Cet article est traduit de l'anglais par EurActiv Bruxelles, partiellement ou en intégralité (article source).
Le premier ministre britannique, David Cameron, a été critiqué par l’opposition travailliste et la branche eurosceptique de son propre parti hier (31 janvier) à Londres. Certains lui reproche d’avoir opposé son veto au nouveau pacte budgétaire, d'autres d’avoir fait marche arrière concernant l’utilisation des institutions européennes pour l’appliquer.
« Ce veto n'a pas tenu. Il n'a duré que pendant Noël », a déclaré le leader du parti travailliste, Ed Miliband, lors d'une séance au parlement de Westminster.
Selon M. Miliband, certains membres du gouvernement de M. Cameron pensaient, à tort, que le premier ministre s'était opposé à l'utilisation des institutions européennes (dont la Commission et la Cour de justice) pour appliquer le pacte budgétaire. Le dirigeant de l'opposition a également affirmé que le pacte budgétaire était bel et bien un nouveau traité européen sans le Royaume-Uni et la République tchèque.
Brandissant le nouveau pacte devant le parlement, M. Miliband a déclaré : « Ceci ressemble fort à un traité ». Selon lui, ce texte empiétera sur le marché unique. Il s'est ensuite moqué de M. Cameron pour avoir laissé son pays à la porte des réunions des signataires, affirmant que la dernière ligne de défense du Royaume-Uni serait à présent la Commission européenne.
Reste en effet la question épineuse de savoir si la Commission européenne et la Cour européenne de justice, chargées de l'application du nouveau pacte budgétaire, pourront servir deux maîtres (la zone euro et l'Union européenne). Ces doutes ont été rejetés par la Commission européenne qui soutient que le nouveau traité repose sur des bases juridiques solides et que la Grande-Bretagne restera « une exception ».
Le veto fantôme
M. Cameron n'aurait pas dû se désengager lors du sommet de décembre où l'accord a été forgé, a assuré M. Miliband.
Au lieu d'opposer des « vetos fantômes », il aurait dû travailler à l'élaboration d'une solution à la crise de l'euro.
M. Cameron a répliqué en disant que le dirigeant travailliste devrait se décider et préciser s'il est pour ou contre le nouveau pacte, ou simplement « faible et indécis ».
Le député travailliste Kevin Brennan a déclaré que l'attitude de M. Cameron, qui avait assuré qu'il ne s'agissait pas d'un traité, lui rappelait l'épisode lors duquel un homme politique iraquien (« Comical Ali ») avait affirmé devant des caméras que les troupes américaines avaient fui Bagdad alors qu'elles étaient visibles derrière lui.
Bill Cash, un eurodéputé conservateur eurosceptique, a déclaré que le groupe European scrutiny committee qu'il préside examinerait la légitimité de ce « traité en dehors du cadre de l'UE ».
Certains conservateurs ont toutefois décidé de garder leurs critiques pour eux, dans la mesure où le parti travailliste s'acharnait déjà sur le premier ministre. M. Cameron a bénéficié du soutien fort des conservateurs modérés et de ses partenaires de coalition libéraux.
Martin Callanan, le dirigeant des eurodéputés conservateurs britanniques, a publié un communiqué affirmant que cette décision avait servi à « apaiser » les libéraux-démocrates et qu'elle était due à la faiblesse du cadre juridique.
« Il ne fait aucun doute que la position du gouvernement a changé depuis le sommet de décembre où il était catégorique sur le fait que les institutions ne pouvaient être utilisées », a ajouté M. Callanan.




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