisé à l'heure actuelle à la Commission européenne, mais est fréquemment parlé au Parlement européen, dont le président est de nationalité allemande. Le législateur européen compte également beaucoup de députés allemands, car il s’agit du pays le plus densément peuplé.

 

Ce n'est pas la première fois que les conservateurs d'Angela Merkel réclament une utilisation renforcée de l'allemand à Bruxelles : dans leur programme de 2009, ils avaient déploré que leur langue ne bénéficiait pas d'égalité de traitement.

 

Étant donné l'importance de l'économie allemande en Europe depuis le début de la crise de la dette de la zone euro il y a trois ans, cette demande pourrait prendre d'autres pays à rebrousse-poil.

 

Volker Kauder, le chef de file de la CDU au parlement, a semé le trouble en 2011 lorsqu'au paroxysme de la crise, il s'est vanté que l'« Europe parle allemand ».

 

Dans leur programme électoral, la CDU et la CSU saluent également l'imposition des « réductions des dettes à l'allemande » en Europe, le rôle de Berlin dans la finalisation de règles budgétaires de l’UE et la mise en œuvre de réformes économiques structurelles dans les pays membres de la zone euro.

 

Les deux partis s'opposent également à l'émission commune d'obligations par les États membres de la zone euro et à un système européen de garantie des dépôts.

 

« Cela mutualiserait les risques, obligerait les épargnants allemands à garantir les dépôts d'autres pays », précise le projet de programme, qui devrait être approuvé cette semaine.

 

Les deux partis soutiennent que l'économie équilibrée et la solide base industrielle de l'Allemagne constituent un « modèle dans le monde ».

 

« Ces réussites nous confèrent une reconnaissance mondiale. Selon une enquête de la société britannique de radiodiffusion BBC, l'Allemagne est le pays le plus apprécié dans le monde. »

Liens externes: 

Commission européenne

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