Des représentants officiels de l'Allemagne et de la France auraient discuté de l'éventualité d'une révision radicale du fonctionnement de l'Union européenne et de la mise en place d'une zone euro plus intégrée et potentiellement plus restreinte.

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La France et l'Allemagne ont mené d'intenses consultations sur la question de l'établissement d'une zone euro plus restreinte au cours de ces derniers mois, et ce « à tous les niveaux », a déclaré à Reuters un représentant officiel de l'UE à Bruxelles qui a préféré conserver l'anonymat en raison du caractère sensible de ces discussions.
« Nous devons rester très prudents, mais la vérité, c'est qu’il faut dresser la liste de ceux qui ne veulent pas faire partie du club et de ceux qui ne peuvent tout simplement pas en faire partie », a affirmé cette source.
Lors de différents débats qui ont eu lieu entre de hauts dirigeants à Paris, Berlin et Bruxelles, la possibilité qu'un ou plusieurs pays quittent la zone euro a été évoquée. Les Etats restants se dirigeraient alors vers une intégration économique renforcée, assortie de politiques fiscale et budgétaire.
Cette éventualité a été envisagée sur le plan « intellectuel », mais n'a pas fait l'objet de discussions opérationnelles ou techniques, a précisé le représentant officiel de l'UE.
Modifier les règles
La chancelière allemande, Angela Merkel, a déclaré mercredi, lors de son discours le plus dramatique depuis le début de la crise de la zone euro il y a deux ans, qu'il était grand temps que l'Europe modifie ses règles fondamentales.
Au cours d'une conférence à Berlin à l'occasion du 22e anniversaire de la chute du mur, elle a affirmé que la situation était devenue « déplaisante » en Europe.
« Une communauté qui affirme, quoi qu’il advienne dans le reste du monde, qu'elle ne pourra jamais modifier ses règles fondamentales ne peut tout simplement pas survivre. J'en suis convaincue ».
« Le monde change tellement que nous devons nous préparer à relever ces défis. Cela implique plus d'Europe, et non pas moins d'Europe », a-t-elle ajouté.
Sortir de la zone euro
Selon un membre de l'Union chrétienne-démocrate (CDU), le parti de Mme Merkel, sa formation politique introduira une motion visant à permettre aux pays de la zone euro d'en sortir.
« Cette motion passera, j'en suis sûr », a déclaré hier soir Norbert Barthle, un député de la CDU du comité sur le budget du parlement. « Un pays qui souhaiterait quitter la zone euro devrait pouvoir le faire. »
Le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a quant à lui affirmé que la zone euro devrait rester intacte.
« L'objectif est de garder la zone euro unie, avec ses 17 membres à bord », a-t-il expliqué lors d'une visite en Suisse mercredi où il a rencontré la présidente, Micheline Calmy-Rey.
50% du PIB
A Berlin, José Manuel Barroso, a mis en garde contre les coûts financiers d'un démantèlement de l'Union.
« Si la zone euro ou l'Union européenne devaient être démantelées, les coûts ont été estimés à jusqu'à 50 % du PIB dans un premier temps. On estime que le PIB de l'Allemagne se contracterait de 3 % et que le pays perdrait un million d'emplois si la zone euro en venait à se résumer à quelques membres », a expliqué M. Barroso.
Le président de la Commission a admis que l'Union avait besoin d'être réformée, voire de modifier ses traités. Il a toutefois plaidé contre une Europe à deux vitesses.
« Au cours des futures discussions sur le renforcement de l'intégration européenne, notamment via d'éventuelles modifications des traités de l'Union européenne, la Commission assurera indéfectiblement son rôle de garant des intérêts communs de l'Europe, et bien entendu de ceux de tous nos Etats membres. Nous défendrons l'intégrité du marché unique et l'intégrité de la monnaie unique. »
« L'UE dans son ensemble et la zone euro sont liées et ne devraient pas être séparées », a affirmé M. Barroso.






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