La France, mauvaise élève en transparence de l’aide au développement

  

L’indice annuel de transparence de l’aide au développement pour 2013 classe une nouvelle fois la France en fin de liste des donateurs internationaux. Mais la volonté politique pourrait faire bouger les lignes pour l’année prochaine.

Le résultat est sans appel. La France est le mauvais élève des grands donateurs internationaux en matière de transparence de l’aide au développement.

« Par rapport aux autres grands bailleurs de fonds internationaux, la performance française est mauvaise », regrette Liz Steel, responsable de PublishWhatYouFund pour l’Europe.

L’Indice de transparence de l’aide 2013 (ATI) réalisé par le groupe de défense de la transparence PublishWhatYouFund établit chaque année un classement annuel de la transparence des principales organisations donatrices du monde.

Dans l’Hexagone, les crédits de l’aide publique au développement sont principalement répartis entre trois entités : l’Agence française de développement, le ministère des Affaires étrangères ainsi que le ministère de l’Économie et des Finances.

Pour le cru 2013, les trois organisations se classent dans la catégorie « très médiocre » et affichent des scores largement en dessous de la moyenne des autres grands donateurs bilatéraux, tels que l’Allemagne, les États-Unis, le Japon et le Royaume-Uni.

Transparence en baisse pour l'AFD

Selon l’évaluation réalisée, l’AFD demeure la plus transparente des trois instances françaises et occupe le 49e rang sur 67 bailleurs de fonds évalués.

« La note globale de l’AFD a diminué à cause du manque de cohérence de l’information qu’elle publie au niveau des activités dans le cadre de projets d’aide au développement, domaine dans lequel les données semblent incomplètes », relève PublishWhatYouFund.

Le ministère des Affaires étrangères occupe la 52e place et le ministère de l’Économie et des Finances clôture le trio français en s'installant à la 53e place.

« En France, lorsqu’on discute avec les administrations, on a parfois du mal à faire passer le message sur l’importance de la transparence. Mais le problème majeur, c’est la fragmentation du budget de l’aide au développement entre différentes instances », explique Liz Steel.

De bonnes intentions

Pour autant, l’organisation reste optimiste sur la marge de progression française. « Sur le plan politique, la France a avancé », affirme Liz Steel. Parmi les signes de bonne volonté, l’organisation relève l’engagement français de publier dès 2014 via la norme IATI son aide pour les pays prioritaires.

Autre bon point, le site français sur l'aide au développement au Mali lancé récemment apparaît comme une preuve de bonne volonté de la part du gouvernement.

Enfin, le gouvernement français a commencé les discussions sur la loi d’Orientation et de Programmation (LOP) sur la politique de développement et de solidarité internationale. Cette dernière devrait arriver devant le Parlement d'ici janvier 2014 et permettre une réorganisation du budget d'aide au développement français, particulièrement éclaté. 

Mauvaises performances pour l'Europe de l'Est 

Parmi les pays européens, la France n’est cependant pas la seule à rater l’examen. Ce sont d’ailleurs 10 pays européens (Pologne, Slovénie, office allemand des affaires étrangères, Italie, Lituanie, Chypre, Bulgarie, Malte et Grèce) qui occupent le bas du classement. Seule la Chine, qui occupe la 67e et dernière place, fait pire.

Le format Initiative internationale pour la transparence de l’aide (IATI) est aujourd’hui « la seule norme commune de publication de l’information sur l’aide qui remplisse tous ces critères propices à une pertinence accrue des données » relève PublishWhat YouFund.

Liens externes: 

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