Les représentants du palais Bourbon ont voté une proposition de résolution européenne visant à introduire une taxe sur les transactions financières en Europe.

Documents officiels
Relancée par le couple franco-allemand lors de la crise économique de 2008, l’idée initialement développée par James Tobin d’instaurer une taxe sur les transactions de capitaux, a été soutenue par les députés français, mardi 14 juin en séance plénière. Le consensus est fort au sein de la classe politique française.
Une décision qui fait écho à celle du Parlement européen, la semaine dernière.
Cette taxe aura pour objectif de décourager la spéculation en favorisant les investissements à long terme, améliorer la transparence par un suivi réel des opérations financières et dégager des ressources supplémentaires qui devront être dédiées au changement climatique dans les pays développement.
Partenaires européens
Initialement déposée par le groupe Socialiste, Radical et Citoyen (SRC), la proposition de résolution européenne enjoint le gouvernement français à présenter à ses partenaires européens une proposition législative en ce sens, au plus tard lors de la réunion des chefs d’Etats et de gouvernement de l’UE à l’automne.
Fixée à 0,05%, la taxe devra englober tous les types de transactions : boursières, non-boursières, l’échange de titres, d’obligations et de produits dérivés, ainsi que les transactions sur le marché des changes.
Les députés espèrent une application de cette taxe au niveau de l’UE ou, à défaut, au niveau de la zone euro ou d’un groupe de pays volontaires.
Ils demandent au gouvernement d’informer sans plus tarder l’Assemblée nationale du calendrier, du contenu et des progrès des négociations.
465 milliards
Lors des explications de vote, Pierre-Alain Muet soulignait la volonté du groupe SRC de "mettre fin à une aberration" qui fait que les produits réels sont taxés mais pas les transactions financières.
"Les Etats doivent reprendre le contrôle sur cette zone de non-droit qu’est la finance", a déclaré par ailleurs le député Jean-Pierre Brard (GDR), estimant que la proposition va dans le bon sens bien qu’elle "ne constitue qu’un pansement sur une hémorragie".
Selon Nicolas Perruchot, député du nouveau centre, "un taux de 0,05% pourrait générer 465 milliards d’euros par an de ressources" au niveau mondial dont 200 milliards en Europe.
Débat allemand
Michel Diefenbacher (UMP) a néanmoins rappelé que des obstacles techniques, sur l’assiette et le taux, comme les barrières diplomatiques, étaient encore nombreux.
Dans le même temps, les députés allemands ont débattu de la même proposition sans arriver à un accord, et ont décidé de renvoyer le texte en commission des finances. La chancelière allemande, Angela Merkel, continue de soutenir le texte.





Réactions
fa1941 (non vérifié), le 15/06/2011
Les députés français - et européens - feraient mieux de mettre leur imagination à contibution pour supprimer des taxes que pour en inventer sans cesse de nouvelles.
x.delcourt (non vérifié), le 15/06/2011
Vous admettrez peut-être que voir l’Assemblée nationale demander au gouvernement de présenter une “proposition législative” sur la fiscalité au Conseil européen est pour le moins étonnant.
Selon les traités, le Conseil européen n’a expressément aucune part au pouvoir législatif (bien qu’il s ‘agisse d’une fiction) et la Commission a l'exclusivité de l’initiative législative sur cette matière.
L’idée d’une “proposition législative” du gouvernement qui s’appliquerait à un “groupe de pays volontaires” (coopération renforcée?) l’est plus encore.
Dans quel univers juridique, dans quel état de droit l’Assemblée nationale pense-t-elle agir?
Gérard dupont (non vérifié), le 02/09/2011
Il n'y a plus d'univers juridique dans un monde où l'argent sans références suffisantes à l'économie ne devient qu'un instrument spéculatif déconnecté de la réalité.
La taxe sur les transactions n'est certes qu'un emplâtre sur une jambe gangrenée. C'est une première mesure incontournable, ne serait-ce que par décence pour enrayer l'extrême pauvreté.
Une économie libérale incapable de s'autoréguler est vouée à sa perte.
Il est grand temps que le pouvoir politique reprenne la main sur le pouvoir financier..... avant que la société civile ne se souvienne des méthodes de .Philippe Auguste vis à vis des grands financiers.!
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