Les pays du nord et du sud s’engagent en faveur de l’agriculture familiale

  

À l’occasion du salon international de l’agriculture, plusieurs pays européens, mais aussi de pays en développement ont signé une déclaration ministérielle commune en faveur de l’agriculture familiale, sous la houlette du ministre français, Stéphane Le Foll.

Vingt et un ministres de l’agriculture de différents pays ainsi que l'Organisation de l'Alimentation et de l'Agriculture (FAO) ont d’ores et déjà adopté ce texte, parmi lesquels la Roumanie, la République Tchèque, l’Espagne, le Portugal, la Suisse ou la Côte d'Ivoire le Mali, l’Afrique du Sud et le Brésil.

Ces pays s'engagent à mettre en place des politiques publiques favorables au développement de l'agriculture familiale qui permet de nourrir la majeur partie de la population mondiale.

« Dans la capacité à pérenniser les productions agricoles, rien n’est plus puissant que des hommes et des femmes qui sont attachés à leurs métiers d’agriculteur » ont souligné Stéphane Le Foll à l’occasion d’un séminaire dédié à l’agriculture familiale, organisé par les Jeunes Agriculteurs, l’AFDI (Agriculteurs français et développement international) et le ministère de l’Agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt.

La liste des pays engagés en faveur de cette agriculture familiale devrait continuer à s’allonger au cours de l’année 2014, déclarée année internationale de l'agriculture familiale par les Nations Unies.

« C’est important de faire signer d’autre pays, car il s’agit d’un enjeu majeur dans la lutte contre la faim dans le monde », a affirmé le ministre français.

Dans le monde,  95 % des exploitations agricoles font moins de 5 hectares, selon les chiffres du Centre de coopération International en Recherche agronomique pour le Développement (Cirad). Les exploitations de taille supérieure à 10 hectares n’existent en fait qu’en Amérique et en Europe.

Sécurité alimentaire

L’agriculture familiale assure une partie importante de la production alimentaire mondiale. En effet, ces petites exploitations agricoles gérées en famille produisent surtout 70 % de l’alimentation mondiale. Mais sur les 842 millions de personnes qui souffrent de la faim, les trois quarts sont des paysans et paysannes.

Aujourd’hui, 40 % des actifs dans le monde vivent de l’agriculture familiale. Mais les disparités entre Nord et Sud sont encore extrêmement fortes. En Chine, l’agriculture familiale est l’activité de 59 % de la population active, 53 % de la population en Inde et 53 % en Afrique. À l’inverse, moins de 5 % de la population active en Amérique du Nord et en Europe vivent de cette activité.

« Si l’on veut répondre à la question de l’alimentation de la planète et de la faim dans le monde, le meilleur système est celui de l’agriculture familiale », a soutenu Stéphane Le Foll. « Car derrière le système agricole capitaliste, il y a bien sur le profit, mais aussi la spécialisation géographique des terres et des productions.

« Si l’on accepte de concentrer dans une zone géographique la production de céréales ou de viande bovine, et que l’on fait face à un problème sanitaire ou climatique grave, que se passera-t-il à l’échelle du monde ? La catastrophe » explique Stéphane Le Foll.

« L'objectif est désormais de miser sur des systèmes agricoles véritablement durables pouvant satisfaire les besoins alimentaires futurs de la planète », a déclaré le Directeur général de la FAO, José Graziano da Silva. « Et rien ne se rapproche plus du modèle de production vivrière durable que l'agriculture familiale ».

Une source d’emploi

Le soutien international à l’agriculture familiale a également en ligne de mire le nombre d’emplois que se secteur d‘activité pourrait créer dans les années à venir, spécialement sur des continents en pleine croissance démographiques tels que l’Afrique.

Selon l’étude « RuralStruc » de la Banque mondiale, du Fida, de l'AFD et du Cirad, en partenariat avec des équipes nationales, l'arrivée massive des jeunes sur le marché de l'emploi en Afrique subsaharienne se profile à moyen terme. A partir de 2025, 25 millions de nouveaux entrants arriveront chaque année sur le marché du travail en Afrique subusaharienne et ce sera donc près 330 millions de nouveau entrants que l'Afrique devra intégrer sur son marché du travail.

Pour le Cirad, il faudra donc trouver 200 millions d'emplois d'ici l2025 en zone rurale.L'Afrique devrait ainsi rester un continent rural au moins jusqu’en 2030.

Dans le cadre de l'Année internationale de l'agriculture familiale 2014, la Hongrie donnera le coup d'envoi aux célébrations avec un Forum mondial et une Exposition sur l'agriculture familiale qui se tiendront à Budapest du 4 au 6 mars.

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Commentaires

Portrait de Isambert Marie-Rose

Je me réjouis grandement de ces décisions. Je ne suis pas une rurale moi-même, mais je suis d'origine lointaine "paysanne" et je sais ce que nous devons aux agriculteurs dits "familiaux".

Les soins intelligents et appliqués en détail,que seuls ils peuvent se permettre, nous donnent des produits d'excellence qui se retrouvent dans nos assiettes pour le plus grand bonheur de nos papilles!

En même temps ils portent une grande attention à l'environnement, d'où un plaisir redoublé à travers les campagnes que nous parcourons avec toutes les joies de la beauté des forêts, des bosquets et des champs variés

Portrait de Brouwers

l'agriculture familiale est une bonne solution vu que dans le monde c'est celle qui est pratiquée mais les paysans rencontre des difficultés dû a une moins bonne productivité (ou ct conserver les produits agricole) et à des méthodesnagricole que l'on juge mauvaise et donc à améliorer...DONC IL faut d'abord que les pt exploitations nourrissent les paysans familiaux, leur proches et deviennent une économie à elle seule avec embauche d'ouvriers agricoles...ça fait bcp de conditions la seule sûre est l'augmentation de la population à nourrir..ET il faut la rendre solvable cette nouvelle bouches à nourir aussi...DONC pas si simple

Portrait de Brouwers

extraits « L'agriculture africaine est de plus en plus vulnérable aux changements environnementaux à cause de la variabilité du climat et du changement climatique. Dans ce domaine, la biotechnologie pourrait permettre de cultiver des variétés résistantes aux insectes, qui puissent aussi consommer moins d'eau et moins d'engrais. »

Lors de l’atelier, les participants ont discuté des études actuelles sur la biotechnologie menées par des scientifiques africains, comme l'amélioration de la teneur en vitamine des récoltes.

« La domestication des espèces locales à moindres coûts »

Patrick Worms, conseiller scientifique principal au Centre mondial de l'agroforesterie, a expliqué à EurActiv qu'une variété de mesures devraient être prises afin de garantir un approvisionnement en nourriture suffisant à une population en croissance constante, tout en luttant contre le changement climatique.

« Nous allons avoir besoin de la biotechnologie, de l’agroécologie et de l’agroforesterie. Nous allons également avoir besoin d'engrais, d'irrigations, de tracteurs et [de toutes les innovations de] la science en vue d’apporter une solution au problème», a-t-il assuré.

Il a ajouté que le recours au savoir local sur les variétés végétales pourrait être moins coûteux sur le long terme que l'achat d'aliments de base aux Occidentaux.

« Ces cultures, dont nous dépendons tous, comme le maïs, le blé, le riz, ont déjà été développées pendant des milliers d'années et sont très différentes des variétés sauvages. Elles sont déjà aussi proches que possible de la perfection et du potentiel qu’offre la technologie existante », a-t-il ajouté.

« Mais, si nous nous focalisons trop sur nos ressources scientifiques derrière cette approche, nous abandonnons alors une solution bien plus rentable qui est pourtant devant nous. La domestication de centaines d'espèces, qui sont actuellement cultivées dans l'habitat sauvage, pourrait dès lors être précieuse pour garantir la sécurité alimentaire », a ajouté M. Worms.

L'expert en agroforesterie a cité l'exemple du baobab, l'arbre « emblématique » du continent africain. « Cet arbre n'a pas été cultivé par l’homme. Or, ses fruits et ses feuilles présentent des apports nutritionnels à faire pâlir les avocats et les oranges, en termes de teneur en micronutriments, de vitamines, etc. »

Le ministre allemand de la Recherche et de l'Enseignement ainsi que l'UN-ECA ont financé l'atelier qui s’est tenu à Addis Abeba la semaine dernière.

La NASAC et l'EASAC coopérèrent également sur d'autres dossiers problématiques sur le continent africain, comme la gestion de l'eau, le changement climatique et la santé.

EurActiv.fr - traduit de l'anglais par Aubry Touriel

Portrait de ONG Jeunesse et Emplois Verts pour  une Economie Verte

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