Les législateurs veulent une « diplomatie culturelle » européenne

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La semaine dernière, la commission pour la culture au Parlement européen a demandé à la Commission européenne de renforcer l'aspect culturel de la politique extérieure de l'UE, demandant à la responsable de la politique étrangère, Catherine Ashton, de nommer un « ambassadeur culturel » de l'UE.

Dans un rapport non législatif adopté le 17 mars, les eurodéputés ont souligné l'importance de la coopération culturelle avec les pays tiers de l'UE comme moyen de faire progresser les intérêts et les valeurs de l'Europe dans le monde, à savoir la démocratie, les droits de l'Homme, la prévention des conflits et la consolidation de la paix.

Afin de rationaliser les budgets nationaux fragmentés, les législateurs souhaiteraient une stratégie commune à l'UE sur la culture qui serait mise en œuvre via un département spécial du service européen pour l'action extérieure dirigé par Catherine Ashton.

Un « ambassadeur itinérant de l'UE » devrait être nommé et une personne devrait être désignée dans chaque représentation de l'UE à l'étranger pour s'occuper des relations culturelles et promouvoir la « culture européenne », ont-ils ajouté.

Le comité a demandé à la Commission de lancer une consultation cette année sur le développement d'une stratégie culturelle dans le cadre des actions extérieures de l'UE. Cette stratégie serait ensuite suivie d'une communication.

Concurrence sur l'influence culturelle

Les législateurs pensent que les intérêts de l'Europe seront mieux servis et que sa compétitivité ainsi que son attractivité pour les touristes, les talents, les artistes, les hommes d'affaires et les étudiants s'en trouvera améliorée si l'Union parle d'une seule voix dans le domaine de la culture.

Même si la présence culturelle des Etats-Unis décline légèrement dans le monde, ils restent très puissants et la concurrence pour l'exercice d'une influence culturelle mondiale devient féroce avec la montée des puissances émergentes telles que l'Inde et la Chine, a fait remarquer le comité. La Chine, par exemple, est sur le point de mettre sur pied 100 centres Confucius pour gérer sa diplomatie culturelle, ont souligné les eurodéputés.

La France se positionne depuis longtemps sur la scène mondiale du point de vue culturel et linguistique via l'Alliance Française, et le Royaume-Uni fait de même grâce au British Council.

Afin de sécuriser le rôle de l'Europe en tant qu'acteur culturel mondial, les législateurs proposent de développer une « marque européenne » pour célébrer la diversité culturelle de l'UE et présenter les valeurs européennes, comme le respect des droits de l'Homme, la liberté et la démocratie.

Ce rapport, rédigé par l'eurodéputée néerlandaise Marietje Schaake (Libéraux et Démocrates), a été adoptée par 26 votes en faveur, aucun vote contre ni abstention. Le Parlement devrait voter en séance plénière sur ce rapport le 9 mai.

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